Vins québécois: la réforme progresse « très bien » assure Couillard

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M. Couillard a assuré que son gouvernement déposera sous peu un projet de loi pour permettre aux vignerons et producteurs artisanaux de vendre leurs produits directement aux épiceries et aux restaurants.

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(Québec) Le projet de loi qui vise à aider les vignerons du Québec « progresse très bien », a affirmé le premier ministre Philippe Couillard, mardi, après qu'un de ses ministres ait publiquement critiqué son collègue parce qu'il tarde à déposer la réforme.

M. Couillard a assuré que son gouvernement déposera sous peu un projet de loi pour permettre aux vignerons et producteurs artisanaux de vendre leurs produits directement aux épiceries et aux restaurants.

«Ça fait longtemps que c'est attendu, on va le livrer, a déclaré le premier ministre. J'ai entendu mes deux collègues ce matin, et c'est parfait, on travaille dans l'enthousiasme et de façon positive. Et j'ai bien compris, et c'était approprié de leur part de le dire, que chacun mettait de l'eau dans son vin.»

La sortie du premier ministre est survenue 24 heures après que le ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis, eut critiqué son collègue aux Finances, Carlos Leitao. Il lui a reproché de laisser traîner la réforme depuis près d'un an. Et il a ouvertement soupçonné la Société des alcools (SAQ) de mener un «lobbying» pour torpiller le projet.

Mardi matin, M. Paradis a assuré avoir enterré la hache de guerre avec son collègue.

«On a tous les deux mis un peu d'eau dans notre vin, a illustré M. Paradis. On continue à progresser et à travailler ensemble sous l'oeil bienveillant du bureau du premier ministre.»

M. Paradis a dit avoir parlé à son collègue lundi soir afin de remettre les pendules à l'heure. Il a fait savoir que les dispositions du projet de loi seront élargies pour permettre aux microbrasseries de vendre leurs bières à des épiceries ou des restaurants.

Conflit d'intérêts

Le ministre s'est par ailleurs défendu de se trouver en situation de conflit d'intérêts, lui dont le frère est vigneron. Il dit avoir obtenu un avis du commissaire à l'éthique pour s'assurer qu'il peut s'impliquer dans le dossier.

M. Leitao s'est pour sa part défendu de laisser traîner la réforme. Le projet est « plus complexe » que prévu, a-t-il dit.

Le gouvernement doit d'abord s'assurer qu'il ne viole pas ses engagements internationaux en permettant aux vins québécois d'être vendus aux épiceries, mais pas les vins étrangers. Puis, il doit adéquatement définir ce qui constitue un « producteur artisanal ».

Le ministre des Finances a par ailleurs assuré que la SAQ se soumettra à la réforme.

«Il n'y a pas de lobby de la SAQ, a-t-il dit. Nous, l'État, nous sommes l'actionnaire de la SAQ. Donc l'entreprise fera ce que l'actionnaire lui dira de faire.»

Une «situation délicate»

Selon le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, le ministre Paradis se trouve dans une

«situation délicate».

«Son frère a un vignoble donc il a un petit conflit d'intérêts, a-t-il dit. Donc je me garderais une petite gêne à sa place.»

Il a par ailleurs pressé le gouvernement Couillard de déposer la réforme. Il souligne que les libéraux sont au pouvoir depuis 17 mois et que cette promesse électorale reste en suspens.

Le chef du Parti québécois, Pierre-Karl Péladeau, s'est montré favorable à une réforme de la vente de boissons alcoolisées québécoises.

«Ce n'est pas moi qui vais aller à l'encontre de la promotion de nos produits, a-t-il dit. Alors j'ose espérer que ça va être bien entendu de la part de la direction de la SAQ.»

Le gouvernement Couillard envisage de reprendre les grandes lignes d'un projet de loi déposé en 2013 par le député libéral Stéphane Billette afin de promouvoir les boissons fabriquées au Québec. Québec souhaite permettre aux vignerons et aux distillateurs locaux de vendre directement leurs produits à des commerces.

La mesure toucherait aussi les producteurs de cidre, d'hydromel, de vin de glace. Elle aurait pour effet d'ouvrir une brèche dans le monopole de la société d'État sur la vente de vins et spiritueux.

La Presse a révélé dimanche que c'est M. Leitao, et non pas M. Paradis, qui déposera la réforme sur la vente des vins et spiritueux produits au Québec. La décision est survenue après que des vignerons se soient plaints de ne pas être consultés par le ministre de l'Agriculture.

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