Le père d'une fugueuse interpelle le gouvernement

Éric Hauptman est le père d'une adolescente de... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Éric Hauptman est le père d'une adolescente de 16 ans qui a fugué du centre jeunesse de Laval.

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(Québec) Le père d'une adolescente qui a fugué du centre jeunesse de Laval s'est déplacé au parlement à Québec mercredi pour demander au gouvernement de resserrer au plus vite l'encadrement des jeunes hébergés.

Éric Hauptman est le père d'une adolescente de 16 ans qui avait été retrouvée à Toronto après plus d'une semaine de recherche, en février. Elle aurait été sous l'emprise de gangs de rue. « J'ai passé à un poil de perdre ma fille à tout jamais. Ça fait que je suis ici aujourd'hui pour me battre, puis demander au gouvernement, c'est un cri du coeur, qu'il y ait des changements qui se produisent immédiatement », a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse mercredi.

Accompagné de trois députés de la Coalition avenir Québec, il s'est dit « déçu »  du rapport du vérificateur André Lebon, mandaté pour faire la lumière sur les fugues au centre jeunesse de Laval. « Pour moi, c'est un show de télé, un coup de vent, il n'y a rien qui est concret dans ce rapport-là. Nous, on aurait aimé voir des actions concrètes, des choses qui soient mises en place immédiatement pour sauver nos enfants », a-t-il dit.

À titre d'exemple, il veut que le gouvernement instaure des « mécanismes de sécurité » plus importants dans les centres jeunesse. Les portes doivent être verrouillées, selon lui. « Quand je dis des portes barrées, je ne veux pas transformer le centre jeunesse en une prison. Je comprends qu'il y a des filles qui doivent aller à l'école, elles ont des activités, des choses comme ça. Tout ce que je demande, c'est qu'il y ait des mesures contrôlées, que les portes soient barrées et qu'on mette un mécanisme pour assurer qu'il y ait quelqu'un pour surveiller les allées et venues de nos jeunes », a-t-il dit. Sa fille avait profité d'une sortie pour fuguer.

Éric Hauptman a également déploré l'accès difficile aux services de psychologues ou de psychiatres dans les centres jeunesse. « Ce n'est pas normal, dans une société, que nos enfants qui sont dans les centres jeunesse n'aient pas les soins adéquats immédiatement », a-t-il dit.

Le triage pose également problème dans les centres jeunesse selon lui. « Il faut s'assurer que, quand les enfants arrivent au centre jeunesse, il y ait une évaluation qui soit faite et qu'on détermine dans quelle unité on va les mettre. Par exemple, si ta fille a un problème de comportement, il ne faut pas la mettre avec des réseaux de prostitution, des prostituées, parce qu'il y a certaines filles là-dedans qui sont des proxénètes », a-t-il expliqué.

Pour M. Hauptman, le gouvernement tarde à agir. « Il faut arrêter de dire qu'on va se pencher, puis qu'on va réfléchir, puis qu'on va changer nos façons de faire, c'est que ça a été dit dans le rapport. Moi, je m'aurais [sic] attendu que la ministre nous arrive avec un plan d'action concret », a-t-il dit.

Pour la députée caquiste Nathalie Roy, la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, « s'est cachée derrière le fait que ce rapport dit que les protocoles ont été suivis, que les protocoles ont été respectés. Mais la résultante, c'est qu'il y a toujours un nombre effarent de jeunes filles qui fuguent. [...] Que le protocole ait été suivi, c'est une chose, mais quand le résultat n'est pas bon, peut-être qu'il faut changer le protocole », a-t-elle plaidé.

Elle veut que le premier ministre Philippe Couillard retire le dossier des centres jeunesse des mains de Mme Charlebois pour le confier à Martin Coiteux, de la Sécurité publique. « M. Coiteux serait pour nous l'homme de la situation parce que Mme Charlebois, visiblement, n'a pas la confiance des parents. On n'arrive pas à des solutions concrètes pour protéger ces filles-là. [...] On est rendu à un niveau où la sécurité publique doit faire plus attention à nos jeunes filles. Les policiers doivent avoir les moyens d'intervenir », a expliqué Mme Roy.

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