Le PQ fait de la petite politique sur le dos des Syriens, selon les libéraux

Selon la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, le... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE)

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Selon la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, le Parti québécois veut politiser le débat en le faisait dévier vers la souveraineté du Québec.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Bisbille à l'Assemblée nationale autour des réfugiés syriens: les libéraux accusent le Parti québécois de faire de la petite politique en déplorant la compétence limitée du Québec en immigration, mais ils admettent du même souffle qu'ils attendent toujours la permission du fédéral pour agir.

Le gouvernement Couillard ne s'entend pas avec l'opposition péquiste sur une motion qu'elle a déposée en Chambre mercredi. Elle pressait notamment le fédéral d'accepter l'offre du Québec d'accueillir davantage de réfugiés syriens, une offre formulée par la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil.

Toutefois, le texte faisait référence à «la compétence limitée du Québec en matière d'immigration», ce qui n'a pas plu aux libéraux.

L'immigration est une compétence que le Québec partage avec le fédéral, en vertu d'une entente, et la province ne peut choisir tous ses immigrants.

Le PQ porte la cause de l'indépendance notamment pour avoir les pleins pouvoirs en matière d'immigration, tandis que de son côté, la Coalition avenir Québec réclame aussi pour le Québec le plein contrôle de son immigration.

Or, le gouvernement libéral a refusé son consentement pour débattre de la motion. La ministre Weil a expliqué cette position par la suite: les libéraux ne voulaient pas tomber dans le piège constitutionnel.

«D'avoir, d'entrée en matière, une phrase qui parle de compétence alors qu'on est en train de parler d'un dossier humanitaire, la pire crise depuis la Deuxième Guerre mondiale, c'est de vouloir politiser ce débat, je trouve ça vraiment navrant», a déclaré Mme Weil dans une conférence de presse en fin de matinée.

Selon elle, le Parti québécois cherche même ainsi à mousser son option. «Ils ont voulu revenir sur cette question de compétences et d'un Québec souverain, alors qu'on n'est pas en train de parler de souveraineté du Québec dans ce dossier», a-t-elle dit.

La ministre se désole de n'avoir pu obtenir l'unanimité de la Chambre sur cet enjeu, pour que le Québec parle d'une seule voix.

Le gouvernement Couillard a offert d'accueillir 3650 immigrés syriens d'ici à décembre, soit 2450 de plus que prévu, mais attend les autorisations nécessaires du fédéral.

La ministre a dit avoir parlé à son homologue fédéral, Chris Alexander. Les autorités fédérales sont en train de faire des analyses, a-t-elle résumé.

«Bien, c'est qu'on attend, a dit Mme Weil. Donc, j'ai eu un appel du ministre, Chris Alexander, la semaine dernière, qui a confirmé qu'ils veulent accélérer, que le gouvernement fédéral veut accélérer les processus, et sous peu on aura donc une communication du gouvernement fédéral.»

Elle n'a pas voulu préciser si Ottawa procédait assez rapidement ou non à son goût dans ce dossier, mais a ajouté qu'elle attend les propositions d'Ottawa cette semaine.

L'opposition officielle plaide pour sa part qu'elle a inscrit cette motion au feuilleton bien avant que la ministre fasse son annonce et que ce geste est dénué d'esprit partisan.

La porte-parole péquiste en matière de relations internationales, Carole Poirier, a soutenu que la compétence limitée du Québec est un fait et qu'elle ne comprend pas pourquoi Mme Weil est irritée, puisqu'elle n'est «pas capable de rien faire» sans l'accord d'Ottawa.

En entrevue téléphonique, elle a dit qu'elle était bien ouverte au compromis sur le libellé de la motion, mais pas jusqu'à prétendre que le Québec a une compétence exclusive, ce qui serait faux.

«Est-ce que la vérité dérange? Oui, elle dérange parce que cela ne permet pas au Québec de jouer pleinement son rôle en matière d'immigration et d'accueil aux réfugiés. Cela ne plaît peut-être pas au Parti libéral de le dire, mais les libéraux savent très bien qu'ils sont menottés par les règles actuelles», a dit Mme Poirier.

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