Manon Massé s'estime intimidée par l'entreprise d'hydrocarbures Junex

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La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé

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Vicky Fragasso-Marquis
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

La co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé estime avoir été intimidée par l'entreprise d'hydrocarbures Junex, qui l'a accusée dans une lettre de «propager des informations mensongères» sur un gisement pétrolier et gazier en Gaspésie. L'entreprise a demandé à la députée de ne plus diffuser de telles «données erronées».

En entrevue avec La Presse canadienne, la députée montréalaise affirme s'être sentie «à tout le moins bousculée» par les propos du président et chef de la direction de Junex, Jean-Yves Lavoie.

«Le ton de la lettre, c'était de dire: écoutez Mme Massé, vous dites des menteries.»

Dans la missive datée du 12 septembre dernier, M. Lavoie s'en prend à un avis aux médias transmis par la députée solidaire.

Dans le communiqué, Mme Massé souligne qu'avec le dédommagement de plus de 5 millions versé par le gouvernement du Québec après l'abandon du projet d'Anticosti, Junex «pourra maintenant s'engager à poursuivre son projet de fracturation hydraulique en Gaspésie».

Or, M. Lavoie indique que cette déclaration est «tout à fait fausse» étant donné que le gisement pétrolier et gazier de Galt «ne nécessite aucune fracturation hydraulique».

«Bien que nous respections les opinions de tous les intervenants, nous ne pouvons accepter la diffusion de données erronées qui nuisent à un débat éclairé», ajoute-t-il.

Il conclut sa lettre en disant que «les Québécois consomment chaque année pour plusieurs milliards de dollars de produits pétroliers qui, malheureusement, sont parfois importés de pays faisant peu de cas de la démocratie, des droits de l'Homme, de la liberté de presse et de l'environnement».

M. Lavoie, qui était en déplacement à l'extérieur, n'avait pas rappelé La Presse canadienne au moment d'écrire ces lignes.

Au bout du fil Manon Massé persiste et signe: le fractionnement hydraulique demeure une menace pour les citoyens de la région.

La députée a d'ailleurs répondu à M. Lavoie dans une lettre pour lui rappeler que son prédécesseur, Peter Dorrins, n'avait pas exclu la fracturation lors d'une entrevue avec Le Soleil en septembre 2016.

«En tout respect, l'exploration et l'exploitation pétrolière représentent un enjeu trop sensible et trop risqué pour s'en remettre uniquement à votre bon vouloir», a-t-elle écrit.

La députée défie d'ailleurs l'entreprise pour qu'elle s'en remette au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

«Si on a tort et qu'ils ont raison, ils ne devraient pas avoir peur de se présenter devant un BAPE, qui est une institution connaissante, pertinente, adéquate pour évaluer l'ensemble», a-t-elle affirmé.

La députée reconnaît toutefois dans sa réponse à M. Lavoie qu'il s'agit là de son interprétation de la situation: «Je comprends que vous puissiez en faire une lecture différente.»

En entrevue récemment avec Le Soleil, M. Lavoie a laissé entendre que les activités de l'entreprise excluaient pour l'instant la fracturation et la stimulation chimique.

«Il n'est pas prévu de faire des choses majeures. (Pour les autres puits), on verra à mesure, mais à date, on n'a pas eu besoin (de fracturation et de stimulation chimique)», a-t-il déclaré au début du mois d'août.




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