Gaétan Barrette se sent en exil au Canada

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Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

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(TROIS-RIVIÈRES) Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, soutient se sentir en exil au Canada «sur le plan constitutionnel» parce que le Québec n'a toujours pas adhéré à la Constitution de 1982.

«Bien sûr qu'on se sent exilés au Canada parce qu'on en fait pas partie», a souligné le ministre de la Santé.

En marge du conseil général qui réunit 300 militants libéraux pour discuter du militantisme, plusieurs élus ont commenté la stratégie du gouvernement Couillard qui déposait, jeudi, sa position constitutionnelle.

Pour le ministre Pierre Moreau, la «politique d'affirmation» de jeudi n'est pas un appel à la réouverture du débat constitutionnel, mais le début d'une «conversation». «Cette réflexion avait été promise par le premier ministre durant la campagne électorale, ce n'est pas de l'artifice, les gens doivent savoir quelle est la position du gouvernement sur la question constitutionnelle».

«On est pas en demande d'une ronde de réouverture de discussions, on a déposé un document sur la position du parti sur cette question», a-t-il ajouté.

Visiblement, le président du Conseil du trésor était agacé par une série de questions sur les courriels de Marc-Yvan Côté. «Quand on fait toujours jouer le même disque, même la meilleure chanson va devenir ennuyante», réplique-t-il.

Une journaliste lui a demandé ce qu'il pensait de l'idée de la CAQ que le PLQ bannisse Marc-Yvan Côté comme l'avait fait le PLC, même si l'ancien ministre Côté n'est pas membre du PLQ. «Difficile de bannir quelqu'un qui n'est pas là», a répliqué, ironique, Pierre Moreau.

À l'entrée du Centre des congrès, environ 300 ingénieurs du gouvernement en grève manifestaient. Le ministre Moreau n'écarte pas la loi spéciale, et souligne qu'une cinquantaine de chantiers au Québec sont en suspend à cause de l'absence des ingénieurs. 

Visiblement heureux de déborder son dossier de la santé, Gaétan Barrette a souligné que le premier ministre Trudeau avait une occasion historique de terminer l'oeuvre de son père, Pierre Elliott Trudeau.

«Personne au Québec se lève le matin en pensant à la Constitution», convient-il, soulignant que le Québec n'a pas actuellement la place qu'il doit occuper dans la Constitution canadienne. «C'est un impair historique», résume-t-il.

«Dès qu'on parle d'une question où on parle du Québec et d'autre chose, cela devient délicat. Mais n'est-ce pas un élément historique que le Canada a débuté avec des francophones et des anglophones? Une constitution doit être un document auquel on doit référer, la réalité francophone comme anglophone doit être exprimée», soutient-il.

Opération pré-électorale ?

«En politique, tout est pré-électoral, mais je ne crois pas que cela sera réglé dans les trois prochains mois ou années», a par ailleurs souligné Gaétan Barrette. Il juge «malheureux» que le premier ministre Trudeau ait sur-le-champ opposé une fin de non recevoir à la requête du Québec. «On ne peut pas balayer du revers de la main toute conversation sur le texte fondateur», observe-t-il.

«Si le premier ministre du Canada n'a pas d'intérêt à la Constitution, c'est lourd de conséquences. M. Trudeau doit prendre acte du sentiment des Québécois et des francophones au Canada et amorcer une réflexion», a-t-il ajouté.

Pour l'ancien président de la Commission politique du PLQ, Jérôme Turcotte, le premier ministre Couillard va «décrisper le débat constitutionnel» en abordant la question.

Le «piège serait de démontrer de l'empressement. Vous n'avez vu nulle part que la priorité de M. Couillard était de réouvrir ce débat. C'est une question importante mais non urgente», résume-t-il.

Sur le militantisme, les membres du PLQ ont désormais l'assurance d'avoir un impact plus net sur les décisions, les orientations du gouvernement, «le sentiment d'impact, c'est le salaire des militants», résume-t-il.

M. Turcotte avait déposé l'automne dernier un rapport accablant sur le déficit démocratique du parti, sur l'absence de mobilisation des membres. Après 13 colloques régionaux, le PLQ propose une dizaine de modifications au statut du parti, notamment pour créer un statut de «sympathisant» des membres accueillis gratuitement pour un an, avec un accès à toutes les communications du PLQ.

Les membres de moins de 25 ans paieront une seule adhésion, on favorisera les membres qui font du recrutement, et un groupe de députés aura le mandat de sensibiliser les jeunes de plus de 16 ans à l'importance de l'implication politique.




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