Fusion imminente entre les Affaires municipales et la Sécurité publique

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Le ministre Martin Coiteux chapeaute en ce moment les ministères des Affaires municipales et de la Sécurité publique.

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Le mariage entre les Affaires municipales et la Sécurité publique sera bientôt consommé, selon ce qu'a appris La Presse Canadienne.

L'idée à la base du projet: procéder à une vaste réorganisation visant à mieux servir les citoyens sur tout le territoire québécois.

Le ministre Martin Coiteux, qui chapeaute les deux ministères, se dit prêt à vaincre, au besoin, toutes les résistances. Il planche présentement sur une proposition concrète de fusion à présenter au conseil des ministres incessamment.

Le ministre Coiteux a déjà élaboré un «modèle» de fusion, qui devra d'abord passer le test du conseil des ministres, puis des partenaires directement concernés, tant des milieux policiers que municipaux.

L'avenir de ces deux gros ministères est dans l'air depuis le remaniement du mois de janvier, alors que le premier ministre Philippe Couillard confiait à M. Coiteux le mandat d'examiner la possibilité et la pertinence de fondre ces deux entités administratives, pour assurer une meilleure efficacité. Il lui donnait six mois pour mener à terme sa réflexion.

Après avoir examiné la question sous tous ses angles, M. Coiteux en est donc venu à la conclusion suivante: oui, la création d'une sorte de «ministère de l'Intérieur», qui engloberait toutes les questions de sécurité, publique et civile, de même que les services offerts par les administrations locales, est souhaitable au Québec.

«Je pense que cela a beaucoup de bon sens», a fait valoir le ministre, jeudi, au cours d'un long entretien à ses bureaux du Vieux-Québec.

Surtout si le but dépasse la simple fusion de deux unités administratives. Il a insisté pour dire que cette transformation majeure devra avoir un impact véritable, qui changera les façons de faire, concrètement, sur le terrain, par une action gouvernementale «mieux intégrée». «C'est ça qu'on a derrière la tête», dit-il.

L'important, aux yeux du ministre, et peut-être le plus difficile, consistera à convaincre tous les acteurs des deux entités qu'ils devront désormais mener à bien «une mission commune».

Étonnamment, il soutient ne pas avoir rencontré jusqu'à maintenant beaucoup de résistance au changement. Les gens visés sont plutôt «en attente» de voir concrètement à quoi ressembleront les nouvelles orientations proposées, selon lui.

Et si jamais se soulève un vent d'opposition à son projet, M. Coiteux assure qu'il ne se laissera pas distraire pour autant. Il est bien résolu à aller de l'avant. Si elle survient, «cette résistance-là, il va falloir qu'on la vainque et on va la vaincre».

Ce projet ambitieux, M. Coiteux espère le mener à terme avant la fin du présent mandat, donc d'ici deux ans.

Il note qu'actuellement, souvent dans les mêmes platebandes, les deux ministères ont le défaut de fonctionner en silos, «avec chacun leur logique» et leur culture propre.

Au quotidien, cela donne ceci, quand un problème se présente: «Pourquoi je dois poser la question au ministère des Affaires municipales le matin, pour me faire dire une autre chose par le ministère de la Sécurité publique l'après-midi, pour m'apercevoir le lendemain qu'ils ne sont pas capables de travailler ensemble pour trouver une solution à mon problème. Il y a des cloisonnements qui ne servent pas les citoyens, et c'en est un qui est typique.»

«Il y a lieu, selon moi, plutôt que de faire travailler deux équipes de façon disparate avec des logiques différentes, de les faire travailler ensemble avec une mission commune», a ajouté le ministre, qui préfère parler de fusion «de missions», plutôt que d'une simple fusion administrative.

«On veut mieux faire les choses», résume-t-il, que ce soit dans les dossiers de sécurité publique, de financement des infrastructures municipales ou d'occupation du territoire.

Québec épargnera-t-il beaucoup d'argent en fondant ces deux ministères en un seul? Difficile à dire. Il n'y aura plus qu'un seul système informatique et un seul système de paye, ce qui pourrait engendrer des économies d'échelle. Le personnel sera aussi «redéployé» en fonction des nouveaux besoins.

Mais le but n'est pas d'économiser des fonds publics, assure-t-il. S'il y a des économies à faire, ce seront les villes qui en bénéficieront, selon lui.

Chose certaine, la fusion de deux gros ministères va aussi entraîner des coûts. Mais M. Coiteux refuse pour l'instant de les évaluer.

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