Les députés solidaires accusés d'avoir insulté l'Assemblée nationale

Françoise David, Amir Khadir et Manon Massé... (Photo Édouard Plante-Fréchette, Archives La Presse)

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Françoise David, Amir Khadir et Manon Massé

Photo Édouard Plante-Fréchette, Archives La Presse

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Les trois députés de Québec solidaire ont insulté l'Assemblée nationale, selon son président Jacques Chagnon.

Mais ces derniers n'ont nullement l'intention de s'excuser ou de s'amender.

En Chambre, mardi, devant tous les parlementaires et sans avoir prévenu les élus solidaires de son geste, M. Chagnon a blâmé sévèrement les députés Manon Massé, Amir Khadir et Françoise David, pour avoir tourné le dos à leurs collègues parlementaires, au moment de voter contre le projet de loi 70 sur l'aide sociale jeudi dernier.

L'incident est survenu alors que tous les élus étaient appelés à afficher leur vote sur la réforme controversée de l'aide sociale.

«Nous n'avons insulté personne», a clamé la députée de Gouin, Françoise David, en point de presse, en marge d'une rencontre avec le président réclamée en vue de comprendre la raison de sa virulente sortie.

Au terme de la rencontre, chacun est resté sur ses positions.

Les députés solidaires se sont montrés surpris et déçus de ne pas avoir été prévenus de la critique du président.

Ils avaient combattu de toutes leurs forces pendant des mois le projet de loi défendu par le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, qui aura pour conséquence, notamment, de réduire à 399 $ le chèque mensuel d'aide sociale des premiers demandeurs jugés aptes à travailler et qui refusent d'entreprendre une démarche de recherche d'emploi.

Une honte, selon eux.

Au moment de voter contre le projet de loi, les trois députés se sont donc levés et, pour exprimer leur dépit, ont tourné le dos à l'Assemblée nationale, dans un geste aussi symbolique qu'inusité.

Mardi, lors de l'ouverture des travaux parlementaires, le président de l'Assemblée nationale a pris la parole pour rabrouer les trois élus, car leur geste était «une insulte à l'institution», selon Jacques Chagnon.

Il leur a rappelé que le vote des élus était un geste «sacré», qu'il ne fallait pas dénaturer.

«Je considère que ce qui s'est passé jeudi dernier va à l'encontre des principes qui sont à la base de notre démocratie et qu'il s'agit d'une atteinte injustifiée à notre décorum», a-t-il affirmé, dans une déclaration écrite.

«Tant et aussi longtemps que je serai président de cette assemblée, je n'accepterai jamais un tel comportement», a ajouté le président.

En point de presse jeudi dernier, Françoise David avait qualifié la loi 70 d'immorale, irresponsable, condescendante et paternaliste. Elle a reproché au gouvernement d'avoir franchi une ligne, en osant sabrer la prestation de base des assistés sociaux, poussant ainsi les nouveaux demandeurs à l'indigence et à la mendicité.

Mardi, loin de s'amender, elle a réaffirmé que la loi 70, «une loi indigne», allait «appauvrir les plus pauvres» des Québécois.

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