Lisée ouvert à bannir le voile intégral

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Le candidat à la direction du Parti québécois, Jean-François Lisée

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(QUÉBEC) Jean-François Lisée s'est dit ouvert à interdire la burka et le niqab de l'espace public, jeudi. Il a du coup accentué la ligne de fracture qui l'oppose à ses adversaires de la course à la direction du Parti québécois sur la question identitaire.

L'aspirant-chef du PQ a réitéré son désir de mener une campagne incitative pour encourager les employés de l'État à ne pas porter des signes religieux. Mais il est allé plus loin en se disant ouvert à bannir le port du voile intégral en public.

« Si je suis premier ministre, mon premier devoir, c'est d'assurer la sécurité des Québécois et nous savons avec certitude que des gens recrutent chez nous et ils veulent tuer des Québécois », a-t-il déclaré.

« C'est une vraie question, a-t-il ajouté. On devrait se la poser avant que l'irréparable se produise plutôt qu'après. »

M. Lisée fait valoir que 10 pays européens ont légiféré contre le port du voile intégral. Selon lui, cette tenue vestimentaire pose un problème de sécurité, puisque les personnes qui le portent ne peuvent être reconnues par des témoins ou par des caméras de surveillance.

M. Lisée ne promet pas formellement d'emboîter le pas à ces pays. S'il devient premier ministre, il statuera sur la question avoir mené des consultations et recueilli des avis d'experts.

La proposition survient après deux jours de débats acrimonieux sur la question identitaire entre le député de Rosemont et le présumé meneur de la course, Alexandre Cloutier. M. Lisée a dénoncé la « timidité » de la position de son rival, qui a renoncé à interdire le port de signe religieux chez les enseignants et qui s'oppose à tout congédiement de fonctionnaire.

M. Cloutier accuse pour sa part M. Lisée de vouloir créer une « Charte 3.0 » qui entraînera la « division » et les « chicanes ».

Élections

La controversée charte des valeurs du gouvernement Marois ne devrait pas être agitée comme un épouvantail, selon M. Lisée. Il juge que la défaite électorale de 2014 a été causée par la crainte d'un référendum, et non par un rejet des politiques identitaires péquistes.

La charte a certes entraîné une « supermobilisation » des communautés culturelles, a convenu M. Lisée. Mais cela n'a affecté l'issue du vote que dans une poignée de circonscriptions à Montréal et à Laval.

« Il n'y a aucune donnée, aucune analyse factuelle qui peut indiquer que la question de la charte était liée à notre défaite, sauf dans trois circonscriptions », a-t-il souligné.

En novembre 2014, Jean-François Lisée tenait pourtant un tout autre discours. Avant d'abandonner sa candidature à la direction du PQ, il a mis les militants en garde contre la tentation de proposer de nouvelles règles régissant le port  de signes religieux par les employés de l'État.

« On a tellement braqué les gens. On a tellement divisé les gens. On a tellement mécontenté les communautés culturelles. On a tellement éloigné les jeunes », a-t-il déclaré au Devoir à l'époque.

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