Projet de lutte contre les proxénètes amputé: Longueuil est à blâmer, dit Québec

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux... (Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne)

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Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux

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Accusé d'avoir cessé de financer un important projet de lutte contre l'exploitation sexuelle des jeunes filles qui a fait ses preuves en Montérégie, Québec réplique que la Ville de Longueuil n'a qu'elle à blâmer.

Une affirmation qui a fait bondir la mairesse de Longueuil Caroline St-Hilaire ce jeudi.

Bien que les Conseils régionaux des élus (CRÉ) aient été abolis - c'était via l'un de ses fonds que le projet baptisé Mobilis était financé -, Québec continue de transférer les mêmes subventions aux villes, a soutenu le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, dans une mêlée de presse jeudi matin.

L'agglomération de Longueuil, dit le ministre Coiteux, a choisi de ne pas renouveler le financement du projet Mobilis - un projet conjoint de la police et des centres jeunesse de la Montérégie qui a fait ses preuves pour lutter contre le proxénétisme. 

«Cet argent qui était transféré aux CRÉ est maintenant transféré aux MRC, et dans le cas de Longueuil, à l'agglomération. Avec cette somme, c'est l'agglomération de Longueuil qui décide de ses priorités», a soutenu le ministre de la Sécurité publique et des Affaires municipales.

Rien n'est plus faux, a répliqué la mairesse de Longueuil peu de temps après. La défunte CRÉ recevait 4,7 millions de Québec, alors que le ministère des Affaires municipales via son nouveau Fonds de développement du territoire verse aujourd'hui 1,1 million à l'agglomération de Longueuil, nous dit-on à son cabinet.

Le projet Mobilis recevait une subvention directe de la CRÉ de 450 000$ et la Ville de Longueuil versait un autre 300 000$. Or, comme cette subvention a été abolie et que les sommes allouées à l'agglomération ont globalement baissé, Longueuil finance aujourd'hui Mobilis, seule, à la hauteur de 245 000$, toujours selon des chiffres fournis par le cabinet de la mairesse. 

Du coup, Longueuil est contrainte de réduire ses ambitions en matière de lutte contre les proxénètes, déplore la mairesse St-Hilaire. 

Rappelons qu'hier, en entrevue à La Presse, la mairesse de Longueuil dénonçait le fait que Mobilis avait été victime des compressions du gouvernement du Québec.

«Québec a coupé de 50 % son budget en abolissant CRÉ (Conférence régionale des élus) et CLD (les Centres locaux de développement). #Longueuil a maintenu son financement. Québec NON.», a-t-elle écrit sur Twitter ce jeudi matin, irritée par la réponse de Québec.

Depuis 2008, le projet Mobilis avait reçu plus d'un million de dollars du gouvernement québécois via la CRÉ. 

Dans la première phase du projet, huit enquêteurs spécialisés se consacraient à temps plein à la traque aux proxénètes. À l'époque, les policiers ont ainsi réussi à faire condamner une centaine de membres de gangs de rue en trois ans, dont plusieurs pour des activités de proxénétisme et de traite de personnes.

Malgré ce désaccord avec Longueuil, le ministre de la Sécurité publique a insisté ce jeudi matin sur le fait qu'il avait l'intention de « travailler avec ses partenaires » comme l'agglomération de Longueuil et Montréal pour lutter contre les proxénètes.

« On est tous d'accord pour dire que c'est un problème qui est totalement inacceptable. On est tous d'accord, non seulement d'en faire un enjeu prioritaire, parce que c'est déjà un enjeu prioritaire, mais aussi pour élever le niveau de priorité», a dit le ministre Coiteux.

De son côté, le Parti québécois a dénoncé la disparition de la subvention directe au projet Mobilis. Le député Jean-François Lisée

y voit une conséquence directe des mesures d'austérité du gouvernement Couillard. 

Aux yeux du PQ, l'abolition des CRÉ est une manière déguisée d'imposer des compressions.

« On le voit, partout dans le réseau, que cette abolition de structures est en fait une réduction des sommes dévolues à des missions essentielles», a dit M. Lisée en mêlée de presse après la période de questions.

« Ils n'ont pas regardé. Eux, ils voulaient juste couper, a poursuivi le député péquiste. Et quand le premier ministre a dit dans son discours d'ouverture qu'il va porter une attention particulière aux plus vulnérables, ce n'était pas vrai. »

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