Le PQ demande la tenue d'états généraux sur les aînés

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Le Québec compte environ 100 000 aînés de plus chaque année. En 2031, ce sera plus du quart de la population qui aura 65 ans et plus.

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Caroline Plante
La Presse Canadienne
Québec

Les conditions de vie des aînés au Québec se sont détériorées en 10 ans, ont fait valoir les porte-parole de trois associations de défense des aînés avec le Parti québécois (PQ), lundi.

Ils ont réclamé la tenue d'états généraux pour nourrir la prochaine politique «Vieillir et vivre ensemble», qui sera déposée par le gouvernement Couillard en 2018. Les dernières consultations publiques sur le sujet remontent à 2007.

Les changements vécus par les aînés du Québec depuis ce temps sont pour la plupart négatifs, a constaté Lise Lapointe, présidente de l'Association des retraitées et retraités de l'éducation et des autres services publics du Québec (AREQ).

«Des restrictions budgétaires, des coupures, du nivellement par le bas, de la maltraitance organisationnelle (...) Chaque fois, ça nous arrache le coeur, mais on passe rapidement à une autre nouvelle, et ce sont souvent des personnes vulnérables qui en font les frais», a-t-elle déclaré en point de presse, lundi, à l'Assemblée nationale.

Le Québec compte environ 100 000 aînés de plus chaque année. En 2031, ce sera plus du quart de la population qui aura 65 ans et plus.

Le nombre d'heures de service a diminué, alors que les besoins ont augmenté, a poursuivi Mme Lapointe. La fusion des établissements de santé a entraîné un nivellement vers le bas. La tâche des proches aidants s'alourdit et devient de plus en plus complexe. Plusieurs vivent un appauvrissement en réponse à leur dévouement, a-t-elle dit.

Bien qu'ils applaudissent la loi pour contrer la maltraitance des aînés, adoptée à l'unanimité la semaine dernière au parlement, les groupes de défense des aînés croient qu'il faut cesser de traiter les dossiers «à la pièce».

Pour le député péquiste Harold LeBel, il est grand temps de «s'asseoir ensemble, toute la société québécoise» pour tenir un vaste chantier sur les conditions de vie des aînés, pour enfin reconnaître que le vieillissement de la population est une «richesse» et non un «problème».

«On a déjà eu une commission sur comment mourir dans la dignité. Je pense que, là, on est rendu à savoir comment on peut bien vivre et vieillir dans la dignité, et c'est un débat qui appartient à tout le monde», a-t-il dit, en ajoutant que les besoins étaient «énormes»: hébergement, soins de longue durée, transformation du paysage démographique, organisation de la vie collective, transport, logement, lieux publics.

«Tout ça devrait être remis en question, discuté, et revu dans le sens d'une population qui vieillit», a renchéri M. LeBel.

En entrevue avec La Presse canadienne lundi, la ministre des Aînés, Francine Charbonneau, a rappelé que son gouvernement a justement tenu, la semaine dernière, un forum de deux jours pour faire le bilan de la première politique «Vieillir et vivre ensemble» qui fut le fruit des consultations de 2007.

Le député LeBel était largement absent, a-t-elle indiqué, en précisant que depuis un an, les forums et les consultations sur une panoplie d'enjeux s'étaient multipliés «à la vitesse grand V».

«On a parlé jusqu'ici de vieillissement actif, de soins à domicile, de maltraitance, de bientraitance, de soins de santé, et là je passe par-dessus les caméras de surveillance, le principe de l'habitation, le transport et la mobilité, les proches aidants», a affirmé Mme Charbonneau.

«Je pense qu'on a toujours été au rendez-vous pour parler aux partenaires de différents sujets. Donc les états généraux, je l'entends, mais si mon collègue avait participé à tous les forums, peut-être se sentirait-il plus impliqué.»

Le gouvernement prépare d'ailleurs d'autres consultations cet automne, qui mèneront à la rédaction de la nouvelle mouture de «Vieillir et vivre ensemble», a dit la ministre.

N'empêche, M. LeBel a critiqué l'approche du gouvernement, qui consulte trop souvent les «spécialistes», selon lui, et pas assez les intervenants du milieu.

En proposant des états généraux, il veut que la ministre envisage une nouvelle formule où aînés, syndicats, municipalités, préposés, infirmières et autres pourraient venir s'exprimer sur la réalité qu'ils vivent sur le terrain.

Le récent forum-bilan sur la politique «Vivre et vieillir ensemble» a «clairement révélé un manque de transversalité des enjeux des aînés dans les différentes politiques publiques (...) notamment en santé», a déclaré, pour sa part, le directeur général de la Fédération de l'Âge d'Or du Québec (FADOQ), Danis Prud'homme.




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