Carte électorale: de Santis défend Couillard devant les médias anglophones seulement

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La ministre libérale Rita de Santis

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
QUÉBEC

La ministre Rita de Santis a défendu son chef Philippe Couillard dans un point de presse réservé aux médias anglophones seulement, mardi.

La ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques et de l'Accès à l'information a ainsi justifié en anglais seulement la volonté du premier ministre de revoir les critères de redécoupage de la carte électorale.

La Coalition avenir Québec (CAQ) a condamné la décision du gouvernement de ne s'adresser qu'aux journalistes de langue anglaise, la jugeant «inacceptable».

C'est l'attachée de presse de la ministre qui a approché les médias anglophones pour leur offrir de faire un point de presse avec la ministre à l'écart des espaces réservés habituellement à la Tribune de la presse parlementaire. Une journaliste de La Presse canadienne a pu y participer en affirmant qu'elle travaillait pour le service anglais de l'agence.

Le premier ministre a répété mardi en Chambre ce qu'il avait laissé entendre la semaine dernière devant la communauté anglophone: des électeurs sont mal représentés en raison des décisions de la Commission de la représentation électorale (CRÉ), un organisme indépendant chargé de réviser la carte sans ingérence politique.

Rappelons que les libéraux digèrent mal la décision de la CRÉ de fusionner les circonscriptions de Mont-Royal et Outremont, deux bastions libéraux, en plus de la fusion de Saint-Maurice et Laviolette, en Mauricie, deux autres circonscriptions représentées par des élus libéraux. La nouvelle carte électorale fait donc disparaître deux sièges acquis au PLQ.

Vendredi dernier, dans un discours prononcé devant la communauté de Côte-Saint-Luc à Montréal et rapporté par l'hebdomadaire The Suburban, M. Couillard a dit qu'il n'écartait pas de revoir la loi électorale pour changer les critères de délimitation des circonscriptions.

Il a même en quelque sorte cautionné la contestation judiciaire embryonnaire organisée notamment par l'éditeur du Suburban, Beryl Wajsman, en vue de faire casser les décisions de la CRÉ.

«Je sais que des poursuites ont été déposées par la communauté ici et les gens devraient exercer leur droit, avait-il dit selon The Suburban. Cela devrait être fait.»

«Attaque» contre le DGÉ

À la période de questions, le député caquiste Simon Jolin-Barrette a critiqué la sortie de M. Couillard en l'associant à une attaque contre le Directeur général des élections, l'organisme indépendant dont relève la CRÉ.

«Le premier ministre a encouragé les citoyens à contester la décision de la CRÉ et d'entreprendre des recours juridiques pour attaquer cette réforme-là qui a été mise de l'avant de façon indépendante par le DGÉ. (...) Pourquoi encourager les citoyens à attaquer un travail qui a été fait, indépendant, par le DGÉ?»

Philippe Couillard s'est défendu de vouloir remettre en cause la nouvelle carte, mais il a dit songer à la prochaine refonte, notamment pour que les électeurs dans les circonscriptions de grande taille soient représentés adéquatement.

«Je me dis qu'il y a un défaut dans la qualité de représentation pour les gens qui sont visés par les décisions de la commission. Il faudra un jour qu'on discute franchement de ça.»

En point de presse après la période de questions, Rita de Santis a expliqué aux journalistes anglophones que le gouvernement respectait la décision de la CRÉ, mais que ce n'était «pas une question d'être d'accord».

«M. Couillard a dit ce que je vous dis: chaque citoyen a le droit de contester ce qu'il désapprouve devant les tribunaux»,  en ajoutant que le premier ministre ne pouvait pas dire: «vous n'avez pas le droit de contester cette loi.»

Elle a dit qu'elle s'adressait aux médias anglophones parce qu'un article était paru dans l'hebdomadaire du West Island et que le gouvernement avait du même souffle appuyé une motion en Chambre selon laquelle il appuyait le DGÉ et la CRÉ.

Elle a répété ce que M. Couillard avait suggéré, soit qu'après 2018, «il faudrait s'asseoir et discuter de la façon dont la loi peut être modifiée, pour que les tous les Québécois aient une représentation effective».

Simon Jolin-Barrette a qualifié la décision de la ministre de ne parler qu'aux journalistes anglophones de «complètement inacceptable». Il n'y a pas deux classes de Québécois, a-t-il dit, et la langue officielle du Québec est le français.

«Il n'y a pas de discrimination à avoir sur la langue, a-t-il déclaré dans un entretien téléphonique avec La Presse canadienne. Cela contrevient au travail journalistique et au droit des Québécois d'avoir de l'information de la part du gouvernement.»

La ministre utilise la loi électorale pour faire du «clientélisme» en ne s'adressant qu'à un auditoire, alors que pourtant la refonte de la carte électorale touche tout le territoire, a-t-il conclu.




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