Accès à un médecin de famille: les libéraux rateront leur cible, prévoit Legault

François Legault... (Photo Jacques Boissinot, Archives La Presse Canadienne)

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François Legault

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(Shawinigan) François Legault prévoit que le gouvernement de Philippe Couillard n'arrivera pas à inscrire 85 % des Québécois auprès d'un médecin de famille avant le 31 décembre, une cible qui est pourtant prévue dans une entente signée en avril 2015 entre la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) et le ministère de la Santé.

Selon la Coalition avenir Québec (CAQ), qui cite des chiffres obtenus de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ), 76,2 % des Québécois étaient inscrits auprès d'un médecin de famille en date du 3 juillet dernier. Il manquerait donc 8,8 points de pourcentage pour atteindre les objectifs fixés avant l'échéance du Nouvel An.

« Plusieurs patients nous disent aussi que même lorsqu'ils ont un médecin de famille, ils n'arrivent pas à avoir un rendez-vous dans des délais raisonnables et doivent se ramasser à l'urgence pour attendre », dit François Legault.

Le chef de la CAQ a tenu ces propos en marge de son caucus de la rentrée parlementaire, qui se déroule jusqu'à ce soir à Shawinigan.

« Là, le Dr Barrette voudrait nous faire croire qu'en cinq mois, il va réussir à aller chercher [près de] neuf points. De toute évidence, il n'arrivera pas à son objectif », a martelé le chef caquiste, estimant que le gouvernement doit changer le mode de rémunération des médecins pour que ceux-ci soient payés à la prise en charge complète des patients plutôt qu'aux actes médicaux effectués afin que tous les Québécois aient un médecin de famille.

« Il n'y a pas lieu de dramatiser »

Pour le directeur des communications de la FMOQ, Jean-Pierre Dion, « si on sort du débat politique, on est à quelques mois d'arriver à 85 %, et si jamais on ne l'atteint pas [exactement en date du 31 décembre], il n'y a pas lieu de dramatiser ».

« En ce moment, au Québec, 90 % de la population de 60 ans et plus a un médecin de famille. Quand on parle des gens de 50 ans et plus, c'est 88 %. Les gens qui restent donc à inscrire, ce sont ceux qui sont âgés entre 0 et 50 ans, dont beaucoup sont en bonne santé », a expliqué M. Dion en entrevue téléphonique avec La Presse.

Le porte-parole de la FMOQ admet qu'il y a présentement des retards sur les cibles qui étaient prévues, mais il soutient que la province est sur une « bonne allée » et que viser une inscription de 100 % des Québécois à un médecin de famille est un « beau slogan politique, impossible en pratique ».

« En ce moment, on ne peut même pas inscrire les patients en CHSLD [qui voient un médecin de famille]. [...] Il y a aussi des gens qui sont inscrits au guichet d'accès et que lorsque tu leur donnes un premier rendez-vous de prise en charge, ils ne se présentent même pas. [...] Si les gens pouvaient s'inscrire auprès d'un médecin et le consulter une première fois lorsqu'ils en ont besoin, ça éliminerait une première consultation et ça augmenterait le pourcentage d'inscriptions », a affirmé M. Dion.

Legault « réaliste » quant à ses chances dans Louis-Hébert

Alors qu'un récent sondage place le parti de François Legault premier auprès de l'électorat francophone à Québec et dans les régions, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) ne tient « rien pour acquis » et se dit « réaliste » quant aux chances de son candidat à l'élection partielle dans Louis-Hébert.

« On peut gagner Louis-Hébert, mais actuellement, il faut juste être réaliste. On a une grosse côte à remonter. [...] [Il] faut juste comprendre que si on gagnait [cette circonscription], ça veut dire qu'on se dirigerait [à la prochaine élection générale] vers le balayage de 80 à 90 comtés au Québec », a-t-il dit hier lors d'une mêlée de presse.

Lors de la dernière élection générale, en 2014, l'ex-député et ex-ministre libéral Sam Hamad avait gagné cette circonscription en obtenant près de 50 % des suffrages, suivi de la CAQ à 26 % et du PQ à 18 %. François Legault a annoncé à la mi-août que son candidat cette fois-ci sera le banquier de carrière Normand Sauvageau, alors que le Parti libéral mise sur l'ancien président-directeur général des Manufacturiers et exportateurs du Québec, Éric Tétrault. De son côté, le Parti québécois sera représenté par le fonctionnaire Normand Beauregard, spécialisé en biologie. La formation souverainiste compte faire campagne contre le projet d'oléoduc Énergie Est.

Le thème de l'immigration revient

S'il croit que l'enjeu de la prochaine campagne électorale ne sera pas l'immigration et la question de l'afflux de réfugiés à la frontière entre le Québec et les États-Unis, François Legault est toutefois revenu sur cet enjeu, à l'entrée de son caucus, affirmant que le premier ministre Philippe Couillard devrait envoyer un message clair que si une personne qui demande le statut de réfugié n'est pas en situation de danger dans son pays, sa demande sera rejetée.

« Il y a des gens qui entrent [au pays] de façon régulière, c'est-à-dire qu'ils font la demande, qui est ensuite analysée selon plusieurs critères, à savoir parlent-ils français, ont-ils un emploi, ont-ils les compétences pour avoir un bon emploi au Québec ? Ensuite, il y a ceux qui entrent de façon illégale - je comprends qu'ils ne sont pas pour autant illégaux [sur le territoire] -, mais ils entrent de façon illégale », a dit le chef caquiste alors qu'il répondait à une question en anglais.

« Ces personnes doivent prouver que leur vie est en danger, et M. Couillard devrait dire ça publiquement. Si vous ne pouvez pas prouver que votre vie est en danger dans votre pays d'origine, nous ne vous accepterons pas », a poursuivi François Legault.




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