24 juin: la CAQ veut faire cesser les discours souverainistes

Depuis 1984, le gouvernement du Québec a confié... (PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Depuis 1984, le gouvernement du Québec a confié au MNQ le mandat de coordonner l'ensemble des festivités de la Fête nationale du Québec, le 24 juin, sur 700 sites répartis à travers le territoire québécois.

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec

La Coalition avenir Québec (CAQ) veut faire cesser les discours souverainistes durant les célébrations de la Fête nationale du Québec.

Le député caquiste Benoit Charette a estimé jeudi qu'il serait possible d'atteindre cet objectif en retirant l'organisation de l'événement au Mouvement national des Québécois (MNQ).

«On estime de notre côté qu'on ne devrait pas donner le mandat à une association souverainiste pour organiser une fête qui a pour mandat de réunir tous les Québécois», a-t-il dit dans une entrevue.

Selon M. Charette, la présence de nombreux souverainistes au conseil d'administration du MNQ colore les événements soutenus par l'organisme.

Depuis 1984, le gouvernement du Québec a confié au MNQ le mandat de coordonner l'ensemble des festivités de la Fête nationale du Québec, les 23 et 24 juin, sur 700 sites répartis à travers le territoire québécois.

M. Charette, député de Deux-Montagnes, a donné l'exemple de la fête organisée dans sa circonscription, où les discours souverainistes occupent une place importante.

Selon le député, cela pose problème car la célébration, financée par des fonds publics, s'adresse aux Québécois de toute allégeance politique.

«Tous les discours qui précèdent la programmation principale sont à forte connotation politique, sinon souverainiste, dans le cas de Saint-Eustache, mais ça se fait aussi ailleurs au Québec, a-t-il dit. C'est l'occasion pour le MNQ et d'autres groupes souverainistes de remettre des prix à des personnalités qui sont amenées à faire des discours à leur tour et ce sont tous des souverainistes militants et leurs discours sont largement axés sur la souveraineté, tout ça à travers des deniers publics.»

M. Charette croit que la trop grande place aux discours souverainistes explique la baisse d'affluence à ces grands événements au profit de fêtes de quartier qui ne sont pas politisées.

«Ce sont des fêtes qui ont beaucoup moins de charge politique et qui permettent à tout le monde, justement, de pouvoir s'identifier comme Québécois et souligner sa fierté», a-t-il dit.

M. Charette, un ancien député péquiste qui s'est joint à la CAQ, a observé que les célébrations de la Fête du Canada, le 1er juillet, ne contiennent pas de charge politique fédéraliste.

«Je suis aussi présent aux fêtes du 1er juillet qui sont financées par Patrimoine Canada et je ne reconnais pas du tout, du tout la même charge politique, a-t-il dit. Il y a un militantisme à travers la fête telle que vue par le MNQ et ce qui est dommage, c'est que ça prive des gens qui sont tout aussi fiers d'être Québécois, mais qui n'ont pas envie d'assister à ce type de manifestation, de profiter de la fête.»

Le directeur général du MNQ, Gilles Grondin, a accusé la CAQ de colporter des «légendes urbaines» sans donner d'exemple concret d'éléments partisans.

«Quand on fait la Fête nationale, on se dit que la Fête nationale n'est ni fédéraliste, ni souverainiste, ni péquiste, ni libérale, ni caquiste, a-t-il dit. Elle est québécoise.»

M. Grondin a assuré que la seule dimension politique de la célébration consiste à mettre en évidence la nation québécoise.

«On affirme la nation québécoise, la fête ne s'appelle pas nationale pour rien, a-t-il dit. Mais elle ne promeut pas une partisanerie quelconque, c'est juste ça qu'il est important de véhiculer.»

Du côté libéral, l'attachée de presse du ministre de l'Éducation, François Blais, a déclaré que le gouvernement ne veut pas «faire de la politique avec la Fête nationale».

«Depuis 1984 que le MNQ est mandataire pour l'organisation des fêtes, et il y a des fêtes intéressantes partout au Québec, dans toutes les régions», a dit Julie White.

Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a rapidement répliqué à l'intervention de M. Charette, qu'il a attribuée à l'amertume de la défaite de la CAQ lors d'une élection partielle dans Chauveau, il y a dix jours.

«Ce n'est pas parce que vous avez perdu Chauveau que vous devez vous attaquer à notre Fête nationale», a-t-il lancé sur son fil Twitter.

Le député péquiste Sylvain Pagé a jugé que l'intervention de la CAQ est étonnante compte tenu que les libéraux, qui sont fédéralistes, n'ont jamais remis en question le mandat confié au MNQ.

«Si le plus fédéraliste des partis n'y voit aucun problème, force est de constater que la CAQ cherche à créer une nouvelle ou à attirer l'attention», a-t-il dit.

M. Pagé a affirmé qu'il n'a jamais entendu de plaintes de partisanerie lorsqu'il participe aux célébrations du 24 juin dans les divers événements de sa circonscription.

Le député de Labelle, dans les Laurentides, a donné l'exemple de la municipalité de Rivière-Rouge, où la mairesse est une ancienne adversaire libérale qui l'a affronté aux deux derniers scrutins.

«À chaque année on fait notre discours patriotique ensemble et tout se passe très bien», a-t-il dit en affirmant que certains maires se servent des discours écrits par le MNQ.

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