Le régime de retraite de la SQ dans la ligne de mire de Québec

Le gouvernement Couillard veut réduire les avantages importants consentis... (Photo François Roy, Archives La Presse)

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Le gouvernement Couillard veut réduire les avantages importants consentis aux policiers de la Sûreté du Québec au chapitre du régime de retraite, selon les informations réunies par La Presse.

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(Québec) Presque un an après s'être entendu avec l'ensemble de ses employés, le gouvernement Couillard presse le pas dans les négociations avec les agents de la Sûreté du Québec. Sa priorité est claire : réduire les avantages importants consentis aux policiers au chapitre du régime de retraite.

Selon les informations réunies par La Presse, la direction de la SQ a déjà eu deux rencontres récemment avec le Conseil du trésor pour définir le cadre des négociations. À la table, qui se réunit chaque mercredi, les cibles de Québec n'ont pas été exprimées officiellement, mais les conversations informelles laissent prévoir un affrontement important.

Le gouvernement vise à hausser la contribution des employés à leur régime de retraite au même niveau que celui de l'ensemble des autres employés de l'État. Tous les fonctionnaires paient 50%, tout comme l'État employeur, des cotisations à la caisse de retraite. À la SQ, l'employeur défraie grosso modo les deux tiers de la facture et l'employé, le tiers restant.

Surtout, Québec compte imposer aux policiers le même plafond prévu à la loi qu'a fait adopter l'ex-ministre Pierre Moreau pour les employés municipaux. En limitant à 18% de la masse salariale le plafond des cotisations annuelles, le régime devient moins généreux.

L'opération prolongerait d'environ deux ans la carrière des policiers qui, actuellement, peuvent profiter d'une pleine retraite dès qu'ils atteignent 25 ans de service.

On veut appliquer le même régime aux employés des services correctionnels, qui contribuent déjà presque à parité avec l'employeur pour la retraite. Mais ces derniers seraient frappés par le plafonnement à 18%.

Des sources policières conviennent que l'heure est venue de «toucher au fonds de pension, de faire bouger ça», mais on se garde bien de préciser des cibles, «rien n'est dans le béton». Toutes sortes d'avenues sont possibles, comme l'étalement dans le temps par exemple, ou la formule facile des clauses de droits acquis («clauses grand-père»).

Bisbille autour des salaires

Il y a encore «quelques semaines» de discussions à venir. Du côté patronal, on souhaite avoir une entente pour la mi-novembre, semble-t-il. Relancé la semaine dernière, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a refusé de commenter les négociations en cours. Mais à l'époque où il était au Conseil du trésor, son intention était de toute évidence de ramener ces régimes de retraite au même niveau que celui des autres employés de l'État.

Au chapitre salarial, les agents de la Sûreté du Québec risquent un second électrochoc. Québec veut leur faire subir le même sort que celui de l'ensemble des autres employés. «Si c'est la cible, ça va aller mal», prévient-on du côté syndical. La dernière convention collective, conclue fin 2015, prévoyait un versement forfaitaire de 1% pour 2015, et des hausses de 1,5%, 1,75% et 2% pour les trois années suivantes.

On est loin des cibles établies par «le conseil de la solde», une formule adoptée par Québec il y a plusieurs années, qui vise à mettre en parallèle le salaire des policiers québécois et ceux de leurs confrères des autres provinces. Cette mécanique leur laissait entrevoir de bonnes augmentations de salaire, un scénario qui, manifestement, ne fait pas partie des plans au Conseil du trésor.

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