Québec abolit le quart des postes de sa diplomatie à l'étranger

Le bureau de Québec à Berlin est devenu... (PHOTO FOURNIE PAR LE GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, ARCHIVES)

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Le bureau de Québec à Berlin est devenu une simple antenne à la suite des compressions. Sur cette photo de 2006, le drapeau québécois flotte sur le toit de la délégation à Berlin où apparaît, en arrière-plan, le Parlement allemand.

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne

Le mouvement de repli du Québec à l'étranger se poursuit avec l'abolition de près du quart des postes composant son réseau de représentation internationale, selon ce qu'a appris La Presse Canadienne.

La diplomatie québécoise est en voie d'être amputée de 50 des 208 postes de fonctionnaires présents dans l'ensemble des délégations générales, délégations, bureaux et antennes autour du globe.

Le nombre de postes coupés a été confirmé par le cabinet de la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, qui effectue le grand ménage promis en mars. Elle n'avait cependant pas indiqué alors l'ampleur des coupes à venir.

En huit ans, de 2007 à 2015, son ministère aura littéralement fondu, perdant 144 postes, alors que le nombre d'employés à temps complet est passé de 576 à 432.

Du même souffle, on a appris que le gouvernement a décidé, toujours par souci d'économie, de sabrer dans toute une série de privilèges accordés à ceux à qui on a confié la tâche de représenter le Québec à l'étranger.

Ceux qui échapperont au couperet devront donc se contenter de moins bonnes conditions de travail, car de nouvelles compressions vont les frapper directement.

Ainsi, malgré les coupes budgétaires imposées au ministère des Relations internationales (MRI) l'an passé, la vente d'actifs dans les grandes capitales, la révision à la baisse du nombre d'employés et du nombre de bureaux et délégations, ce n'est pas suffisant: le personnel devra se serrer la ceinture.

À terme, Québec compte ainsi épargner entre 651 000 $ et 816 000 $ annuellement, effort additionnel exigé pour viser l'équilibre budgétaire.

Des primes et allocations sont revues à la baisse, d'autres sont carrément éliminées. Des dépenses liées aux frais de déplacement et aux frais de subsistance jusqu'ici admissibles à un remboursement par l'État ne le seront plus.

Une directive gouvernementale en ce sens, jamais rendue publique, a été adoptée en juin.

Pour respecter les conventions collectives, la nouvelle directive sera appliquée graduellement. Dans un premier temps, elle vise uniquement les employés embauchés après juin 2015. Les autres, déjà en poste, vont à tour de rôle perdre ces acquis quand leur contrat sera prolongé ou renouvelé.

Aux yeux du gouvernement Couillard, le rayonnement du Québec à travers le monde doit désormais coûter moins cher, par tous les moyens disponibles, quitte à gratter les fonds de tiroir.

Par exemple, jusqu'à maintenant un employé en poste à l'étranger pouvait faire transporter sa voiture personnelle aux frais de l'État, lors de son entrée en fonction ou de son rapatriement au pays au terme de son contrat. Désormais, ce sera à ses frais.

S'il devait venir au Québec pour assister au mariage de son fils ou sa fille, un fonctionnaire installé à l'étranger pouvait réclamer le remboursement des frais de transport pour lui-même et sa conjointe ou son conjoint. Ce ne sera plus le cas.

Lors du décès de son père, de sa mère ou de son enfant, il ne pourra plus réclamer les frais de séjour pour assister aux funérailles. Seuls les frais de transport seront jugés admissibles.

On va également resserrer le remboursement des dépenses effectuées pour faire garder son enfant et pour les repas qu'il aura pris lors de déplacements en famille.

Les employés affectés dans un pays où la devise est forte apprécient avoir droit à une «prime de vie chère» visant à compenser la faiblesse de notre dollar. Cette prime est maintenue, mais la méthode de calcul est revue de manière à coûter moins cher.

Depuis l'élection des libéraux, le MRI a dû composer avec une coupe budgétaire de 5 millions $ annoncée en juin 2014, sur un budget total d'environ 100 millions $.

Québec a fermé trois de ses bureaux à l'étranger: Taipei, Santiago et Moscou. La délégation d'Atlanta a été réduite. Le bureau du Québec à Berlin est devenu une simple antenne, celui de Washington a perdu sa vocation commerciale. On a fermé l'antenne installée depuis des années à Milan, en Italie.

En parallèle, Québec a annoncé son intention, qui demeure en suspens, d'ouvrir un bureau à Dakar, au Sénégal, d'assurer une présence dans la province du Shandong, en Chine, et aussi à Houston, au Texas.

Pour épargner davantage, le ministère a décidé en mars de vendre les résidences officielles du Québec acquises à Bruxelles, Munich, Londres et Mexico. On achètera de nouveaux appartements de fonction plus modestes.

Six mois plus tard, les résidences de Munich, Mexico et Bruxelles n'ont toujours pas trouvé preneurs, mais les choses ont bougé pour la résidence de Londres, dont la vente vient d'être conclue. Québec a déjà acheté une nouvelle résidence où loger le délégué de Londres, une transaction dont le montant n'a pas été dévoilé.

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