Comités des usagers: Gaétan Barrette demande des excuses à Diane Lamarre

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a demandé sans succès vendredi des excuses à la députée péquiste Diane Lamarre sur fond de bisbille entre les comités des usagers du système de santé.

Le ministre lui reproche d'avoir critiqué le Regroupement provincial des comités d'usagers (RPCU), l'organisme qui représente les patients du réseau. M. Barrette obtiendrait ainsi vengeance après avoir dû présenter ses excuses à Mme Lamarre en mars.

Au cours d'une interpellation en chambre vendredi matin, le ministre de la Santé a cité une lettre du regroupement dans laquelle l'organisme se plaint d'avoir été attaqué par la porte-parole péquiste en santé au cours d'une commission parlementaire.

La lettre datée du 13 mai et adressée à Diane Lamarre souligne que plusieurs usagers et comités ont déploré son attitude lors de la commission parlementaire sur le projet de 92, portant sur le renforcement des pouvoirs de la Régie de l'assurance maladie du Québec.

«Votre attitude et vos questions laissaient entendre que vous remettiez en question la légitimité de notre organisation et sa représentativité, peut-on lire. Ils soulignaient aussi que vous n'avez pas eu la même attitude avec d'autres témoins.»

Le ministre a lu de larges extraits de cette missive en chambre pour river le clou à son adversaire dans cette interpellation qui devait porter sur son bilan à la tête du ministère de la Santé après deux ans de mandat gouvernement libéral.

«Vous nous reprochez de ne pas nous être associés avec certains groupes qui appuient vos positions politiques et vos revendications, poursuit la lettre. Au contraire, le RPCU est fier de démontrer son indépendance. Le RPCU est un organisme suffisamment responsable pour ne pas entacher sa réputation en s'associant avec des partenaires peu crédibles ou peu représentatifs.»

Mme Lamarre, qui est députée de Taillon, a à son tour brandi des correspondances de comités locaux d'usagers qui se plaignaient de la représentativité du regroupement. Elle a affirmé que l'organisation est financée à 85 pour cent par le ministre.

«Il y a un malaise au sein de ce regroupement», a-t-elle dit, en citant une intervention du comité des usagers du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), celui du Centre hospitalier de l'Université de Montréal et celui des Laurentides.

Ces comités estiment que le RPCU ne les consulte pas assez et déplorent le manque d'appui du RPCU dans certains débats, comme les tarifs de stationnement ou la réforme du réseau de la santé, a expliqué Mme Lamarre.

«Cette insensibilité du RPCU vis-à-vis des opinions de ceux qui constituent ses adhérents a naturellement atteint son paroxysme dans tous les débats qui entourent la réforme Barrette, particulièrement le projet de loi 10», peut-on lire dans une lettre du comité des usagers du CUSM rapportée par la porte-parole péquiste en santé.

«Au lieu de nous écouter et d'observer une distance critique devant ce projet, le RPCU a rapidement adopté une attitude approbatrice. Lamentablement, il s'est plu à blâmer certains comités qui cherchaient tout naturellement à défendre les principes démocratiques de la participation citoyenne et à défendre les droits des usagers.»

Le ministre de la Santé a accusé Mme Lamarre de «dénigrer» le RPCU et de faire de «l'ingérence» dans les affaires internes de l'organisation au profit d'un sous-groupe. À plusieurs reprises il a demandé des excuses à la députée, en vain. La députée l'a plutôt accusée de faire diversion.

«Cela fait partie de son bilan de refuser systématiquement d'apporter un éclairage. C'est un jeu qu'il joue, une stratégie qu'il utilise.»

Pour sa part, l'organisme a indiqué qu'il n'exigeait pas des excuses de la députée, mais une rencontre pour s'expliquer. Dans une entrevue avec La Presse Canadienne, le directeur général du RPCU, Pierre Blain, a affirmé qu'il avait été «outré» par l'attitude de Mme Lamarre, que sa lettre était «raide», mais qu'elle «disait ce qu'elle avait à dire».

Il s'est défendu d'être à la solde du ministère ou d'être dépendant de son financement. «Jamais de la vie», a-t-il rétorqué, en faisant observer que son organisation avait régulièrement critiqué le travail du ministre.

C'est en quelque sorte un match revanche pour le ministre de la Santé, qui avait dû présenter ses excuses à la députée de Taillon en mars. Il l'avait accusée d'avoir cautionné un stratagème mis en oeuvre par des pharmaciens aux dépens de la population à l'époque où elle dirigeait leur ordre professionnel. Il avait par la suite admis que ses propos avaient dépassé les bornes.

Mme Lamarre avait déjà demandé l'intervention du premier ministre Philippe Couillard pour rappeler à l'ordre son ministre. Elle avait dit subir sans broncher, depuis deux ans, les attaques personnelles répétées de M. Barrette, ses remarques blessantes, propos mensongers, insultes, atteintes à son intégrité et à sa réputation, presque quotidiennement, en commission parlementaire, durant la période de questions ou dans les points de presse du ministre.

Même ses collègues des autres partis de l'opposition l'avaient appuyée dans sa démarche.

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