Uber divise les libéraux réunis en conseil général à Drummondville

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Les jeunes libéraux ont déposé une résolution qui demande au gouvernement de «collaborer avec les principaux joueurs de l'économie du partage pour rechercher des solutions législatives et réglementaires visant à encadrer et à permettre ces nouvelles pratiques», dont fait partie Uber.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
DRUMMONDVILLE, Qc

Alors que le premier ministre Philippe Couillard appelle à «ouvrir les débats», les jeunes libéraux contestent le projet de loi concernant Uber en accusant le gouvernement de se fermer à l'innovation.

Le dossier Uber divise le conseil général du Parti libéral qui s'est ouvert vendredi soir à Drummondville. Les jeunes libéraux disent avoir l'appui de plusieurs militants contre ce projet de loi, déposé jeudi pour encadrer le service de transport illégal.

Le président de la Commission jeunesse du Parti libéral, Jonathan Marleau, demande de récrire le projet de loi pour laisser place à «l'économie de partage» et à une «saine compétition».

«Le projet de loi ne fait pas notre affaire, a-t-il déclaré en point de presse avant l'ouverture du conseil vendredi soir. Notre rôle, à la Commission jeunesse, c'est de le dire. On va rencontrer le ministre (Jacques Daoust) et lui proposer des solutions.»

Il a laissé entendre que le projet de loi ne respecte pas les valeurs libérales, qu'il n'a pas besoin de les respecter toutes, mais qu'il pourrait mieux y correspondre, et il veut en convaincre le ministre des Transports.

M. Marleau a affirmé qu'il ne s'agit pas de divisions mais de divergences d'opinion, puisqu'un parti n'est pas un «club de lecture» après tout.

Les jeunes libéraux ont donc déposé une résolution qui demande au gouvernement de «collaborer avec les principaux joueurs de l'économie du partage pour rechercher des solutions législatives et réglementaires visant à encadrer et à permettre ces nouvelles pratiques». Elle devrait être débattue samedi.

Pour sa part, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a dit qu'il était «très ouvert» au débat sur cette question. Cependant, selon lui, ce projet de loi respecte les valeurs libérales, puisqu'il fait preuve d'équité, et la justice sociale est une valeur libérale, à son avis.

M. Barrette a assuré que le caucus et l'ensemble du conseil des ministres endossaient le projet de loi 100.

Dans un long discours aux militants et élus, le premier ministre a lancé un message: «Moi je veux qu'on ouvre les débats, que les portes soient ouvertes. Ne craignons pas les différences d'opinion. C'est ça un parti politique.»

Il a toutefois précisé que les débats doivent être «suivis d'un ralliement».

Avec le projet de loi 100, le gouvernement propose désormais d'obliger tous les chauffeurs à avoir un permis de conduire de classe 4C, spécifiquement réservé au taxi, qui nécessitera une vérification de leurs antécédents judiciaires et une formation en service à la clientèle.

Toutes les voitures qui servent à des activités de taxi devront avoir une plaque d'immatriculation désignée comportant la lettre «T».

Les chauffeurs d'Uber, qui à titre de travailleurs autonomes étaient exemptés d'une portion de la perception des taxes de ventes, devront acquitter les montants de TPS et TVQ relatifs à leurs activités, au même titre que les autres.

M. Daoust a estimé que l'État perdait approximativement 20 millions $ par année en taxes et impôts à cause du modèle d'affaires d'Uber.

La priorité à l'éducation

Même si le titre de ce conseil général est «La voix des régions, la force du Québec», il est censé porter sur le thème de l'éducation.

Le premier ministre a réitéré dans son discours qu'il fait maintenant de l'éducation sa priorité, après des années de difficiles compressions. Il a rappelé qu'il avait été ministre de la Santé, mais que c'est en éducation qu'il veut aussi laisser sa marque.

«Ce qui va assurer notre avenir, ce qui est notre véritable projet commun, c'est l'éducation. Soyons encore le parti de l'éducation, le gouvernement de l'éducation, moi je veux être le premier ministre de l'éducation et amener la jeunesse vers l'avenir.»

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, et la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, s'adresseront aux militants samedi en fin d'après-midi.

Le gouvernement a déjà fait savoir qu'il voulait implanter la maternelle à quatre ans et imposer l'école obligatoire jusqu'à 18 ans, deux propositions avancées par la Coalition avenir Québec (CAQ).

Il renonce par ailleurs à abolir les élections scolaires comme le prévoyait le projet de loi 86, qui a soulevé un vent d'opposition.

Une résolution figure au programme du conseil général afin de prévoir la tenue d'élections municipales et scolaires en 2017. Une autre propose le retour des cours d'économie dans les écoles.

Plusieurs autres résolutions seront débattues concernant bon nombre d'enjeux. L'une d'elles provenant de la circonscription de Johnson recommande au gouvernement de renoncer à son projet de registre des armes à feu.

Une autre recommande de restaurer le crédit d'impôt au financement politique et de hausser le plafond de financement fixé à 100 $, un sujet délicat au Parti libéral.

En terminant, Philippe Couillard a rappelé aux militants libéraux un grand rendez-vous qui se pointe déjà dans deux ans, les élections de 2018, pour lesquelles ils doivent élaborer un programme qui doit «montrer le chemin» aux électeurs.

«Il faut se mettre dans l'idée qu'il faut commencer à travailler en direction de 2018, avec le même esprit de participation, la même consultation, le même accueil aux idées, de façon à avoir un programme électoral au moins aussi enthousiasmant en 2018 qu'en 2014. (...) Les Québécois vont nous réélire parce qu'on va leur montrer le chemin pour les quatre prochaines années.»

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