Côte-Nord: Québec fera pression pour l'embauche de travailleurs locaux

Le ministre responsable de la Côte-Nord, Pierre Arcand... (Photo Jacques Boissinot, archives La Presse Canadienne)

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Le ministre responsable de la Côte-Nord, Pierre Arcand

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne

Une sortie de crise est peut-être en vue sur la Côte-Nord: le gouvernement Couillard veut faire pression sur les employeurs pour favoriser l'embauche de travailleurs locaux, mais la menace de blocus sur la route 138 n'est pas tout à fait écartée.

Deux ministres ont rencontré des élus de la Côte-Nord et des représentants syndicaux, mardi, afin de trouver des solutions au problème de cette région, où environ 1000 travailleurs de la construction seraient sans emploi actuellement. Au moins un des maires auraient aimé obtenir un engagement plus clair du gouvernement afin de trouver des emplois rapidement.

La semaine dernière, des syndiqués en colère avaient érigé trois barrages routiers tout au long de la 138, et pendant deux jours, ils ont paralysé en partie la circulation, jusqu'à ce qu'une injonction de la Cour supérieure soit obtenue par Hydro-Québec.

En point de presse au sortir de la rencontre d'un peu plus d'une heure, mardi après-midi, le ministre responsable de la Côte-Nord, Pierre Arcand, a annoncé la mise sur pied d'un groupe de travail qui réunira notamment les employeurs et les syndicats, en vue de trouver «des mesures particulières pour une situation particulière».

Le gouvernement ainsi que les différents intervenants entendent surtout sensibiliser les employeurs afin qu'ils puisent «prioritairement» dans le bassin de main-d'oeuvre de cette région.

« On va demander, avec toute la pression politique nécessaire, de trouver des moyens pour favoriser l'embauche locale, a déclaré M. Arcand, qui est aussi ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles. (...) Il suffit d'exercer une certaine pression sur les employeurs pour qu'il y ait de l'embauche locale.»

Hydro-Québec sera aussi interpellée, puisqu'elle accorde de nombreux contrats à des entrepreneurs pour le chantier du barrage hydro-électrique de la rivière Romaine. L'Association des constructeurs de routes et de grands travaux participera aussi au groupe de travail.

M. Arcand a affirmé ne pas avoir demandé de garanties sur la libre circulation sur la 138, mais soutient que tous ont compris autour de la table que les blocages ne sont pas utiles.

«Ils ont reconnu que les blocages peuvent nuire aux gens de la Côte-Nord sur le plan touristique, etc.», a dit le ministre du Travail, ainsi que de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad.

Les deux ministres ont convenu qu'il fallait agir de façon «urgente». Le groupe de travail devrait se mettre en branle dès la semaine prochaine.

Les interlocuteurs du gouvernement, notamment les deux députés péquistes de la Côte-Nord, sont sortis satisfaits de la réunion. «On a décelé une volonté réelle, a déclaré le député de René-Lévesque, Marjolain Dufour. S'il y a une volonté politique pour que les entreprises fassent de l'embauche locale, il peut y avoir des messages politiques du gouvernement du Québec, c'est ce que je comprends.»

M. Dufour ne pouvait dire non plus si la menace de barrages routiers était complètement écartée. «Si on est capable de convaincre le monde qu'il y a une volonté politique et gouvernementale de vouloir régler le problème d'embauche régional, la réponse est oui.»

Par ailleurs, le maire de Baie-Comeau, Claude Martel, a dit entretenir de l'espoir pour la suite des choses, mais aurait souhaité un engagement immédiat. «J'aurais aimé entendre le gouvernement dire: voici ce qui va être fait aujourd'hui. Mais écoutez, c'est un contexte compliqué, les relations de travail avec des syndicats et des associations d'entrepreneurs. Cela ne se fait pas en claquant des doigts. Mais on a senti une volonté politique.»

«On est relativement satisfait de la rencontre, a pour sa part déclaré le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Daniel Boyer. On pense qu'on a trouvé une solution non pas dans le béton, mais un groupe de travail est mis sur pied.»

Il a dit qu'il était «optimiste», mais ajoute que ses troupes seront satisfaites lorsque des solutions «véritables» auront été trouvées à très court terme.

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