Attouchement sexuel: une députée libérale obtient des excuses publiques

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La députée libérale Caroline Simard.

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(Québec) Un homme d'affaires de Charlevoix, Daniel Guay, s'est excusé auprès de la députée libérale Caroline Simard, lundi, pour lui avoir pris un sein lors d'un cocktail, vendredi dernier.

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Daniel Guay

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M. Guay, qui est copropriétaire de l'agence de location Hébergement Charlevoix, a publié un communiqué en fin d'après-midi, quelques heures après que la députée de Charlevoix-Côte-de-Beaupré l'eut sommé de s'excuser.

«Je tiens sincèrement et profondément à m'excuser publiquement à la députée Caroline Simard du geste déplacé et inapproprié que j'ai posé à son endroit vendredi dernier», a affirmé M. Guay.

Il dit avoir sollicité de «l'aide professionnelle» pour «corriger ce comportement inadmissible».

«Jamais, je n'ai eu l'intention de porter atteinte à sa pudeur et je reconnais qu'aucun motif ne peut justifier l'inacceptable, a-t-il indiqué. Je regrette aujourd'hui que soient éclaboussés dans ce tourbillon ma famille et mon conjoint tout en assumant l'entière responsabilité de mes gestes.»

L'affaire a commencé lorsque la députée a révélé sur sa page Facebook qu'un homme «très bien connu du milieu» des affaires lui avait pris un sein lors d'une prise de photo qu'il avait lui-même sollicitée. Selon elle, l'homme ne lui a pas présenté d'excuses, qualifiant plutôt son geste d'«incident».

«Inacceptable»

Dans un communiqué diffusé en après-midi, elle a qualifié d'«inacceptable» le geste dont elle a été victime. Elle a réclamé des excuses publiques à son agresseur, sans toutefois révéler son identité.

«Je veux faire en sorte qu'une personne qui commet de tels actes répare le tort qu'il peut causer à sa victime et se responsabilise, a-t-elle déclaré. Dans cette optique, je souhaite dans un premier temps que mon agresseur formule des excuses publiques à mon endroit et qu'il s'engage à aller chercher de l'aide, telle une thérapie qui permettra d'éviter toute récidive.»

Hier soir, à l'Hôtel Le Germain Charlevoix, avait lieu le cocktail dînatoire au profit du Musée d'art contemporain de...

Publié par Caroline Simard sur 7 novembre 2015

Dans l'entourage de Mme Simard, on affirme que la députée a accepté les excuses de M. Guay. La députée n'entend pas porter plainte à la police.

«Sans minimiser la gravité du geste de l'individu en question, Mme Simard accepte ses excuses, a indiqué sa porte-parole, Joanie Dumais. Elle est heureuse qu'il ait assumé la responsabilité de son geste, qu'il ait reconnu publiquement la gravité de son geste et qu'il ait pris les dispositions qui s'imposent.»

La députée avait affirmé que sa démarche «s'inscrit dans une optique de justice réparatrice qui constitue une solution de rechange au processus judiciaire traditionnel», pouvait-on lire dans son communiqué. Mme Simard a décliné la demande d'entrevue de La Presse.

Main baladeuse

Le président de la chambre de commerce de Charlevoix, Julien Dufour, s'attendait à ce que l'homme d'affaires sorte vite de l'ombre pour présenter ses excuses à la députée. Il a déploré le climat de suspicion qui s'est installé dans le milieu des affaires tricoté serré de la région.

Selon les informations de M. Dufour, ce n'est pas la première fois que l'homme d'affaires se comportait de manière déplacée.

«D'après les informations qu'on a, le monsieur en question aurait la fâcheuse habitude lorsqu'il est sous l'effet de l'alcool d'avoir la main baladeuse», a indiqué M. Dufour.

Le CSF réagit

La présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne, souligne que plusieurs élues ont eu à composer avec des commentaires et des gestes à caractère sexuel ces derniers mois. Elle cite en exemple les ministres Stéphanie Vallée, dont la relation amoureuse a été exposée dans les médias, et Lise Thériault, à qui un animateur de radio de Québec a suggéré de «transplanter une paire de couilles».

Le cas de Mme Simard prouve que l'égalité des sexes est encore loin d'être atteinte. Mais elle se montre optimiste malgré tout.

«Le signe que les temps changent, c'est certainement que Caroline Simard le dénonce rapidement, publiquement, a souligné Mme Miville-Dechêne. Est-ce que tout le climat entourant l'affaire Ghomeshi, l'affaire Marcel Aubut a joué? Peut-être, je l'espère.»

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