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Deux millions par année pour des fonctionnaires «prêtés»

Le Conseil exécutif paie 2 millions par année... (PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le Conseil exécutif paie 2 millions par année en salaires pour des hauts fonctionnaires qui sont «prêtés» à d'autres organismes.

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(Québec) Chaque année, le Conseil exécutif, l'équivalent du ministère du premier ministre, paie 2 millions en salaires pour des hauts fonctionnaires dont il n'a plus besoin, qui sont par conséquent «prêtés» à d'autres organismes tout en conservant leur sécurité d'emploi dans la fonction publique.

Ces employés du Conseil exécutif ne sont que la pointe d'un iceberg. Des ministères et bon nombre d'organismes publics prêtent aussi des cadres supérieurs dont ils ne savent que faire, souvent à cause de leur affiliation politique.

La Presse a obtenu, en vertu de la Loi sur l'accès à l'information gouvernementale, la liste d'une dizaine de ces mandarins, gagnant tous largement plus de 100 000 $ par année. Le mieux payé est un fonctionnaire de carrière issu des Finances, Mario Albert, ancien patron de l'Autorité des marchés financiers qui avait accepté la direction d'Investissement Québec. Délogé par les libéraux, il reste sur la liste de paye du Conseil exécutif, à 268 000 $ par année. On le «prête» comme directeur général de Finance Montréal depuis avril 2015.

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Mario Albert

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Hubert Bolduc avait été choisi comme responsable des communications gouvernementales sous Pauline Marois. Le gouvernement Couillard lui a préféré Christian Lessard, un collaborateur de Jean Charest. Bolduc a conservé son salaire de 211 000 $ d'abord pour un poste de cadre à Investissement Québec, puis plus récemment pour remplacer Dominique Anglade à la tête de Montréal International.

L'ex-journaliste Dominique Poirier continue aussi d'être payée par le gouvernement du Québec. Elle avait été nommée par Pauline Marois à la délégation du Québec à New York après le passage d'André Boisclair. Remplacée par les libéraux, elle est prêtée à la Ville de Montréal où elle s'occupe des relations internationales, à 180 000 $ par année.

Issu du cabinet de Pauline Marois, Patrick Lahaie était passé en coup de vent à la Financière agricole, après l'arrivée du PLQ. Il a atterri comme directeur du cabinet du recteur de l'Université du Québec à Trois-Rivières à 132 000 $ par année.

Gaétan Desrosiers était sous-ministre à Montréal à l'époque de Louise Harel. Après un long séjour à la Régie des installations olympiques, on le retrouve depuis 2008 comme «conseiller spécial à la direction générale de l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec» à 156 000 $ par année, toujours payés par le Conseil exécutif.

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Dominique Poirier

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Une autre «mandarin», libérale celle-là, se retrouve au même organisme. France Dionne, ex-députée, parente avec la femme de Jean Charest, est depuis quatre mois «chargée de mission» à l'Institut de tourisme. Elle était auparavant prêtée à la Ville de Québec, toujours au même salaire, 147 000 $ par année.

«Mme Post-it»

Chantal Landry, l'employée du cabinet de Jean Charest qui indiquait par ses autocollants les curriculums des avocats qui méritaient une nomination de juge, est retournée dans sa région, Rimouski. Elle est conseillère en gestion à l'Agence de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent. Le Conseil exécutif paie toujours son salaire de 156 000 $ par année.

Sous-ministre à l'époque de Robert Bourassa, Denis Ricard est toujours en prêt de service depuis des années. Depuis six ans, il est secrétaire général de l'Organisation des villes du patrimoine mondial, à 156 000 $ par année.

Jean-Pierre Bastien est depuis 2011 «directeur adjoint des programmes au Collège des administrateurs des sociétés», une excroissance de l'Université Laval. Il gagne 156 000 $ par année, tout comme Georges Archambault, président de l'Institut de recherche en agro-environnement.

Alain Proulx, un ancien du ministère du Développement économique, est à Finance Montréal, payé par le Conseil exécutif à 153 000 $ par année. Son plus gros handicap a été d'être le frère d'une députée péquiste.

- Avec la collaboration de William Leclerc

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