Guy Ouellette se dit «victime d'un coup monté» de l'UPAC

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Le député Guy Ouellette a prononcé une allocution au Salon bleu de l'Assemblée nationale, mardi après-midi.

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(Québec) Le député Guy Ouellette se dit «victime d'un coup monté» de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), qui l'a arrêté mercredi dernier sans qu'aucune accusation ne soit toujours portée contre lui. Il affirme également du même souffle que les faits qui lui sont reprochés «n'ont aucun fondement».

«Dans une tentative d'intimidation sans précédent, j'ai été victime d'un coup monté par l'UPAC au moment même où les membres de la commission que je présidais se préparaient à entendre des témoignages de dirigeants d'organismes publics qui sont sous la compétence de la commission», a rappelé M. Ouellette mardi après-midi lors d'une allocution qu'il a faite au Salon bleu de l'Assemblée nationale. 

«Les faits qui me sont reprochés n'ont aucun fondement. Mon passage des forces de l'ordre au monde de la politique n'a en rien altéré les grands principes qui ont guidé mon engagement dans la vie publique depuis les 48 dernières années. J'ai été, je suis et je serai toujours un ardent défenseur de la justice sociale, des valeurs démocratiques, de la liberté d'expression et de la vérité», a-t-il martelé dans un ton solennel. 

Guy Ouellette, qui présidait jusqu'à la semaine dernière la commission parlementaire chargée d'étudier le projet de loi 107, visant à rendre l'UPAC un corps de police indépendant, a affirmé qu'«empêcher les membres de l'Assemblée nationale d'exercer le mandat qui leur a été confié par la population est une attaque extrêmement grave au processus démocratique».  

«Depuis les dernières semaines, des irrégularités dans l'application de certaines règles de gouvernance ont été portées à notre attention. Il est de notre devoir d'inviter les principaux dirigeants à venir s'expliquer, à répondre aux questions des parlementaires et à s'assurer que l'intégrité des organismes qui sont chargés de la défendre ne soit pas entachée par des luttes de pouvoir», a déclaré M. Ouellette. 

«Les entraîner dans un piège pour les empêcher de bien faire leur travail doit être condamné de façon non équivoque», a également dit le député de Chomedey, ajoutant que ces façons de faire ébranlent «les fondements mêmes de notre société». 

Dans son allocution, qui a duré près de cinq minutes, Guy Ouellette a également demandé à la population du Québec de rester «extrêmement vigilant» et que personne ne peut «se substituer au pouvoir législatif en tentant d'intimider indûment ceux qui ont été désignés par la population pour les représenter». 

«Si les élus sont imputables devant le peuple, il doit en être de même pour ceux qui occupent un poste de direction au sein de nos grandes institutions», a dit Guy Ouellette. 

Dans son allocution, le député n'a pas précisé certaines informations qui circulent depuis quelques jours dans les médias. Selon l'ancienne analyste du ministère des Transports Annie Trudel, qui a parlé à Québecor, M. Ouellette s'apprêtait à dévoiler des liens entre l'UPAC, l'Autorité des marchés financiers (AMF) et une firme de consultants privés au moment où il a été arrêté par les policiers. Mme Trudel estime qu'il y aurait «collusion» entre ces trois organismes. L'AMF nie catégoriquement ces allégations.  

«Qu'on accuse ou qu'on s'excuse», dit Jacques Chagnon

Juste auparavant, le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, a sommé l'UPAC de porter des accusations contre Guy Ouellette, ou de lui présenter des excuses.

«Aujourd'hui, un député a perdu une charge importante et sa réputation a été entachée, a déclaré M. Chagnon dans un discours solennel au Salon bleu. Je pense que nous devons exiger que la clarté sur cette situation soit établie de façon urgente.»

«Qu'on accuse ou qu'on s'excuse, a-t-il ajouté. Sinon, cette assemblée devra prendre les moyens pour défendre les fondements mêmes de son existence, soit la liberté, la justice et la démocratie.»

«Il m'est intolérable que la police ait arrêté un parlementaire sans qu'aucune accusation n'ait été portée contre lui une semaine plus tard, a déclaré Jacques Chagnon. Un parlementaire doit jouir de sa pleine liberté pour faire son travail, quel que soit le sujet qui le préoccupe et dont il fait le suivi, y compris le travail policier.»

Le commissaire de l'UPAC, Robert Lafrenière, doit faire le point sur l'opération qui s'est soldée par l'interception de Guy Ouellette en fin d'après-midi.




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