Déplacements en avion: Couillard dépense moins que ses prédécesseurs

La fin de l'utilisation par les premiers ministres du jet Challenger du... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La fin de l'utilisation par les premiers ministres du jet Challenger du gouvernement du Québec, transformé en avion-hôpital en janvier 2013, a permis d'importantes économies. En nolisant un avion plus économique, Philippe Couillard dépense deux fois moins que Jean Charest pour ses déplacements aériens au Québec et dans les provinces voisines, selon des données du Comité exécutif obtenues par La Presse grâce à la Loi sur l'accès à l'information.

Ces données démontrent également que Pauline Marois nolisait des avions à coût beaucoup plus élevé que son successeur durant son mandat, tout en dépensant malgré tout moins que Jean Charest.

Depuis son élection, en avril 2014, Philippe Couillard s'est déplacé 73 fois par avion à travers le Québec et sept fois dans le reste du pays, en date du 31 août dernier. Tous ses voyages ont coûté 181 255 $ au Trésor public, pour une moyenne de 2266 $ par voyage, d'après les calculs de La Presse.

Les transports aériens du premier ministre coûtent ainsi 40 % moins cher que ceux de Pauline Marois, qui s'élevaient en moyenne à 3796 $ pour un total de 459 351 $. Cette dernière a effectué 118 voyages à travers la province et trois en Ontario durant son mandat, pourtant plus court que la période étudiée du mandat de Philippe Couillard.

Les déplacements de Jean Charest par avion étatique étaient encore plus onéreux. Du 1er janvier 2010 jusqu'à sa défaite électorale en septembre 2012, l'ex-premier ministre a volé à 248 reprises aux frais des contribuables. Par mois, c'est 50 % plus souvent que son successeur libéral. Le coût moyen de ses vols s'élevait à 4277 $, même s'il se déplaçait principalement entre Montréal et Québec, un vol pourtant d'à peine 50 minutes.

Philippe Couillard effectue le même trajet pour trois fois mon cher, soit un coût moyen de 1300 $, en nolisant au secteur privé un modèle King Air de Beechcraft, beaucoup plus petit que le Bombardier Challenger 601. Avant 2013, l'utilisation du Challenger gouvernemental coûtait 4900 $ pour ce trajet.

Trois facteurs expliquent cette différence : le Challenger coûte cinq fois plus cher à l'achat (environ 20 millions contre 5 millions), sa consommation de carburant est plus élevée, de même que son coût d'entretien.

Le service aérien gouvernemental (SAG) détient deux avions de type Challenger. Depuis janvier 2013, ces appareils servent exclusivement d'avion-hôpital pour transporter des patients de régions éloignées vers les grands centres. Auparavant, le Challenger pouvait transporter le premier ministre, les ministres et les députés ayant une fonction d'administration officielle. Le reste de la flotte aérienne de 21 aéronefs du SAG est composé d'avions-citernes et d'hélicoptères.

La diminution du coût des déplacements aériens dans l'ère Couillard est encore plus frappante en excluant les voyages les plus chers des premiers ministres, soit ceux dans les autres provinces canadiennes, le Grand Nord du Québec et les Îles-de-la-Madeleine. Avec ces paramètres, les vols de Philippe Couillard ont coûté en moyenne deux fois moins cher (1595 $) que ceux de Pauline Marois (3591 $) et presque trois fois moins cher que ceux de Jean Charest (4120 $).

Plus de la moitié des 80 déplacements aériens de Philippe Couillard, député de Roberval, lui ont servi à se déplacer entre sa circonscription du Saguenay-Lac-Saint-Jean et les deux grandes villes de la province.

Dans la majorité de ses autres voyages, le premier ministre s'est déplacé entre Montréal et Québec.

L'ex-premier ministre Jean Charest ne s'est toutefois rendu qu'à 11 reprises dans sa circonscription de Sherbrooke par la voie des airs au cours des deux dernières années et demie de son mandat. La grande majorité de ses vols - 80 % - incluait un trajet entre Montréal et Québec.

Les deux tiers des déplacements aériens de Pauline Marois se sont effectués entre Montréal et Québec. L'ex-première ministre a utilisé un avion gouvernemental pour se rendre en Gaspésie à huit occasions, une fois de plus que pour retrouver sa circonscription de Charlevoix.

Le Parti québécois critique la mauvaise « planification des réparations » du gouvernement Charest pour expliquer la fin de l'utilisation des avions gouvernementaux à l'arrivée en poste de Pauline Marois. La porte-parole du PQ, Antonine Yaccarini, rappelle aussi que l'ex-chef Pauline Marois était responsable de la région de la Gaspésie. « La première ministre a également été confrontée à deux tragédies au cours de son mandat, soit celle de L'Isle-Verte et celle de Lac-Mégantic, qui ont requis des déplacements qui devaient se faire rapidement », a-t-elle indiqué.

Nous avons également tenté de joindre Jean Charest à son cabinet McCarthy Tétrault, mais il n'a pas rappelé La Presse.

DE COÛTEUX VOYAGES À L'ÉTRANGER

Les voyages à l'étranger du premier ministre ont coûté 241 884 $ au Trésor public pour l'année financière 2014-2015, selon un document rendu public le printemps dernier pour l'étude des crédits du Conseil exécutif. Ces coûts incluent le transport, la nourriture et l'hébergement pour Philippe Couillard et sa garde rapprochée.

Pour une mission économique au Royaume-Uni et en Belgique, puis une participation du premier ministre au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, du 14 au 24 janvier 2015, les contribuables québécois ont dû débourser 79 249 $. Cinq proches collaborateurs se sont déplacés avec M. Couillard, en plus d'un technicien en informatique et d'un photographe. Le voyage de Philippe Couillard en Chine et en Islande à l'automne 2014 a également coûté plus de 70 000 $.

- Avec la collaboration de William Leclerc

Beechcraft King Air 100... (PHoto Wikimedia Commons) - image 2.0

Agrandir

Beechcraft King Air 100

PHoto Wikimedia Commons

Bombardier Challenger 601... (Photo tirée du site web Jetcraft) - image 2.1

Agrandir

Bombardier Challenger 601

Photo tirée du site web Jetcraft

______________________________

Beechcraft King Air 100

L'avion King Air 100 de la société Beechcraft est en circulation depuis les années 70. Le plus récent modèle du petit appareil bimoteur à turbopropulseurs a cessé d'être produit en 1983. Il peut transporter entre sept et neuf personnes et sa vitesse de croisière est d'environ 400 km/h. Le gouvernement québécois n'en compte aucun dans sa flotte. L'avion est plutôt nolisé auprès du secteur privé. Le King Air 100 est notamment employé par les compagnies québécoises Air Inuit et Propair.

Bombardier Challenger 601

Le Challenger 601 de Bombardier a été produit par Canadair au tournant des années 90. Plus gros que le King Air 100, il peut embarquer près d'une vingtaine de personnes. L'avion-biréacteur destiné à la clientèle d'affaires peut effectuer un vol de 6000 kilomètres sans ravitaillement. Le Service aérien gouvernemental (SAG), qui a été transféré le 1er janvier du Centre de services partagés du Québec au ministère des Transports du Québec, possède un Challenger 601-3A ainsi qu'un modèle 601-3R. Ce dernier, acquis en 2012, est en service depuis septembre 2014 pour évacuer des patients de régions éloignées. L'autre avion de cette série, s'il est disponible, peut servir au besoin au transport de membres du Comité exécutif.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer