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L'âge minimal pour acheter du pot sera fixé à 18 ans

Le premier ministre Philippe Couillard a l'intention de fixer l'âge... (PHOTO LARS HAGBERG, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Le premier ministre Philippe Couillard a l'intention de fixer l'âge minimal pour acheter de la marijuana à 18 ans. Sur la photo : une femme fume du cannabis sur la colline du Parlement lors d'un rassemblement, le 20 avril dernier.

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(QUÉBEC) En dépit de l'avis d'une majorité de ses députés, Philippe Couillard a tranché : l'âge minimal pour acheter de la marijuana sera de 18 ans, même si la plupart de ses élus souhaitaient que l'on fixe la barre à 21 ans.

Une société d'État sera créée pour la vente... (PHOTO JASON REDMOND, ARCHIVES REUTERS) - image 1.0

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Une société d'État sera créée pour la vente du cannabis. Celle-ci pourra s'appuyer sur l'expertise commerciale de la Société des alcools.

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À chaque réunion du caucus libéral, cette semaine, les échanges ont été mobilisés par le dossier controversé de la légalisation du cannabis, enjeu qui irrite profondément les élus à Québec, qui se sentent entraînés malgré eux dans un débat délicat par le gouvernement fédéral.

En revanche, les députés ont marqué un point. Comme ils le réclamaient, la distribution et la vente du cannabis resteront sous la responsabilité du gouvernement. On créera une nouvelle société d'État, mais qui devra s'appuyer sur l'expertise commerciale de la Société des alcools, a appris La Presse. Pas question de s'en remettre au privé, même assujetti à un permis, le scénario pourtant privilégié à l'origine par le cabinet de Philippe Couillard.

« ALLÔ, LA TERRE ! »

En réunions de caucus, les députés libéraux se sont déchirés, cette semaine, sur la limite d'âge. Philippe Couillard avait annoncé ses couleurs et donné le ton dans sa réplique à François Legault, qui préconise qu'on interdise le pot aux moins de 21 ans. « Allô, la Terre ! », avait lancé M. Couillard à l'Assemblée nationale, relevant qu'un tel critère n'empêcherait pas les jeunes de 18 à 21 ans de consommer de la marijuana.

Les élus libéraux se sont engagés à reculons dans le débat, forcés à cause d'Ottawa de porter un dossier impopulaire dans leurs circonscriptions. « Les électeurs nous parlent de ça constamment. Ils trouvent que cela n'a pas de bon sens », a confié un membre du gouvernement.

Lucie Charlebois, responsable de la Santé publique, dirige le débat. On comprend que, pour elle, le temps presse. Québec veut déposer son projet de loi dès le début d'octobre pour pouvoir en arracher l'adoption avant les Fêtes sans que les partis de l'opposition puissent apposer leur veto. Attendre au printemps rendrait problématique la cible du 1er juillet imposée par le gouvernement Trudeau. Le gouvernement doit mettre rapidement ses intentions noir sur blanc pour les soumettre, pour commentaires, en amont du comité de législation chargé de finaliser un projet de loi dont une version préliminaire existe déjà au ministère de la Santé.

DIVISION SUR L'ÂGE

Les députés de la région de Québec, plus sensibles à la pression de la Coalition avenir Québec, étaient les plus ouvertement favorables à un seuil à 21 ans. Mais ils n'étaient pas seuls, les parents de jeunes enfants étant aussi réfractaires à la libéralisation. Le Dr Gaétan Barrette, d'entrée de jeu, avait fait valoir que, comme médecin, il estimait qu'un seuil de 21 ans était préférable. D'autres ministres comme Christine St-Pierre et Dominique Anglade sont aussi dans ce camp. On a relevé la position des psychiatres : comme le cerveau se développe jusqu'à 25 ans, on ne devrait pas exposer les jeunes au cannabis avant cet âge.

Mais un argument pèse lourd chez ceux qui ont à tirer un trait : fixer la barre à 21 ans laisserait échapper un grand nombre de clients potentiels, les 18 ans et plus qui seraient laissés entre les mains du marché noir qu'on veut avant toutes choses éradiquer. Autre argument de poids, l'Ontario a harmonisé l'âge de la consommation du pot à celui de l'alcool : 19 ans. Il serait difficile pour Québec d'opter pour 21 ans.

À l'autre bout du spectre, Martin Coiteux, le ministre de la Sécurité publique, au caucus de Val d'Or, il y a trois semaines, s'était prononcé pour plus de « souplesse » et avait penché pour le privé, dans l'application de la loi. Opposé, par principe, à l'apparition de nouveaux monopoles d'État, il estimait que les dépanneurs auraient pu vendre le cannabis. « Je vais être favorable à la position du gouvernement », s'est-il borné à dire cette semaine à La Presse. D'autres ministres penchent pour une certaine souplesse : Geoffrey Kelley, responsable des Affaires autochtones, et Pierre Arcand, titulaire de l'Énergie, par exemple.

LA SAQ SANS LA SAQ

Sur la distribution et la vente du cannabis, beaucoup auraient souhaité que le ministère de la Santé soit le maître d'oeuvre de la mise sur pied d'un réseau de magasins. Mais ce scénario théorique se heurte rapidement à la réalité : chez Gaétan Barrette, on n'a aucune expertise dans ce genre d'opération, qui exige de trouver et d'ouvrir des locaux commerciaux et d'acheter ou de louer de l'équipement.

Comme pour l'âge, l'exemple de l'Ontario pèse lourd. Nos voisins ont confié à la LCBO, l'équivalent de la SAQ en Ontario, la responsabilité des futurs points de vente et, à Québec, beaucoup estiment qu'il est logique de ne pas réinventer la roue. En outre, on envisage la mise en place d'une nouvelle société commerciale, afin de dissocier la vente du cannabis des stratégies vigoureuses de la SAQ. Mais la Société des alcools aura à fournir son expertise pour la gestion du réseau de magasins. Québec ne veut pas entendre parler d'une promotion de la marijuana. Il est entendu depuis le début qu'il n'y aura pas de cannabis vendu dans les succursales de la SAQ.




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