A13: le centre de veille d'urgence du Québec mal informé

Ni la Sûreté du Québec, ni le ministère... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Ni la Sûreté du Québec, ni le ministère des Transports, ni la Ville de Montréal n'ont cru bon de demander de l'aide au Centre des opérations gouvernementales en vue de secourir les automobilistes prisonniers sur l'autoroute 13.

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(Québec) Le centre de veille 24 heures créé par Québec pour coordonner les actions en situation d'urgence n'a jamais été appelé en renfort afin de résoudre la crise sur l'autoroute 13 lors de la tempête de neige, il y a une semaine. Il a été tenu dans l'ignorance et mal informé. Sur la foi de ce que lui disait le ministère des Transports du Québec (MTQ), il avisait le ministre Martin Coiteux, mercredi matin, que 30 véhicules étaient coincés dans la neige. Ils étaient 10 fois plus nombreux en réalité.

Des municipalités ont pourtant fait appel au Centre des opérations gouvernementales (COG) lors de la tempête qui a balayé le Québec, mardi et mercredi. Mais ni la Sûreté du Québec, ni le ministère des Transports, ni la Ville de Montréal n'ont cru bon de lui demander de l'aide en vue de secourir les automobilistes prisonniers sur l'autoroute 13.

Le COG, qui relève du ministère de la Sécurité publique et qui se trouve dans l'édifice de celui-ci à Québec, a été créé en 2006, après des années de gestation. Les travaux au gouvernement pour le mettre sur pied remontent aussi loin qu'au lendemain du déluge du Saguenay (1996) et de la crise du verglas (1998).

Son mandat est entre autres «d'assurer une surveillance opérationnelle en tout temps en sécurité civile», «d'anticiper les événements pouvant compromettre la sécurité des citoyens grâce à une surveillance continue du territoire » et «de coordonner les opérations lors de situations d'urgence, de crises ou de sinistres majeurs».

Appelé pour l'autoroute 20

Le COG a transmis au ministre Coiteux un «état de la situation au Québec» de la tempête à 18 h mardi dernier, donc quelques minutes avant que les choses se gâtent sur l'autoroute 13. «Pour le moment, les incidents de la route sur le territoire québécois touché par la tempête sont gérés par les services d'urgence des municipalités et par les autorités locales», signale-t-il. Il fait état d'un «important carambolage impliquant plusieurs véhicules» sur l'autoroute 20 à la hauteur de Saint-Zotique.

«Un camion-citerne contenant plusieurs milliers de litres d'hypochlorite de sodium a été endommagé et sa citerne s'est vidée en bordure de la route. Les services d'urgence sont sur place et assurent la sécurité des lieux.»

Le COG a justement été appelé en renfort pour cet incident.

Le document indique également que «l'ensemble des partenaires gouvernementaux demeure en pré-alerte et surveille l'évolution de la tempête de près afin d'assurer une intervention adéquate, le cas échéant». Ce fut toutefois la dernière communication du COG au ministre mardi soir.

Comme «il y a eu un bris dans la chaîne de commandement» à la Sûreté du Québec (SQ), «l'état-major de la SQ n'a pas été informé de la situation sur l'autoroute 13 et, par conséquent, le ministère de la Sécurité publique [par l'entremise du COG, NDLR] n'a pas été informé, et le ministre non plus», a expliqué l'attachée de presse du ministre Coiteux, Marie-Ève Pelletier, lundi.

Très loin de la réalité

À la demande du cabinet de Martin Coiteux, le COG a produit un nouvel état de la situation à 7h15. Son contenu est étonnant. «Plusieurs camions semi-remorques se sont enlisés dans la neige en soirée mardi sur l'autoroute 13 Sud, entre les autoroutes 20 et 40, causant une importante congestion», rapporte-t-il, avant d'ajouter : «Environ 30 véhicules seraient coincés à cet endroit depuis.» Il y en avait plutôt 300. Selon le cabinet du ministre, c'est le MTQ qui a transmis ces informations au COG. Résultat : Martin Coiteux était mal informé de la situation sur l'autoroute 13 au moment où il se dirigeait à la réunion du caucus libéral, au parlement.

Le directeur du COG, Jean Savard, a décliné une demande d'entrevue. Un porte-parole du ministère de la Sécurité publique, Olivier Cantin, a indiqué que «plusieurs municipalités ont appelé le COG pour avoir du soutien, ce qui a été donné». «Mais concernant l'autoroute 13, le COG n'a pas été sollicité pour intervenir là-bas par les partenaires gouvernementaux [le MTQ et la SQ], ni la Ville de Montréal. Ils géraient leurs affaires. Il y a eu un jugement de leur côté à l'effet qu'ils n'avaient pas besoin de nos services.»

Montréal se défend 

Montréal n'a rien à se reprocher, selon un porte-parole de la Ville, Philippe Sabourin. Comme l'autoroute 13 est sous la responsabilité du gouvernement du Québec, donc du MTQ et de la SQ, «c'est eux qui auraient pu solliciter» le COG, a-t-il plaidé. Selon le site internet du COG, «pour bien accomplir son rôle», le Centre «procède à l'échange continu d'information avec ses principaux partenaires», notamment le MTQ, la SQ et les municipalités.

Ces éléments seront à coup sûr examinés par Florent Gagné, l'enquêteur externe nommé par le gouvernement pour faire la lumière sur le cafouillage. Son rapport est attendu d'ici la fin de mai. En entrevue à La Presse la semaine dernière, M. Gagné disait constater, «à première vue, des problèmes de coordination entre tous les services». Le premier ministre Philippe Couillard relevait des lacunes du même genre.




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