La CAQ demande une consultation publique pour élargir l'aide médicale à mourir

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Le député caquiste François Paradis

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Caroline Plante
La Presse Canadienne
Québec

N'en déplaise à la Coalition avenir Québec (CAQ), le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a indiqué lundi n'avoir aucunement l'intention d'accélérer le débat sur l'élargissement de l'aide médicale à mourir.

La CAQ milite depuis quelques mois pour que l'aide médicale à mourir soit étendue aux personnes atteintes de démence, comme celles qui souffrent de la maladie d'Alzheimer. Le Parti québécois est aussi favorable à ce que l'on tienne un tel débat public.

L'idée serait d'élargir l'application de la loi aux personnes ayant donné un consentement préalable, au moment où elles pouvaient le faire, par voie de mandat en cas d'inaptitude.

La loi québécoise actuelle sur les soins de fin de vie stipule que la personne admissible, considérée comme étant à l'agonie et atteinte d'une maladie incurable, doit être lucide et donner elle-même son consentement pour obtenir une aide médicale visant à abréger ses jours.

Le parti de François Legault a accentué la pression sur le gouvernement lundi, en demandant une «action concrète», c'est-à-dire la tenue de consultations publiques, dès cet été.

«Ne laissez pas ces personnes de côté, a lancé le député caquiste François Bonnardel lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale. Ces gens veulent parler, veulent témoigner, veulent expliquer un pan de leur vie.»

La suggestion s'est rendue jusqu'au bureau du ministre, où elle a été aussitôt rejetée. «On a entamé une démarche en trois étapes (en mars), a rappelé l'attachée de presse de M. Barrette, Julie White. On n'est pas fermé à ce qu'il y ait éventuellement une consultation publique, une commission parlementaire, mais on doit d'abord commencer par établir les bases du débat.»

Un comité de 12 experts «représentatif du milieu» sera formé «dans les prochaines semaines», a ajouté Mme White. Un appel de candidatures sera d'ailleurs lancé incessamment.

La commission existante sur les soins de fin de vie analysera aussi tous les cas où la demande d'aide médicale à mourir a été formulée, sans qu'on y donne suite, ou encore les cas où elle a été refusée.

Enfin, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, saisira les tribunaux pour clarifier une notion qui apparaît dans la loi fédérale sur l'aide médicale à mourir, soit celle de la mort raisonnablement prévisible, une notion qui pose problème pour les ordres professionnels.

«Oui, les experts, c'est important; oui, le bilan est important; oui, les statistiques sont importantes. Mais d'entendre la population dans une consultation publique élargie, ça prend toute sa place et ça peut se faire en même temps», a renchéri le porte-parole caquiste en matière de santé, François Paradis, qui a affirmé avoir reçu des centaines de courriels de personnes gravement malades.

Touchant témoignage

Par ailleurs, MM. Bonnardel et Paradis étaient accompagnés lundi d'Yvon Cournoyer, âgé de 56 ans et atteint de la sclérose latérale amyotrophique, une maladie dégénérative.

En vertu de la loi fédérale C-14, seuls les patients en fin de vie peuvent se prévaloir de l'aide médicale à mourir. M. Cournoyer en est donc exclu.

Il a affirmé que la maladie se propageait dans son corps à une vitesse «fulgurante» et qu'il en serait bientôt «prisonnier».

«Moi, j'ai un rêve, puis mon rêve ultime, là, ça serait qu'un jour je puisse remplir mon formulaire de l'aide à mourir, et puis qu'il soit avec mon médecin, qu'il soit envoyé aux hautes instances et que ça soit accordé», a-t-il témoigné devant les journalistes, en ajoutant vouloir «protéger» ses proches qui souffrent autant que lui de le voir dans cette situation.

«Avec ma conjointe, bon, on avait plein de projets. Mais la vie en a fait autrement. C'est pour ça que je veux partir puis préserver aussi ma dignité», a-t-il ajouté, des trémolos dans la voix.

Des contestations judiciaires ont d'ailleurs été entreprises dans au moins deux provinces, dont le Québec, car la loi fédérale contreviendrait à l'arrêt Carter de la Cour suprême du Canada.




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