Enquêtes policières sur les élus: Lisée appelle à la transparence

Le chef du Parti québécois Jean-Francois Lisée... (La Presse canadienne, Jacques Boissinot)

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Le chef du Parti québécois Jean-Francois Lisée

La Presse canadienne, Jacques Boissinot

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Une loi devrait obliger les députés, ministres, membres du personnel politique et hauts fonctionnaires à informer le conseil exécutif s'ils font l'objet d'une enquête policière, selon le chef péquiste Jean-François Lisée.

C'est une question de transparence, selon le chef péquiste, qui dit tenir à formaliser dans un cadre légal ce type de situations délicates.

Depuis des jours, M. Lisée s'étonne du fait que les libéraux soutiennent qu'ils n'étaient pas au courant que l'ex-député libéral Gerry Sklavounos faisait l'objet d'allégations d'agression sexuelle depuis le printemps, et que personne dans l'équipe libérale ne se rappelle de plaintes formulées par les péquistes quant au comportement supposément déplacé de M. Sklavounos envers une attachée de presse en 2013.

M. Lisée juge cette attitude hypocrite et réclame une loi pour corriger le tir à l'avenir, si d'autres cas semblables devaient se présenter.

La semaine dernière, une jeune femme de Québec, Alice Paquet, a créé tout un émoi à l'Assemblée nationale, en affirmant publiquement que le député Gerry Sklavounos l'avait violée en juin 2014. Elle a dit qu'elle avait porté plainte à la police au printemps 2016.

Au cours des derniers jours, M. Lisée réclamait que la police informe les autorités (chef du parti ou cabinet du premier ministre) lorsqu'un député est l'objet d'une enquête policière. Il souhaite maintenant que la personne visée soit obligée légalement d'aviser elle-même ses supérieurs.

En point de presse, mercredi, il a indiqué qu'il voulait ainsi éviter que des élus faisant l'objet d'une enquête puissent continuer à exercer le pouvoir et à prendre des décisions, sans que les autorités soient au courant de leurs démêlés avec la justice.

Il dit que l'Assemblée nationale devrait prendre modèle sur les services policiers qui, eux, ont instauré ce type de protocole au sein de leurs organisations.

«Lorsqu'un policier (fait l'objet d'une) enquête et qu'il le sait, il a l'obligation légale de le dire à ses supérieurs. C'est le cas dans la police, parce que ce sont des gens qui ont des charges publiques importantes, alors ce devrait être le cas pour les élus et les attachés (politiques) aussi», a fait valoir M. Lisée, qui ne veut pas tolérer «les cachettes» de ce genre.

Questionné à savoir s'il fallait étendre l'obligation légale aux hauts fonctionnaires, il a dit ne pas pouvoir imaginer que, par exemple, le secrétaire général du gouvernement puisse être «accusé de viol et que le premier ministre ne le (sache) pas».

Le scénario qu'il dit vouloir éviter, «c'est l'ignorance d'un chef de parti qui ne sait pas qu'un de ses élus ou un de ses attachés politiques sait qu'il (fait l'objet d'une) enquête, mais le cache».

«Je veux que les choses soient formalisées», a résumé le chef de l'opposition officielle, jugeant «élémentaire» que ce type d'information soit porté à la connaissance des plus hautes autorités politiques.

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