Conditions de travail décrétées par les villes: une «hérésie», préviennent les syndicats

Marc Ranger... (PHOTO PATRICE LAROCHE, ARCHIVES LE SOLEIL)

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Marc Ranger

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(Québec) Les villes et le gouvernement du Québec vont entrer en collision avec les centrales syndicales si le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau accorde aux maires le pouvoir de décréter les conditions de travail de leurs employés, promet Marc Ranger, le président du Syndicat canadien de la fonction publique.

M. Ranger et le président de la FTQ, Daniel Boyer tiendront un point de presse en après-midi pour dénoncer l'intention de Québec, annoncée par La Presse, ce matin. «C'est une blague, une hérésie. Si on donne le droit de décréter, il n'y aura pas de négociations de bonne foi, on va voir de la figuration. Est-ce que c'est la réponse du ministre Moreau pour l'équilibre du rapport de force ? Donner l'arme ultime à l'une des parties !», a lancé le syndicaliste.

La plupart des villes ne demandent pas un tel pouvoir, «quelques maires le demandent, dont M. Labeaume, les autres ne veulent pas de cette patate chaude», insiste M. Ranger. «Sur 283 syndicats municipaux, on est arrivé à 84 % de conventions signées sans conflit de travail, et là M. Moreau vient nous mettre un pavé dans la mare!»

À son entrée au caucus des députés libéraux, Pierre Moreau a confirmé que les villes demandent le droit d'imposer les conditions de travail de leurs employés si les négociations sont infructueuses.

Spontanément, il a acquiescé quand on lui a demandé «si les villes demandaient le pouvoir de décréter les conditions de travail». «Oui», a-t-il laissé tomber.

Puis il a voulu être plus vague. Les municipalités «nous demandent de revoir le contexte des relations de travail et on est en accord avec cette demande», a-t-il ajouté par la suite, éludant les questions sur le contenu de l'entente qui sera soumise plus tard aujourd'hui aux membres de l'Union des municipalités du Québec. «On est d'accord pour que des choses soient modifiées pour maintenir un équilibre».

Resté coi sur le sort qu'il entendait réserver à cette requête, le ministre a tenu à distinguer cette demande du «droit de lock-out» réclamé par les maires il y a plusieurs années. L'importance des services essentiels dans le travail des cols bleus rendrait cette disposition difficile d'application, a-t-il expliqué. «Le droit au lock-out pour moi n'est pas une solution, et les maires sont rendus aussi à cette idée. Il y a les services essentiels, il faut que les ordures soient ramassées, que l'usine d'épuration fonctionne, que les permis soient délivrés, le lock-out n'est pas une solution», résume-t-il.

Acquiescer à la demande des municipalités de décréter les conditions de travail rendra obsolète le mécanisme actuel d'arbitrage. Il est un peu étrange de laisser à un non-élu, qui n'a pas d'imputabilité, le pouvoir de décision ultime quant à l'utilisation des deniers publics. «On peut maintenir l'arbitrage, mais on est passé à autre chose. Il ne faut pas donner à l'arbitrage la décision finale sur la gestion des deniers publics, cela m'apparaît déconnecté de la réalité», dira le ministre Moreau.

«À ce moment-ci, je souhaite que les municipalités aient un débat entre eux, je ne veux pas qu'on puisse dire que le ministre est monté sur la table pour imposer des choses», a-t-il conclu.

L'Union des municipalités (UMQ) tient une réunion extraordinaire à Lévis en fin de journée où on s'attend qu'elle avalise la proposition «finale» faite vendredi dernier par le ministre Moreau pour le renouvellement du «pacte fiscal» jusqu'en 2019.

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