Si élu, Lisée investirait un demi-milliard dans l'enseignement supérieur

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Le candidat à la direction du Parti québécois Jean-François Lisée a présenté à La Presse ses engagements en matière d'enseignement supérieur, hier, à la veille d'un débat avec ses adversaires à l'Université de Montréal.

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S'il est élu premier ministre, Jean-François Lisée investira un demi-milliard pour améliorer l'accès à l'enseignement supérieur, mieux financer la recherche et attirer davantage d'étudiants étrangers.

Le candidat à la direction du Parti québécois a présenté à La Presse ses engagements en matière d'enseignement supérieur, hier, à la veille d'un débat avec ses adversaires à l'Université de Montréal.

« Il faut être ambitieux, il faut avoir une vision, a résumé en entrevue le député de Rosemont. Moi, je ne suis pas seulement dans la réparation. »

Le candidat évalue ses engagements à environ 500 millions.

Sa promesse phare consiste à réformer l'aide financière aux études et à instaurer une « gratuité effective » pour les étudiants issus de la classe moyenne.

Il souhaite créer un crédit d'impôt par lequel un étudiant issu d'un ménage gagnant moins de 75 000 $ par année se fera rembourser la totalité de ses droits de scolarité. Dans le système actuel, les étudiants dont les parents ont un revenu combiné de moins de 52 000 $ peuvent obtenir des bourses qui couvrent la totalité de leurs frais.

Dans un éventuel deuxième mandat péquiste, la mesure serait élargie aux étudiants issus de familles gagnant 115 000 $ et moins par année.

« L'objectif de la gratuité, c'est de faire en sorte que des gens de milieux défavorisés ou qui n'ont pas de tradition universitaire puissent prendre l'ascenseur social qu'est l'université », indique M. Lisée. 

« Ça ne me dérange pas d'avoir un système dans lequel les gens les plus favorisés paient des frais de scolarité alors qu'ils ont déjà favorisé leurs enfants par leur statut social. »

- Jean-François Lisée

Alexandre Cloutier, le présumé favori dans la course à la direction du PQ, propose la même mesure.

M. Lisée souligne toutefois que c'est lui qui avait lancé l'idée de la « gratuité effective » lors du printemps érable de 2012. Blogueur à l'époque, il avait défendu le concept dans une lettre ouverte aux trois leaders étudiants et à la ministre de l'Éducation de l'époque, Line Beauchamp.

UN PÔLE POUR ÉTUDIANTS ÉTRANGERS

Jean-François Lisée souhaite mettre sur pied des incitatifs généreux pour attirer « plusieurs milliers » d'étudiants étrangers au Québec. À l'heure actuelle, un étudiant de Vancouver paie plus cher qu'un collègue de la France, et un Haïtien issu d'une famille modeste paie davantage que le fils d'un millionnaire sénégalais. Le député veut réformer ce système « brisé ».

Il souhaite aussi diminuer rétroactivement les droits de scolarité des étudiants qui s'installent au Québec après avoir obtenu leur diplôme. « La composition de notre immigration vient d'être modifiée positivement : des jeunes diplômés par nous - donc il n'y a aucun débat sur la qualité de leur diplôme - qui ont participé à notre vie économique et intellectuelle et qui s'installent chez nous et qui sont parfaitement intégrés, explique M. Lisée. On ne peut pas demander mieux. »

FIN DE LA « COURSE AUX EFFECTIFS »

M. Lisée souhaite mettre fin à la « course aux effectifs » que se livrent les universités québécoises. Il souhaite modifier leur financement de manière à ce que le nombre d'inscriptions ne soit pas le seul élément qui déterminera les sommes qu'elles reçoivent de l'État. « Ce n'est pas la peine d'essayer d'ouvrir sans raison de transmission du savoir des pavillons d'université à des endroits qui sont dans la zone d'autres universités, résume M. Lisée. Et c'est cette course aux étudiants qui est à certains égards contre-productive que je voudrais contrecarrer par une planification nationale du développement de l'accès à l'université. »

L'ancien chercheur propose également de réformer le financement de la recherche universitaire de manière à ce que les sommes soient accordées sur de plus longues périodes. Il souhaite ainsi relancer la Politique nationale de la recherche et de l'innovation dévoilée en 2013 par le gouvernement Marois. L'objectif est de rendre le financement de la recherche plus prévisible. « Une des choses indispensables si on veut faire de la recherche et du développement, c'est la stabilité du financement », résume M. Lisée.

***

RENCONTRE AVEC DES PARTISANS D'HIVON

À l'instar de ses rivaux, le candidat a rencontré hier les cinq députés qui appuyaient Véronique Hivon dans l'espoir de les convaincre d'adhérer à sa campagne. « Ils sont restés comme des sphinx à la fin, a relaté M. Lisée. Je n'ai aucune idée si j'ai eu une bonne ou une mauvaise note. » Pour les convaincre, il fait valoir qu'il soutient plusieurs éléments de la plateforme de Mme Hivon, qui s'est retirée de la course pour des raisons de santé. Il a publiquement approuvé ses propositions en matière de conciliation travail-famille et de justice. Il n'entend donc pas modifier sa plateforme pour séduire ses partisans, comme l'a récemment fait Martine Ouellet.

UN DÉBAT SANS « FEUX D'ARTIFICE »

Jean-François Lisée ne s'attend pas à ce que le premier débat de la campagne donne lieu à des échanges corsés. Il prévoit plutôt une « séance d'échauffement » qui portera principalement sur les engagements des candidats en matière d'éducation. « Je ne m'attends pas à des feux d'artifice [aujourd'hui], a-t-il confié. En tout cas, je n'ai pas de pétard dans mes poches. » Le débat, organisé par le Comité national des jeunes du Parti québécois, aura lieu à l'Université de Montréal.

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