Proxénétisme: trop de répression, pas assez de prévention, dit QS

Le gouvernement du Québec n'en fait pas assez pour contrer l'exploitation... (PHOTO ARCHIVES REUTERS)

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Caroline Plante
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Le gouvernement du Québec n'en fait pas assez pour contrer l'exploitation sexuelle chez les jeunes, a déploré la députée de Québec solidaire Manon Massé, vendredi.

Seulement une infime partie des 3 millions alloués sur cinq ans au programme Prévention jeunesse sont consacrés à la prévention sur le terrain, a-t-elle dit en entrevue avec La Presse canadienne.

«Il y a un 70 000 $ qui a été vers un groupe de prévention à Longueuil, mais les autres argents ne sont pas dépensés dans une perspective d'envoyer des intervenantes sur le terrain pour être en contact direct avec les filles pour prévenir l'exploitation sexuelle», a dit Mme Massé.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, semble plutôt miser sur la répression. Il s'apprêterait à annoncer la mise sur pied d'une escouade spéciale formée d'enquêteurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), de la Sûreté du Québec et des corps policiers de Laval et de Longueuil.

L'escouade porterait le nom d'Équipe intégrée de lutte contre le proxénétisme.

«C'est sûr que le fait de rendre la structure organisationnelle plus efficiente du côté des policiers, c'était quelque chose qui était déjà identifié dans le plan d'action 2014-2016», a dit Mme Massé.

«Mon indignation à cette étape-ci, c'est de voir que sa réponse est encore du côté des policiers, alors que les groupes qui travaillent à proximité pour prévenir, ces groupes-là sont encore laissés pour compte», a-t-elle ajouté.

L'attachée de presse du ministre Coiteux, Marie-Ève Pelletier, parle plutôt de 250 000 $ décaissés cette année pour deux projets concrets, soit à Longueuil et à Laval.

L'année dernière, plusieurs adolescentes ont fugué du Centre jeunesse de Laval. Leurs parents craignaient qu'elles ne soient tombées dans les griffes de proxénètes.

Prévention jeunesse avait été alors présenté comme une solution pour coordonner les efforts de différents acteurs impliqués dans la prévention afin de leur permettre d'intervenir de manière urgente et immédiate dans des situations problématiques impliquant des jeunes.

Stéphanie Ricard, coordinatrice générale de Projet d'intervention auprès des mineur(e)s prostitué(e)s (PIAMP), s'est dite déçue, vendredi, de l'absence de dialogue entre intervenants, un an plus tard.

«On ne nous consulte pas, a-t-elle dit. Notre travail est aussi essentiel que les services de police. (...) Lutter uniquement à l'arrestation des proxénètes ne va pas faire en sorte que les filles vont inévitablement se retirer de ce milieu-là, parce qu'on en arrête un et il va y en avoir d'autres.»

Cours d'éducation sexuelle

La députée solidaire a par ailleurs dénoncé l'inertie du gouvernement quant au cours d'éducation sexuelle, toujours à l'étape du projet pilote.

«Ça préviendrait tellement tellement de choses», a-t-elle dit.

«Si dès ta tendre enfance tu abordes ces questions de saines relations, de consentement, de l'existence des agressions sexuelles, de l'exploitation sexuelle, déjà tu es en train de donner aux jeunes filles et jeunes hommes la capacité de comprendre ce qui est en train de leur arriver au lieu d'être victimes tout simplement», a-t-elle ajouté.

Questionné en chambre la semaine dernière à ce sujet, le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, a dit qu'il restait du travail à faire «sur le contenu».

«Rien n'a changé en une semaine», a dit son attachée de presse, Marie Deschamps, vendredi.




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