Le chef de cabinet de Philippe Couillard quitte son poste

Philippe Couillard et son chef de cabinet Jean-Louis Dufresne.... (Archives, La Presse canadienne)

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Philippe Couillard et son chef de cabinet Jean-Louis Dufresne.

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(Québec) Tremblement de terre mardi matin au gouvernement Couillard. Jean-Louis Dufresne, le chef de cabinet du premier ministre, quitte ses fonctions. Le cafouillage autour du choix de candidat libéral dans Louis-Hébert, Éric Tétrault, aura été la goutte qui a fait déborder le vase.

Depuis un moment déjà, la grogne était palpable chez les députés libéraux, irrités du ton souvent cassant du bras droit de Philippe Couillard. M. Dufresne est un ami d'enfance de M. Couillard - les deux ont été élevés à Outremont. M. Dufresne avait déjà été la cible des récriminations des élus lors des réunions du caucus dans la dernière année.

Dans le communiqué annonçant le départ, M. Couillard remercie M. Dufresne. «Il ne fait aucun doute que notre amitié des 45 dernières années se poursuivra». Le départ a été communiqué aux députés lors d'une téléconférence tôt en matinée.

Avant de revenir aux côtés de M. Couillard en politique active, pour la course à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ) en 2012, M. Dufresne était chez BCP, une firme de communications et de relations publiques. Protégé de John Parisella, il avait travaillé comme recherchiste au cabinet de Robert Bourassa, puis à celui de Daniel Johnson, dans l'opposition.

Le dérapage quant au choix d'Éric Tétrault comme candidat libéral pour la partielle dans Louis-Hébert s'ajoutait à une longue liste de ratés qui ont plongé le gouvernement Couillard dans l'embarras. L'ancien patron des Manufacturiers du Québec, mis dans l'eau chaude par des allégations de harcèlement psychologique quand il était chez Arcelor Mittal, était le choix de M. Dufresne. Ce dernier avait prévenu la direction du PLQ qu'il avait en poche une candidature économique pour Louis-Hébert.

Le départ forcé de Sam Hamad, qui risque désormais de se transformer en défaite pour le PLQ à la partielle du 2 octobre, et la mise au rancart de Robert Poëti aux Transports figuraient déjà au passif du cabinet Couillard aux yeux des élus.

Des frictions perduraient depuis des mois entre M. Dufresne et la chef de cabinet adjointe, Johanne Whittom. Cette dernière a obtenu une nomination convoitée, la semaine dernière, comme sous-ministre adjointe. Harold Fortin, responsable des communications de M. Couillard dès la course à la direction du PLQ, en 2012, voit aussi son rôle modifié; l'ex-porte-parole du premier ministre reste au cabinet à titre de responsable des questions internationales - un déplacement annoncé au conseil des ministres la semaine dernière.

C'est Jean-Pascal Bernier, directeur de cabinet adjoint chez M. Couillard, qui succède à M. Dufresne. À 38 ans, il était aussi dans l'entourage de Philippe Couillard lors de la course à la direction du PLQ en 2012. Sous le gouvernement Charest, M. Bernier était chef de cabinet de la ministre Michèle Courchesne.

«C'est le chef qui est l'ultime responsable. S'il y a eu de mauvaises décisions de prises, on ne peut pas blâmer le personnel pour des mauvaises décisions», a réagi le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault.

M. Legault avait souvent réclamé le départ de M. Dufresne. «J'espère que M. Couillard dira quelles sont les vraies raisons pourquoi M. Dufresne quitte», a observé le chef de la CAQ en point de presse mardi.

«Je pense que c'est une bonne décision, compte tenu des liens qu'avait M. Dufresne avec certaines personnes», a souligné M. Legault.

«La nouvelle de son départ n'est pas prématurée, on a demandé son départ non pas sans raison. (...) Ça dit quelque chose que le premier ministre ait choisi cette personne-là, ça dit quelque chose qu'il l'a maintenu en poste malgré toutes les choses que l'on savait, et ça pourrait nous dire quelque chose si on apprenait pourquoi il quitte», a dit à La Presse Pascal Bérubé, leader parlementaire de l'opposition officielle. 

«J'ai rarement vu moi en dix ans de vie parlementaire un directeur de cabinet qui fait l'objet de questions répétées à l'Assemblée nationale, c'est assez particulier. C'était rendu une source de distraction pour l'institution du bureau du premier ministre. (...) Le directeur du cabinet du premier ministre, il est plus puissant que les ministres. C'est le premier qui a l'oreille du premier ministre. (...) J'aimerais qu'il nous annonce [les raisons de son départ]», a ajouté le député péquiste.  

- Avec la collaboration de Hugo Pilon-Larose




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