Québec veut revoir l'encadrement des pitbulls

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne

Contredisant son ministre de la Sécurité publique, le premier ministre Philippe Couillard a annoncé jeudi qu'il formera un groupe de travail pour déterminer ce qui doit être fait au sujet des chiens pitbulls.

Au lendemain de l'horrible décès d'une Montréalaise qui a été attaquée par un pitbull, M. Couillard a déclaré que le gouvernement québécois a un rôle à jouer.

«On s'attend à ce que les municipalités puissent le faire parce que ce sont elles qui sont les plus proches des citoyens et constatent les enjeux et sont capables de les contrôler de façon beaucoup plus efficace», a expliqué M. Couillard.

«Mais je ne pense pas que l'État du Québec puisse complètement se décharger de ses responsabilités sur les municipalités», a-t-il ajouté.

Pourtant, en matinée, le ministre de la Sécurité publique et des Affaires municipales, Martin Coiteux, avait affirmé que cette responsabilité d'interdire ou pas ce type de chien ne relève pas de Québec, mais plutôt des municipalités. Tout au plus disait-il qu'une «réflexion devait avoir lieu».

Interrogé par les journalistes, M. Coiteux avait martelé que les villes ont la capacité d'agir.

«Ce n'est pas en vertu des lois provinciales qu'on agit en la matière, avait-il ajouté. Aujourd'hui, c'est une responsabilité municipale.»

L'Ontario a pourtant adopté en 2005 une loi pour bannir cette race de chien.

Peu de temps après, M. Couillard a rectifié le tir alors qu'il présentait le bilan de son gouvernement, jeudi après-midi.

«On va former un groupe de travail avec tous les gens concernés, bien sûr avec le milieu municipal», a-t-il dit.

Il est envisageable d'imiter l'Ontario, a-t-il convenu. «On a le pouvoir de le faire», a-t-il dit, ajoutant aussitôt vouloir «essayer d'éviter ce genre d'action mur à mur».

«C'est horrible ce qu'on a vu là. Là, on parle de lois et de règlements, puis de façons de s'occuper de telles races de chiens, mais regardez ce qui est arrivé à cette dame. C'est épouvantable. Moi c'est vraiment quelque chose qui est venu me chercher profondément, alors on va traiter ça sérieusement», a fait valoir M. Couillard.

Le porte-parole du Parti Québécois en matière d'affaires municipales, Martin Ouellet, estime que le gouvernement du Québec doit agir.

«Le drame d'hier a laissé une perception forte dans l'opinion publique quant au réel danger de ce type d'animal dans les communautés. Aujourd'hui, le gouvernement ne peut se défiler et renvoyer la balle dans le camp des municipalités. La mort de cette dame est une mort de trop», a déclaré M. Ouellet dans un communiqué.

Pour la députée caquiste Sylvie D'Amours, l'annonce du groupe de travail est insuffisante, car le temps de la réflexion est fini, juge-t-elle.

«Moi, je pense qu'on est rendu au temps de légiférer. Ça fait longtemps qu'on en parle. Ça a pris un décès pour qu'on commence à se réveiller. Ça fait plus d'un an que j'en parle au ministre, et (mercredi) il est arrivé un grave accident, il y a mort de personne, et on est encore en train de dire: «On va discuter'», a-t-elle déploré.

De son côté, le président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) approuve la formation d'un groupe de travail.

«Si on veut de la cohérence entre les villes et Québec, il faut s'asseoir à la même table. Il faut traiter de cet enjeu-là ensemble», dit Bernard Sévigny.

Il ne souhaite pas forcément une solution provinciale et uniforme pour toutes les municipalités, précise-t-il, se disant ouvert à examiner diverses options. Il juge par contre important de recenser ce que les différentes villes du Québec font à ce sujet et d'examiner comment a fonctionné l'interdiction des pitbulls en Ontario.

Le voisin de la femme tuée dit être arrivé trop tard

Mercredi, une femme de 55 ans a été retrouvée morte dans une cour résidentielle dans l'arrondissement montréalais de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles.

Son voisin l'a vue couverte de sang, en train de se faire attaquer par un pitbull.

Farid Benzenati a immédiatement appelé la police, mais il croit qu'il était déjà trop tard pour la femme.

Il a raconté être rentré chez lui mercredi après-midi et avoir vu derrière sa clôture un chien jouer avec un «gros objet». Il a ensuite remarqué des cheveux, et a réalisé que c'était le corps d'une femme.

Il a crié le nom de sa voisine, mais elle ne répondait pas.

«Il était trop tard, a-t-il relaté. Je voyais le chien en train [...] de dévorer, d'attaquer encore.»

«C'est un drame», a dit l'homme, manifestement encore ébranlé.

Quand des membres du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) sont arrivés derrière la maison située sur la rue Edgar-Prairie, la bête rôdait toujours autour de la quinquagénaire et faisait preuve de beaucoup d'agressivité.

L'animal a été abattu par les policiers pour que les ambulanciers puissent s'approcher de la femme, dont le décès a rapidement été constaté sur place.

Des enquêteurs et des techniciens en identité judiciaire ont été dépêchés sur les lieux pour déterminer exactement ce qui s'est produit.

Le pitbull n'appartenait pas à la défunte. Son propriétaire a été identifié et rencontré par les policiers.

Jeudi, le policier Benoit Boisselle du SPVM a déclaré que les autorités attendaient les résultats de l'autopsie avant de décider s'ils allaient déposer des accusations pour la mort de la femme.

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