Des militants péquistes souhaitent le retour à l'affichage unilingue français

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Ces propositions des militants péquistes ne feront clairement pas l'affaire du chef péquiste Jean-François Lisée, qui livrera ce soir son premier discours au congrès.

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Au risque d'une confrontation avec la direction du parti, les militants péquistes veulent renforcer l'application de la Charte de la langue. En atelier vendredi au congrès du parti, à Montréal, ils ont opté pour le retour à l'affichage unilingue français, l'application de la loi 101 aux garderies subventionnées et l'obligation d'obtenir des certificats de francisation pour les entreprises dès qu'elles ont plus de dix employés.

Ces propositions ne feront clairement pas l'affaire du chef péquiste Jean-François Lisée, qui livrera ce soir son premier discours au congrès. Intervenant fréquemment, le député de Bourget, Maka Kotto, n'est pas parvenu à infléchir la volonté majoritaire de l'atelier. On peut prévoir que ces propositions controversées devront subir un nouveau test en plénière, samedi, quand les 1500 délégués seront réunis au palais des congrès de Montréal.

Avançant à pas de tortue dans la liste des résolutions, l'atelier n'a pu aborder la question la plus contentieuse : le financement du réseau collégial anglophone. En matinée, M. Lisée semblait avoir opté pour une position moins radicale : pas question de réduire le financement aux cinq cégeps anglophones, mais en favorisant la qualité de l'apprentissage de l'anglais dans les collèges francophones, naturellement, a-t-il avancé, les jeunes francophones reviendraient au bercail. Les discussions de coulisses se poursuivaient vendredi sur le libellé de la résolution qui aura l'appui de l'exécutif du parti, indiquait-on.

Après un débat émotif, les participants à l'atelier sur la langue ont souscrit à l'idée de « revenir aux dispositions initiales de la loi 101 en matière d'affichage commercial unilingue français tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des commerces, en utilisant la clause dérogatoire au besoin ». Plus tôt devant une proposition similaire, le député Maka Kotto avait rappelé aux militants qu'il fallait tenir compte de la perception de ce geste dans la population. Il a appelé à la prudence. Même un partisan habituel de la ligne dure en matière linguistique, l'ancien député Michel Leduc, abondait dans le même sens, en vain.

L'atelier a aussi approuvé l'idée que l'on « applique les dispositions de la loi 101 aux garderies privées et subventionnées ». Les garderies « bilingues » sont courantes à Laval, a lancé une militante. Daniel Roy, délégué de Nelligan, a expliqué qu'aux Fêtes, il avait pris sur lui de traduire les propos du Père Noël invité, qui ne s'exprimait qu'en anglais. 

Après débat, les délégués ont aussi tenu à ce que l'on baisse à dix employés la barre pour obliger une entreprise à obtenir un certificat de francisation. Le seuil est actuellement de 50 employés et la direction du parti voulait le faire passer à 25. Des délégués ont souligné qu'on ajoutait un fardeau inacceptable pour ces entrepreneurs, sans succès. La motion fut adoptée sur division.

En revanche on a mis de côté une proposition voulant qu'on limite l'accès à l'école anglaise aux enfants dont les deux parents ont été éduqués majoritairement en anglais. Un seul parent suffit actuellement. Cette fois, Maka Kotto est parvenu a faire valoir qu'on brimerait les droits de francophones mariés à des anglophones.

Pas de droit de vote à 16 ans 

Dans un autre atelier, qui se déroulait simultanément sur un autre étage du Palais des congrès, les militants péquistes ont rejeté à deux votes près l'idée de baisser l'âge du droit de vote à 16 ans (pour : 60, contre : 62). 

« J'ai enseigné pendant plus de 30 ans dans le milieu collégial, je m'adressais à des jeunes qui avaient entre 17 et 21 ans. Bien sûr, je comprends l'idée qu'il faut le plus possible favoriser la participation des jeunes, mais j'ai des souvenirs douloureux où les représentants des associations étudiantes passaient [faire de la mobilisation] dans les salles de cours (...). Combien de fois je les ai entendus qui disaient que le Parti québécois, c'est comme le Parti libéral. (...) Dans la salle de cours, ils étaient au moins 30, 35 étudiants, et j'étais la seule à réagir. (...) En conclusion, moi, je vais voter contre la proposition », a illustré Louise Mailloux, professeure en philosophie au Cégep du Vieux Montréal et ancienne candidate péquiste dans la circonscription de Gouin. 

Les militants ont aussi rejeté une proposition qui aurait eu pour effet de briser l'accord qu'a signé le Parti québécois avec les autres partis de l'opposition à Québec pour réformer le mode de scrutin. Pascal Bérubé, député de Matane-Matapédia et leader parlementaire, est venu à quelques reprises au micro défendre le travail effectué par sa collègue Véronique Hivon à ce sujet, absente de l'atelier. 

Un peu plus tôt, sa collègue Agnès Maltais est aussi montée au micro pour proposer avec succès un amendement à une proposition des militants des Laurentides qui voulaient « créer une citoyenneté québécoise dont dépendra le droit de vote. » Mme Maltais a proposé qu'on y ajoute le fait que tout cela devait aussi respecter la loi électorale actuelle du Québec, afin qu'on n'enlève pas des droits aux Québécois.




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