Affaire Hamad: feu nourri à l'Assemblée nationale

La controverse entourant Sam Hamad a monopolisé la... (PHOTO LA PRESSE CANADIENNE)

Agrandir

La controverse entourant Sam Hamad a monopolisé la période de questions à l'Assemblée nationale, mardi. Au-delà des gestes du ministre suspendu, les partis de l'opposition ont tiré à boulets rouges sur le premier ministre Philippe Couillard.

PHOTO LA PRESSE CANADIENNE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Prévenu, le premier ministre Couillard ne s'est pas opposé à la décision du ministre suspendu Sam Hamad de s'absenter quelques jours au moment où, au Québec, une controverse faisait rage sur son rôle dans le dossier de subventions piloté par Marc-Yvan Côté.

Philippe Couillard a indiqué qu'il n'avait pas donné le feu vert à M. Hamad pour qu'il parte en Floride. «Ce n'est pas qu'on l'a laissé partir, il nous a avisés qu'il partait, tout simplement», a-t-il affirmé en point de presse, mardi. Mais selon les informations obtenues par La Presse, tout ministre qui songe à sortir du Québec doit systématiquement aviser le bureau du premier ministre, et Sam Hamad s'y est conformé.

C'est d'un commun accord que Sam Hamad et le chef de cabinet de Philippe Couillard, Jean-Louis Dufresne, ont convenu qu'il fallait mettre rapidement un terme à cette absence; il rentrera donc jeudi et se présentera à l'Assemblée nationale. Traqué par les caméras de médias locaux, M. Hamad ne trouverait de toute façon plus de répit à son condo de Naples. Son retour est une bonne décision pour Philippe Couillard. 

La controverse autour du rôle de Sam Hamad a monopolisé mardi toute la période quotidienne des questions à l'Assemblée nationale. Au-delà des gestes du ministre suspendu, les oppositions péquiste et caquiste ont pointé leurs canons vers Philippe Couillard, remis en question son leadership. Pas d'échanges houleux dans cette assemblée où on interdit désormais les applaudissements, mais l'opposition a talonné M. Couillard.

Le chef libéral a rendu hommage à son ministre sur la touche. «Il a été dans notre équipe de gouvernement depuis les premiers jours, et je n'ai rien vu d'autre qu'un dévouement exemplaire à sa tâche, à partir du moment où il a été ministre du Travail jusqu'au dernier jour où il occupait les responsabilités au Conseil du trésor. Il a pris la décision qui, à mon avis, était sage et justifiée, de se retirer de ses responsabilités pendant la durée de l'enquête du commissaire à l'éthique», a souligné M. Couillard.

Photo de Péladeau

Mais la période des questions a été éprouvante pour le gouvernement. «Pourquoi avoir laissé partir le député de Louis-Hébert en Floride alors qu'il devrait être ici, devant le commissaire au lobbyisme, devant le commissaire à l'éthique, devant le directeur général des élections et également, éventuellement, devant l'UPAC?», a lancé à Philippe Couillard le chef péquiste Pierre Karl Péladeau.

Sam Hamad... (PHOTO PC) - image 2.0

Agrandir

Sam Hamad

PHOTO PC

«On n'a trouvé aucun autre cas d'un ministre suspendu qui garde son salaire de ministre, puis sa limousine, puis ses privilèges, aucun autre cas dans notre histoire parlementaire. C'est un précédent dangereux que le premier ministre vient de créer, dangereux pour la démocratie, aux frais des contribuables», a affirmé le péquiste Bernard Drainville, pour qui «cette affaire n'est plus seulement l'affaire du député de Louis-Hébert, c'est l'affaire du premier ministre du Québec».

Et Agnès Maltais de renchérir: «Alors qu'il a zéro responsabilité ministérielle, le premier ministre lui conserve, en plus de son salaire de député, son bonus de 68 800 $, chauffeur inclus. Alors ce n'est pas lui qui va payer son gaz, qui va faire changer ses pneus d'hiver, le pauvre homme, ce sera aux frais des contribuables.» 

Pour le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, il est évident que Sam Hamad a manqué de jugement en entretenant des relations avec Marc-Yvan Côté, dont la réputation avait déjà été écorchée à l'époque du scandale des commandites. Des contacts ont eu lieu entre les deux hommes. «On ne peut pas avoir de meilleure preuve, là, le député de Louis-Hébert a admis. Le premier ministre a une responsabilité! C'est beau être intelligent, mais c'est différent d'avoir du jugement. Le premier ministre peut-il dire aux Québécois s'il considère que le député de Louis-Hébert a manqué de jugement, oui ou non?» «On attendait un geste fort du chef du gouvernement, on a eu un geste faible du chef du Parti libéral», a lancé le caquiste Éric Caire.

Mardi, Philippe Couillard a voulu prendre ses distances de ce qui avait pu se passer au PLQ avant son arrivée aux commandes. «J'assume bien sûr toute la glorieuse histoire de notre parti», mais «ma responsabilité effective personnelle commence à partir du moment où j'ai été désigné, par les militants, chef du parti en mars 2013». En point de presse, plus tôt, il avait mis au défi les journalistes de trouver des entorses à l'éthique après son arrivée à la barre du PLQ. «Moi, je prends la responsabilité du parti à partir de ma nomination comme chef, en mars 2013.»

Des liens «imprudents»

Selon le leader parlementaire adjoint du gouvernement, Gerry Sklavounos, le fait de maintenir des liens avec M. Côté était «peut-être quelque chose d'imprudent» de la part de Sam Hamad, surtout après le scandale des commandites et le bannissement à vie de M. Côté du Parti libéral du Canada. Certes, M. Côté est «une personne qui a contribué beaucoup à la politique québécoise», mais «peut-être qu'on aurait pu être plus prudent, on aurait pu garder une distance plus appropriée», a résumé M. Sklavounos. Dans les rangs libéraux, on s'inquiète devant une controverse qui occulte les gestes du gouvernement. «Je trouve malheureux que toute l'attention soit portée sur le passé», a dit le ministre de la Santé Gaétan Barrette. Son annonce, lundi, d'un nouvel hôpital - un investissement de 800 millions - était passée sous le radar.

Le ministre des Transports Jacques Daoust, qui était à la tête d'Investissement Québec au moment de l'octroi de l'aide financière à Premier Tech en 2012, a soutenu qu'il n'avait subi «en aucune façon» de pressions du gouvernement. «Ce qui est la clé dans tout ça, c'est que la recommandation d'Investissement Québec est celle qui a été entérinée par décret par le Conseil des ministres», a-t-il ajouté.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer