Relations Québec-Canada: Couillard modifie la structure gouvernementale

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Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Une semaine après avoir rendu publique sa politique sur la place du Québec au sein du Canada, le premier ministre Philippe Couillard passe déjà de la parole aux actes en modifiant dès maintenant la structure gouvernementale, selon ce qu'a appris La Presse canadienne.

Il s'est entretenu jeudi avec les sous-ministres du gouvernement pour leur passer une commande: créer dans chacun de leur ministère une unité de «relations canadiennes», et ce, dès cet été.

Ces unités, bientôt présentes dans tous les ministères, auront le mandat de multiplier les initiatives du Québec visant à assurer sa présence d'un bout à l'autre du pays, dans tous les secteurs d'activités. Les ministères devront participer à tous les colloques, congrès, forums ou autres activités susceptibles d'offrir une tribune au Québec, où il pourra afficher ses idées et sa différence.

Dans une démarche d'affirmation, on cherchera aussi à tisser des partenariats avec les autres provinces.

On veut rejoindre tous les milieux: politiques, gens d'affaires, universités, médias, société civile.

Le projet apparaît dans le document Québécois, notre façon d'être Canadiens, rendu public jeudi passé, qui relate la position du gouvernement Couillard sur une redéfinition des relations Québec-Canada, incluant la relance du débat constitutionnel.

Du même coup, tel que prévu, Québec transformera le Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes (SAIC) en Secrétariat du Québec aux relations canadiennes (SQRC).

Le changement de structure fait partie de la nouvelle «diplomatie proactive» définie dans le document.

Le SQRC, qui visera une meilleure défense des intérêts du Québec, se veut une «nouvelle structure de veille, de réflexion et d'actions stratégiques» à mener.

Depuis une semaine, la délicate question du statut du Québec occupe l'avant-scène de l'actualité politique et parlementaire. La question a donné lieu à des échanges corsés, en Chambre, jeudi matin, entre le premier ministre Couillard et le chef de l'opposition officielle, Jean-François Lisée.

Ce dernier n'a pas du tout apprécié entendre, la veille, M. Couillard affirmer que l'accession du Québec à la souveraineté serait une «catastrophe». Le Québec serait réduit à la pauvreté, pendant au moins une décennie, devant sacrifier ses programmes sociaux, selon lui.

Piqué au vif, M. Lisée a dit jeudi que le premier ministre «devrait avoir honte d'avoir honte des Québécois». Il lui a demandé de s'excuser «de les avoir traités d'incapables».

«C'est bien simple, jamais, jamais, on n'a eu un premier ministre qui a une aussi mauvaise opinion des Québécois, qui ne croit pas en son peuple, en sa compétence, en sa force», a pesté M. Lisée.

Loin de s'amender, M. Couillard a réaffirmé que «les conséquences économiques fiscales, financières sont tellement graves qu'on ne peut pas faire autrement que les dire».

Il a calculé que 75 pour cent des Québécois étaient fiers de leur «appartenance canadienne», une citoyenneté qu'ils ne voulaient pas perdre.

Il a ajouté que la véritable frustration de M. Lisée tenait au fait que le nouveau député solidaire de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, lui aussi un souverainiste convaincu, risquait de lui faire ombrage.

«On a franchement un nouvel acteur très éloquent qui parle du même sujet avec beaucoup plus d'habileté, à mon avis, et beaucoup plus de clairvoyance et que les Québécois vont écouter de plus en plus, et c'est ça qui embête l'opposition officielle», a commenté M. Couillard.

Par la suite, en point de presse, M. Nadeau-Dubois a affirmé qu'il ne voulait pas être «instrumentalisé» par les deux «vieux partis», auxquels il reproche leur façon passéiste d'aborder le débat constitutionnel.

«Ce dont les Québécois sont tannés, c'est pas du débat constitutionnel, c'est de cette manière-là de mener le débat constitutionnel», a-t-il fait valoir, disant privilégier les débats de fond sur cette question.

M. Lisée n'a pas hésité à qualifier le premier ministre d'«attaché de presse de Québec solidaire».




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