Registre des armes à feu: des divisions au PLQ

Le Parti libéral du Québec est divisé sur le registre des armes à feu: une... (Archives La Presse Canadienne)

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
DRUMMONDVILLE

Le Parti libéral du Québec est divisé sur le registre des armes à feu: une résolution contre le projet de registre a été battue de justesse au conseil général du PLQ à Drummondville, samedi.

Selon un des meneurs de l'opposition au registre, c'est signe que les «mentalités ont évolué» et qu'«on commence à comprendre les choses». Des réflexions devront être tenues au conseil des ministres, à son avis.

La résolution demandait que le gouvernement renonce à son projet de loi actuellement à l'étude, considérant que «le rapport coût/bénéfice d'un registre des armes à feu n'a pas été démontré» et que «l'impossibilité de mettre sur pied des systèmes informatiques efficaces à coût raisonnable a été démontrée dans d'autres domaines».

Plusieurs militants sont montés au front pendant la plénière pour dénoncer les coûts éventuels du registre ou encore un contrôle qui ne servirait à rien, selon eux.

«Je ne pense pas qu'on est comme les Américains et je n'aimerais pas qu'on gaspille de l'argent inutilement, a déclaré Marie-Chantel Hamel. Comment on peut justifier de mettre autant d'argent pour un registre?»

«On sait très bien qu'il n'y aura pas davantage de contrôle, comme pour la drogue et la cigarette, c'est interdit, mais tout le monde peut en avoir», a déclaré un autre militant opposé au registre.

«Le registre paraît pas mal absurde, déjà qu'il y a eu un échec lamentable du fédéral, a lancé Danny Boutin. En région, la majorité des gens, oui, possède une arme.»

Le libéral Gilles Gagnon, qui a défendu la résolution, s'est réjoui du résultat serré, même si elle a été battue.

«On a évolué dans nos mentalités. À partir du moment qu'on commence à apprendre davantage la situation, on finit par dire: est-ce que c'est vraiment la solution d'investir autant d'argent pour prévenir quelque chose qu'on ne peut prévenir?»

Il préconise plutôt des investissements en santé mentale et une meilleure formation des porteurs d'armes.

Le ministre de la Sécurité publique, Matin Coiteux, a formulé un commentaire après ce vote serré. Il a pris acte des inquiétudes des militants, mais a souligné qu'ils s'étaient ralliés à la fin.

«Nous avons toujours su que le projet de loi pouvait soulever des préoccupations auprès de la population et ce, même chez les membres, a-t-il fait savoir par la voix de son attachée de presse. Mais à la fin de la journée, les membres ont battu la résolution et ils se sont prononcés en faveur du projet de loi.»

Le projet de loi du gouvernement Couillard vise à remplacer le registre des armes d'épaule aboli par le précédent gouvernement fédéral conservateur de Stephen Harper.

En vertu de ce projet de loi, toute arme à feu sur le territoire du Québec doit être immatriculée avec un numéro unique et inscrite à un fichier. Toute transaction concernant l'arme immatriculée doit être signalée.

Les autorités pourront saisir l'arme en cas d'infraction. Les entreprises d'armes à feu devront aussi établir et mettre à jour un tableau de suivi des opérations relatives aux armes à feu en leur possession.

Le projet de loi prévoit également des sanctions pour les contrevenants, jusqu'à 5000 $ pour un particulier et jusqu'à 15 000 $ pour les autres cas.

Le gouvernement Couillard a déjà fait savoir qu'il imposera la ligne de parti pour l'adoption de ce projet de loi. L'opposition officielle compte aussi l'appuyer, même si des députés ont exprimé leurs réticences.

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