Les étudiants péquistes disent avoir rencontré Le Pen à leur propre initiative

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La leader française d'extrême droite Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse à Québec.

PC, Jacques Boissinot

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(Québec) Les quatre jeunes membres du Parti québécois qui ont rencontré la leader d'extrême droite Marine Le Pen disent avoir agi à leur « initiative personnelle » et non à titre d'émissaires du parti de Pierre Karl Péladeau.

Alexandre Cormier-Denis, Karl Payant, Philippe Plamondon et Étienne Turgeon Pelletier ont publié une lettre ouverte, lundi matin, pour commenter leur entretien avec la chef du Front national. Une démarche dont le chef péquiste Pierre Karl Péladeau s'est dissocié vigoureusement en fin de semaine.

« C'est à notre initiative personnelle, en tant qu'universitaires et citoyens, que nous avons sollicité une rencontre avec madame Le Pen et sa délégation », ont-ils écrit dans une lettre ouverte parue lundi sur le site Vigile.

« À notre plus grande surprise, cette rencontre nous fut accordée et c'est avec enthousiasme que nous nous y sommes présentés, ont-ils ajouté. Ainsi, nous n'avons jamais prétendu parler au nom du PQ ou de tout autre groupe de la société civile. »

Mais les quatre étudiants ne s'excusent guère de leur démarche, même s'ils ont forcé M. Péladeau à s'en dissocier publiquement sur sa page Facebook en fin de semaine.

Ils soulignent que le FN a recueilli plus de 6 millions de votes aux élections régionales l'an dernier. Quant à Mme Le Pen, ils soulignent qu'elle a « de fortes chances » d'accéder au deuxième tour de l'élection présidentielle l'an prochain.

Ils lancent également une pointe à la classe médiatique et politique québécoise, alors que les chefs de tous les principaux partis ont boycotté Mme Le Pen.

« L'hystérie médiatique que provoque sa visite témoigne du profond malaise québécois à débattre de phénomènes qui touchent l'immigration, la mondialisation et l'avenir des États-Nations », écrivent les étudiants.

Des « affinités » à expliquer, selon le PLQ

Dans une entrevue à La Presse, samedi, Marine Le Pen a affirmé avoir « des affinités » avec le Parti québécois. Elle a également lancé des fleurs à M. Péladeau, qu'elle juge capable de donner un « nouveau souffle » au mouvement souverainiste.

Sur Facebook, samedi, M. Péladeau s'est dit « choqué » que des membres de son parti aient rencontré Mme Le Pen.

« Au nom du Parti Québécois, je tiens à dissocier formellement notre formation politique et ses instances de toute activité ou rencontre, issue d'initiative personnelle, avec des représentants de ce parti dont l'histoire, la doctrine et les propositions sont aux antipodes des valeurs du Parti Québécois. »

Mais cette sortie ne suffit pas aux yeux des libéraux. Au bureau du premier ministre Couillard, le directeur des relations médias, Charles Robert, somme le chef péquiste de clarifier ses commentaires.

« Il appartient à Pierre Karl Péladeau et au PQ d'expliquer pourquoi madame Le Pen estime qu'il y a des similitudes entre les positions du PQ et celles du FN, a-t-il indiqué. Il appartient aussi à Pierre Karl Péladeau d'expliquer pourquoi Marine Le Pen est "bien sûr en accord" avec la Charte des Valeurs du PQ et pourquoi elle l'a jugé conforme aux politiques du Front National en matière de laïcité et d'immigration. »

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