Québec solidaire veut relancer le débat sur la laïcité de l'État

La cochef du parti Québec solidaire, Françoise David.... (ARCHIVES PC)

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La cochef du parti Québec solidaire, Françoise David.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Québec solidaire (QS) veut imposer le débat sur la laïcité à l'Assemblée nationale, mais craint les excès des autres partis d'opposition.

Le parti de gauche a demandé lundi au gouvernement d'appeler son projet de loi 62, présenté il y a plus de 15 mois, mais toujours pas débattu en Chambre ou à l'étude en commission parlementaire.

Inquiété par les «dérapages» dans la course à la direction du Parti québécois, QS estime que la pièce législative du gouvernement est une «base de discussion acceptable», pour reprendre les mots de sa cochef, Françoise David.

En conférence de presse au terme du caucus du parti en vue de préparer la rentrée parlementaire de mardi, elle a reconnu que l'enjeu était «délicat et explosif», néanmoins il doit être discuté avec «calme et sérénité».

«Certains pourraient dire: "Enterrons le débat, n'en parlons plus". Non, parce que le débat est là, il y a tout le temps des braises, il s'agit juste d'un attentat quelque part, d'un incident en matière d'accommodement raisonnable pour qu'on s'aperçoive que le débat est re-soulevé, tant qu'à y être, faisons-le», a dit Mme David.

La députée de Gouin soutient que le projet de loi est «insuffisant par rapport à l'atteinte de la laïcité». Elle réclame notamment le remplacement de l'expression «neutralité religieuse de l'État» par le terme «laïcité».

QS veut aussi modifier le préambule et un article de la Charte des droits et libertés pour y inclure la laïcité de l'État. Le parti demande aussi le retrait du crucifix de l'Assemblée nationale et l'interdiction de la récitation d'un texte à caractère religieux par les instances élues comme les conseils municipaux ou au Parlement.

De même, les solidaires veulent interdire le port de signes religieux par les agents d'autorité et de coercition, juges, procureurs, policiers.

Toutefois, Françoise David craint que la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti québécois (CAQ) sombrent dans la surenchère dans ce débat.

«Je m'attends à ce que les autres oppositions veuillent aller beaucoup plus loin, mais dans quel sens? Aucune place aux personnes des minorités? Interdire les signes religieux très largement pour toutes les personnes travaillant de près ou de loin avec l'État? Ça, nous allons nous y objecter», a-t-elle dit.

Mme David en a profité pour faire la leçon aux candidats à la direction du PQ, qu'elle accuse de «dérapages» dans les derniers jours sur l'enjeu de la laïcité et du port du voile.

Quand on aspire à devenir chef de parti et premier ministre, on doit avoir un bon jugement, être sensible aux préoccupations de la population et avoir un grand sens des responsabilités, a-t-elle expliqué quand un journaliste lui a demandé son opinion sur les tiraillements au PQ.

«Lorsqu'on s'attaque à des débats difficiles, émotifs, voire explosifs, on doit redoubler de calme, de sérénité, de jugement et de sens des responsabilités», a-t-elle affirmé.

Économie

Par ailleurs, Québec solidaire (QS) entend remédier dans les prochains mois à son «talon d'Achille»: l'économie. La formation de gauche est actuellement en tournée dans les régions du Québec pour notamment étoffer ses propositions économiques.

«On parle d'économie surtout, on sait que c'est un petit peu notre talon d'Achille, parce qu'on s'est rendu compte, lors de notre bilan des élections de 2014, que plusieurs personnes nous trouvent formidables en matière de politiques sociales, mais ils se demandent s'ils sauraient gérer un État», a déclaré Mme David en matinée.

«Moi, je pense qu'ils ont tort», a-t-elle poursuivi, tout en ajoutant qu'il revient au parti de le démontrer en allant «sur le terrain» pour discuter économie avec la population.

Le parti dit rencontrer tous les acteurs économiques, que ce soit les chambres de commerce, les entrepreneurs, les agriculteurs, les marchands.

«Toute sortes de gens se rendent compte que oui, Québec solidaire est capable de discuter d'économie, on a plein d'idées là-dessus», a-t-elle dit.

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