Québec veut éviter la vente de Couche-Tard

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Le gouvernement Couillard veut agir pour éviter que Couche-Tard, «fleuron québécois», ne soit vendu, a dit le ministre des Finances, Carlos Leitao, à la sortie d'une réunion du caucus libéral mercredi.

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(Québec) Le gouvernement Couillard offre son aide au PDG de Couche-Tard, Alain Bouchard, pour éviter la vente de ce «fleuron québécois».

En entrevue à La Presse, M. Bouchard a évoqué la possibilité de vendre Couche-Tard si les actionnaires ne revoient pas leur position et que la société perd effectivement en 2021 ses actions à droit de vote multiple, qui la protègent contre les offres d'achat. 

Ces titres à 10 votes par action deviendront des actions ordinaires à un seul vote dans un peu plus de cinq ans, comme le prévoit une clause signée par les fondateurs en 1995. Alain Bouchard a tenté sans succès jusqu'ici de maintenir les actions à droit de vote multiple lors de l'assemblée des actionnaires. Il en détient lui-même 38,94 %. Les actionnaires de Toronto sont responsables du blocage, selon M. Bouchard.

«C'est quelque chose qui nous interpelle hautement parce que Couche-Tard est une très grande entreprise, un fleuron québécois», a réagi le ministre des Finances, Carlos Leitao, à la sortie d'une réunion du caucus libéral mercredi.

«En tant que gouvernement, nous suivons la situation de très près et si l'actionnaire de contrôle de l'entreprise a besoin d'une aide, quelle qu'elle soit, de la part du gouvernement, nous sommes prêts à travailler avec lui.» Son objectif est «bien sûr» la protection de ce siège social québécois.

Pour la ministre de l'Économie, la sortie de M. Bouchard démontre à quel point les actions à droit de vote multiple sont «essentielles» pour «garder les fleurons québécois». «C'est évident que (Couche-Tard) fait partie de ceux que nous voulons conserver ici. C'est évident que nous voulons nous assurer qu'il y ait un accompagnement auprès de l'entreprise qui soit faite. (...) Quand on parle d'accompagnement, c'est de voir de quelle manière on est capable de conserver ça (les actions à droit de vote multiple) et de trouver des formules qui nous permettent de garder le leadership au niveau québécois. Maintenant, il faut s'asseoir avec les joueurs pour prendre les bonnes décisions.»

Elle n'a pas précisé la forme que prendrait «l'accompagnement». «Il va falloir qu'on s'assoie avec les dirigeants des entreprises pour discuter avec eux. C'est ce que nous voulons faire. C'est ce que nous avons fait dans le cas de St-Hubert, et c'est ce que nous voulons continuer à faire avec les autres entreprises». St-Hubert a été vendu au groupe ontarien Cara. La Caisse de dépôt avait déposé une offre, tout comme le groupe québécois MTY.

Pour le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, il reste encore suffisamment de temps, cinq ans, pour «prendre les mesures nécessaires» afin de maintenir le siège social de Couche-Tard au Québec. «Encore faudrait-il que le gouvernement, qui, théoriquement, devrait être au pouvoir jusqu'en 2018, comprenne les tenants et aboutissants du marché financier», a-t-il lancé. Il a accusé le gouvernement d'avoir «relégué aux oubliettes» la politique de maintien des sièges sociaux déposée par le gouvernement Marois.

Des moyens pour préserver Couche-Tard existent, a insisté M. Péladeau. «Ce n'est pas sorcier, ça existe partout dans le régime capitaliste. Il y a la théorie des noyaux durs, il y a des conventions d'actionnaires, il y a des institutions qui existent, qui font en sorte que, si vous partagez le capital à plusieurs, avec un pacte pour maintenir les activités économiques, tous ces éléments-là existent. Malheureusement, le chef du Parti libéral du Québec ne les connaît pas. Ce n'est pas parce qu'il a siégé sur Amorfix, ce n'est pas parce qu'il a siégé sur Canadian Royalties qu'il est capable de comprendre comment fonctionnent les marchés financiers. (...) Oui, il y a des moyens, justement, par pacte d'actionnaires, qui fait en sorte de protéger la base qui va maintenir un contrôle. Pas un contrôle absolu, c'est-à-dire 50 % plus une action, mais un contrôle de fait, avec une position suffisamment importante au sein du capital pour maintenir le pouvoir décisionnaire auprès des gens qui, justement, vont avoir un intérêt capitalistique important.»

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