Des groupes communautaires vont «bloquer» le ministère du Travail

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Le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant.

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Des groupes communautaires promettent de «bloquer» le ministère du Travail, le 30 septembre prochain. Et si ça ne suffit pas, ils feront deux journées de grève, les 2 et 3 novembre.

Des groupes provenant de tout le Québec convergeront vers Québec, le 30 septembre, pour non seulement critiquer les politiques d'austérité qui les touchent, ainsi que les clientèles qu'ils desservent, mais aussi pour dénoncer l'incertitude quant à leur propre financement comme organismes.

Quelques regroupements de ces organismes ont rencontré la presse à Montréal, lundi, pour exposer leur situation. Plusieurs se trouvent dans une situation précaire, puisqu'au lieu d'un plan de financement de trois ans avec le gouvernement, ils ont déjà dû signer une entente d'un an et demi. Or, cette entente de 18 mois arrivera à échéance dans six mois et plusieurs groupes ne savent pas encore à quoi s'en tenir.

Ils craignent de devoir réduire les services qu'ils dispensent aux locataires, aux démunis, aux femmes, aux personnes ayant des problèmes avec leur budget, aux personnes handicapées. Certains, comme des banques alimentaires, craignent carrément de devoir fermer leurs portes.

François Saillant, coordonnateur du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), décrit la réalité d'une partie de ces groupes communautaires, celle des groupes de défense collective des droits. Ils reçoivent en moyenne 50 000 $ chacun par année. Quelque 325 groupes de ce secteur se partagent un budget de 16 millions $, note-t-il. «On évalue que ça prendrait 40 millions $ additionnels pour arriver à accomplir pleinement la mission des organismes», signale M. Saillant.

Dans certains cas, la subvention n'a pas été indexée depuis sept ou neuf ans, déplore pour sa part Vicky Brazeau, coporte-parole de la mobilisation Le 30 septembre, on bloque!

Ils se feront donc entendre tous ensemble en «bloquant» le 30 septembre les bureaux de Québec du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, l'un des ministères qui versent des subventions à certains de ces organismes, par le biais du Secrétariat à l'action communautaire autonome.

Si le blocage du ministère ne suffit pas, ces organismes communautaires autonomes feront la grève les 2 et 3 novembre.

Il existe pas moins de 4000 organismes communautaires au Québec, dont 3000 dans le secteur de la santé et des services sociaux. Il s'agit d'associations de consommateurs, de personnes handicapées, de défense des droits des chômeurs, des locataires, des cuisines collectives, des banques alimentaires, des groupes écologistes et autres.

Ces groupes demandent non seulement d'être fixés quant à leur financement et de voir leur subvention indexée; ils revendiquent également la fin des mesures d'austérité qui affectent les programmes sociaux.

M. Saillant soupçonne le gouvernement de nourrir un autre objectif, en les laissant ainsi dans le noir quant à leur financement. «On connaît le contexte d'austérité dans lequel on est. L'austérité, ça veut dire que tu coupes dans les services, mais ça veut dire aussi que tu essaies de museler les oppositions. Et c'est évident que les groupes de défense collective des droits dérangent. On est là pour ça. C'est pour ça qu'on reçoit notre financement: pour faire la défense des droits», avance-t-il.

Joint au téléphone, le cabinet du ministre Sam Hamad a refusé de commenter le dossier.

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