Mission commerciale délicate pour Couillard en Israël

Le voyage du premier ministre Philippe Couillard vise... (Photo David Boily, La Presse)

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Le voyage du premier ministre Philippe Couillard vise à nouer des relations d'affaires, mais aussi à observer de près un modèle de développement économique qui fait l'envie du monde entier.

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La toute première mission d'un premier ministre québécois en Israël a beau être de nature économique, Philippe Couillard s'engage aujourd'hui dans un exercice délicat. Il devra aider les entreprises à tisser des liens d'affaires tout en ménageant les susceptibilités politiques, sur place et ici au Québec.

L'OBJECTIF DE LA MISSION ?

Apprendre et commercer. Québec veut investir 100 millions pour développer une filière de l'intelligence artificielle à Montréal, et Israël est une véritable pépinière de « start-up ». Le voyage permettra de nouer des relations d'affaires, mais aussi d'observer de près un modèle de développement économique qui fait l'envie du monde entier. Le voyage n'est donc pas un geste à caractère politique, estime Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. « C'est sûr que, s'il y a de bonnes relations politiques et des accords de collaboration, ça aide, observe-t-il. Mais il y a surtout une reconnaissance qu'Israël performe très bien en matière d'innovation, en matière d'innovation technologique. »

UNE DEMANDE DE KHADIR

L'ombre du conflit israélo-palestinien plane inévitablement sur toute visite diplomatique dans la région. On en a eu une preuve, hier, lorsque le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a sommé M. Couillard d'aborder la question des conditions de vie des Palestiniens avec ses interlocuteurs. « Il peut très bien faire ça, a dit M. Khadir. Le Québec peut très bien dire que nous sommes soucieux que lorsque nous engageons des liens commerciaux avec un État, que ça ne nous amène pas à fermer les yeux sur la situation des droits humains. »

DIVERSION, RÉPOND ST-PIERRE

M. Khadir tente de faire « dévier » la mission du premier ministre, juge la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, souligne que la mission est avant tout économique et que la position du Québec face au conflit israélo-palestinien a toujours été la même. « Des motions concernant la situation là-bas, nous en avons déjà adopté à l'Assemblée nationale, dit la ministre. Ce que nous prônons, ce dont nous avons toujours fait la promotion, c'est qu'il y ait un règlement de la situation négocié dans le respect des populations. » Philippe Couillard se rendra d'ailleurs à Ramallah, en Cisjordanie, pour rencontrer des dirigeants palestiniens. Il va également visiter l'école Hand in Hand, où étudient des élèves juifs et arabes.

BÉMOL DU PQ

En faisant de l'économie le thème central de sa mission, Philippe Couillard se trouvera naturellement à rencontrer davantage de gens d'affaires israéliens, l'occupation des territoires palestiniens ayant rendu leur économie « exsangue » estime le député du Parti québécois, Stéphane Bergeron. « Ça pourrait donner l'impression, objectivement parlant, d'une mission un peu déséquilibrée par rapport à la politique traditionnelle du Canada et du Québec par rapport à la Palestine et à Israël », estime M. Bergeron. Il encourage le premier ministre à tenir compte de cette perception. Housang Hassan-Yari, professeur au Collège militaire de Kingston, est du même avis. Il souligne que les Palestiniens n'ont pas les moyens d'établir des relations économiques et scientifiques avec d'autres pays comme le Canada. « Ce qui est regrettable, c'est que ce sont les Palestiniens qui risquent de perdre presque tout dans ce genre de relation », estime le chercheur.

UN AUTRE VISITEUR...

Le voyage de M. Couillard survient à un moment où l'attention du monde entier se tournera sur le dossier palestinien. Donald Trump séjournera au pays en même temps que le premier ministre Couillard, ce qui a forcé son entourage à chambarder son horaire. Ce sera aussi un test important pour le président américain, qui souhaite relancer le processus de paix.

ÉCHANGES CROISSANTS

Les relations avec Israël se sont intensifiées au cours des dernières années. Le Québec a signé un premier accord de collaboration avec le pays en 1997, alors que le Parti québécois était au pouvoir. Ces accords ont été renouvelés et étendus en 2007 par les libéraux. Les premières ministres de l'Ontario et de la Colombie-Britannique y ont séjourné l'an dernier, tout comme le maire de Montréal, Denis Coderre. La mission de M. Couillard s'insère dans cette tendance, estime David Ouellette, vice-président du Centre consultatif des relations juives et israéliennes. « L'émergence d'Israël comme un leader mondial dans l'innovation scientifique, technologique, médicale n'est pas passée inaperçue chez nous ou ailleurs dans le monde », dit-il.

QUI FAIT PARTIE DE LA MISSION ?

Plus de 100 personnes provenant du milieu universitaire ainsi que des secteurs de l'aérospatiale, des sciences de la vie et des technologies de l'information. Des géants établis comme Bombardier, Air Canada, Air Transat, Hydro-Québec et Ubisoft côtoieront des vedettes émergentes comme Élément AI.

345,5 MILLIONS

La valeur des échanges commerciaux entre le Québec et Israël en 2016. C'est une hausse de 32 % par rapport à l'année précédente.




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