Legault miserait sur son passé d'homme d'affaires pour faire plier Ottawa

François Legault, chef de la Coalition avenir Québec (CAQ).... (Graham Hughes, archives PC)

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François Legault, chef de la Coalition avenir Québec (CAQ).

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
VICTORIAVILLE

S'il devient un jour premier ministre du Québec, François Legault misera sur son passé d'homme d'affaires pour réussir à arracher des pouvoirs à Ottawa.

«Moi, je suis un "dealmaker"», a fait valoir le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), dimanche, en entrevue à La Presse Canadienne, en marge du congrès de son aile jeunesse, tenu à Victoriaville.

Malgré l'échec en 1990 de l'accord du Lac Meech, et le fait qu'aucun premier ministre du Québec n'a, depuis, osé proposer de rouvrir cette boîte de Pandore constitutionnelle, M. Legault se dit persuadé qu'il réussira là où d'autres ont échoué.

Depuis le temps, le contexte politique canadien a bien changé, selon lui. Son passé d'entrepreneur lié à ses talents de négociateur devrait suffire à modifier le cours de l'histoire, soutient M. Legault, qui ne semble pas habité par le doute.

Non seulement le Québec détiendrait tous les pouvoirs dans les secteurs de la langue et de l'immigration, mais son nouvel élan économique, sous la gouverne caquiste, ferait en sorte qu'il n'aurait plus besoin d'un seul dollar de péréquation d'Ottawa.

Cette année, Ottawa versera 9,3 milliards $ au Québec en paiements de péréquation.

S'il était élu premier ministre du Québec en 2018, M. Legault ferait valoir à son homologue fédéral que le Canada n'aurait rien à perdre à se délester de certains champs de compétence.

Le chef caquiste semble minimiser les obstacles sur sa route, soit la conclusion, dans un premier temps, d'une entente avec Ottawa et les provinces, puis la ratification d'un éventuel projet d'entente par les divers Parlements du pays.

«Je suis convaincu que je suis capable d'aller négocier une nouvelle entente avec le Canada. Je suis convaincu de ça», dit-il.

Contrairement à tous ceux qui croient que «le fruit n'est pas mûr», M. Legault constate donc que le contexte politique actuel est favorable à relancer le débat constitutionnel.

«Je ne sens pas qu'il y a l'animosité envers le Québec qu'il y avait dans les années 80 et 90 dans les relations Québec-Ottawa. Le climat est plus sain», selon lui.

«Le reste du Canada n'a rien à perdre à donner au Québec tous les pouvoirs en matière de langue et en matière d'immigration», insiste le chef caquiste.

«Ils n'ont rien à perdre. Ça ne leur enlève rien», selon lui.

Faire en sorte que le Québec devienne assez riche pour ne plus avoir besoin des milliards de la péréquation ne lui semble pas non plus un objectif irréaliste.

«En étant un homme d'affaires qui propose qu'économiquement, à long terme, le Québec contribue à la fédération canadienne, qu'on cesse de dépendre de la fédération canadienne. Je pense que j'ai quelque chose à offrir au reste du Canada», dit-il, en se définissant comme «une personne qui est convaincante».

Constatant la polarisation du vote entre les libéraux fédéralistes et les péquistes souverainistes, M. Legault a décidé dernièrement de sauter dans l'arène constitutionnelle en faisant prendre un virage nationaliste-fédéraliste à son parti, qui cherche depuis 2011 à s'imposer comme la troisième voie.

Il entend notamment rapatrier au Québec les compétences identitaires, en matière d'immigration et de langue. Son parti présentera une proposition constitutionnelle détaillée aux membres lors d'un conseil général du parti, en novembre, à Laval.

Pour gagner son pari, il mise notamment sur l'appui des souverainistes défaitistes, ceux qui sont persuadés que le Québec ne deviendra jamais un pays. Ces Québécois «vont chercher une nouvelle option» pour remplacer le projet de faire la souveraineté du Québec, selon lui.

Éducation

Une nouvelle session parlementaire commence mardi et M. Legault veut mettre l'accent sur l'éducation, sous l'angle d'une amélioration des conditions de travail et salariales offertes aux enseignants.

Dans le cadre des négociations en cours sur le renouvellement des conventions collectives, il va revendiquer un statut particulier pour les enseignants, qui ne doivent pas se contenter d'un gel de salaire, selon lui.

Réunis en congrès, les jeunes caquistes - ils étaient entre 100 et 200 - ont adopté quelques résolutions, dont la promotion de l'égalité entre les hommes et les femmes dans les nominations aux conseils d'administration des sociétés d'État et des mesures favorisant le maintien au travail des employés plus âgés, dans un objectif d'équité intergénérationnelle.

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