La CAQ dévoile une liste de nominations partisanes du gouvernement Couillard

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Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
QUÉBEC

La Coalition avenir Québec (CAQ) a compilé plus de 80 nominations de personnes affiliées au Parti libéral effectuées par le gouvernement Couillard depuis 2014.

La CAQ a dévoilé sa liste lors d'une interpellation en Chambre vendredi matin.

Le tableau comprend un total de 85 inscriptions colligées entre avril 2014, soit l'élection du gouvernement libéral, et avril 2017.

On y retrouve les noms de plusieurs anciens députés ou candidats libéraux, au moins 15, mais aussi du personnel de cabinet récompensé, ou encore des donateurs à la caisse du parti.

Donateurs

Par exemple, la CAQ relève en mai-juin 2015 la nomination de David Boissonneault à la Financière agricole, d'Isabelle Simard à la Commission des services juridiques, et de l'ancien ministre Gaston Blackburn à la SEPAQ, tous identifiés comme des donateurs. Une firme de relations publiques, Tact Communications, a toutefois rapidement fait valoir vendredi après-midi que M. Boissonneault avait été choisi par l'Union des producteurs agricoles pour la représenter au sein de la Financière.

Plus récemment, en mars 2017, on retrouve Simone Leblanc, à la Commission consultative en enseignement privé, identifiée comme donatrice, Nancy Cleman et Éric Gosselin, à la Société de la Place des arts du Québec, identifiés comme donateurs dans la course à la direction de Philippe Couillard, et José P. Dorais, à la Société Transition énergétique Québec, identifié comme donateur aussi.

Sous-ministres et haute direction

Dans les sous-ministres et la haute direction des organismes, la CAQ relève notamment parmi les gens issus du sérail libéral Marc Lacroix, président de la Commission de la fonction publique puis sous-ministre au ministère des Transports, Alfred Pilon, sous-ministre adjoint au ministère de l'Immigration, Ann Champoux, présidente de la Régie du cinéma puis sous-ministre adjointe à la Culture, Manon Lecours, sous-ministre adjointe au ministère des Affaires municipales, Sylvain Ayotte, sous-ministre à la Sécurité publique, Marie-Claire Ouellet, sous-ministre associée au ministère des Relations internationales, Marie-Claude Champoux, sous-ministre à la Culture, Sylvie Barcelo, sous-ministre à l'Éducation, Michel Gagnon, pdg de la Société d'habitation du Québec.

«Dans le déni»

Le député caquiste de La Peltrie, Éric Caire, a confronté le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, sur le processus de nomination en plaidant pour plus de transparence et de contrôle parlementaire.

«Cette façon de faire doit cesser parce qu'elle est nocive, a-t-il déclaré en Chambre. C'est nocif de savoir que quelqu'un dans la fonction publique pourrait devoir son emploi à son affiliation politique.»

Le président du Conseil du trésor a pour sa part fait valoir la prérogative de l'exécutif, du gouvernement donc, de procéder à certaines nominations.

«Ce n'est pas vrai que le gouvernement du Québec va nommer des gens recommandés par le parti d'opposition, puis qu'il va répondre des gens que ce monde-là va recommander», a-t-il riposté.

L'élu caquiste a accusé M. Moreau d'être «dans le déni» en ne reconnaissant pas le problème des nominations partisanes. Il a demandé à ce que soit divulgué le processus de sélection au ministère du premier ministre pour les candidats aux emplois supérieurs, avec les critères, etc.

«Les nominations partisanes, ça existe. Ça écoeure le monde. Et il faut y mettre fin. Est-ce que vous êtes prêt à travailler là-dessus, oui ou non?» a demandé M. Caire.

M. Moreau a souligné que 48 pour cent des nominations effectuées aux emplois supérieurs de 2006 à 2016 concernaient des personnes qui étaient déjà titulaires d'un emploi supérieur.

Il a également mis l'accent sur le rôle du Secrétariat aux emplois supérieurs, qui vérifie si les nominations satisfont aux critères fixés, qui valide les curriculum vitae, la déclaration d'intérêts, le critère d'indépendance, etc.

«Il est qui, le député de La Peltrie, pour décider si dans ces 82 nominations-là ces gens-là sont compétents ou pas pour faire le travail? Il est meilleur que les comités de sélection? Il est meilleur que les gens qui font des recommandations?»

Le président du Conseil du trésor a également rappelé que le premier ministre Philippe Couillard avait manifesté son ouverture à des rencontres entre les partis d'opposition et les hauts dirigeants des sociétés d'État, mais aussi concernant les nominations dans les tribunaux administratifs, ainsi que «les grands postes dans la fonction publique».

«Salir pour se faire élire»

Au gouvernement, on estime entre 300 et 500 le total des nominations effectuées chaque année. Le nombre de personnes nommées qui ont des allégeances politiques est donc minime, a-t-on fait valoir dans les rangs libéraux.

Le directeur des communications du gouvernement et responsable des relations avec les médias, Charles Robert, a critiqué durement la sortie de la Coalition avenir Québec.

«La CAQ prend une liste de noms et ils sont incapables de dire en quoi les gens nommés ne sont pas qualifiés pour faire ce pour quoi ils sont nommés. (...) La CAQ tourne les coins ronds, c'est devenu son habitude, probablement pour rester en accord avec leur stratégie: salir pour se faire élire.»




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