Chantiers: Poëti veut ramener au MTQ le contrôle de l'estimation des coûts

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Le ministre des Transports du Québec, Robert Poëti

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Le ministre Robert Poëti ambitionne de ramener à l'interne le contrôle de l'estimation des coûts des chantiers de construction lancés année après année par le ministère des Transports du Québec (MTQ). La cible : 75 % des chantiers d'ici trois ans.

« On n'a pas écouté la commission Charbonneau seulement d'une oreille. Et on n'a pas oublié le passé », a souligné à La Presse Robert Poëti lors d'une entrevue téléphonique.

En 2011, le rapport de l'Unité anticollusion du MTQ, communément appelé rapport Duchesneau, avait établi que 100 % des estimations relatives aux infrastructures routières à Montréal étaient entre les mains des firmes de génie-conseil. On notait également à quel point l'absence d'estimateurs au sein du MTQ et la surestimation des coûts rendaient le MTQ vulnérable par rapport au secteur privé. Lors de son témoignage à la commission Charbonneau, l'auteur du rapport, Jacques Duchesneau, avait souligné que l'information confidentielle sur l'estimation de coûts aurait même été transmise à des entrepreneurs, créant du coup un terreau fertile à la collusion.

Quatre ans plus tard, les choses sont en voie de changement, soutient M. Poëti. En 2013-2014, c'est 41 % des projets routiers dont les coûts ont été calculés par le MTQ. Cette année, cette proportion a franchi le cap des 50 %.

« Je voudrais qu'à la fin du mandat, 75 % des estimations soient faites par le Ministère. C'est ambitieux, mais c'est tout de même une cible réaliste compte tenu de la nette progression des dernières années », a indiqué le ministre Poëti.

Renforcement

Concrètement, l'effort de renforcement de l'expertise interne au chapitre de l'estimation de coûts a nécessité que l'on fasse appel au secteur privé. Des consultants ont été embauchés à toute vapeur l'automne dernier, soit tout juste avant que le MTQ ne témoigne à la commission Charbonneau.

La question de l'estimation des coûts a toutefois été brièvement abordée avec la directrice des enquêtes et de la surveillance des marchés du MTQ, Nathalie Noël. « On peut se questionner, faire des hypothèses sur la précision de nos estimés, définitivement, c'est une option qu'on est à regarder », avait indiqué Mme Noël.

Depuis, une équipe d'estimation a été mise en place. Il s'agit, pour cette direction du suivi des travaux routiers, d'accompagner les 14 directions territoriales du MTQ. De plus, le Ministère a créé un comité de direction afin de suivre les coûts des projets les plus importants financièrement.

« Il y a toujours un ingénieur du Ministère qui repasse dans les traces du privé. On les challenge. [...] On a les points de contrôle adéquats », a affirmé la sous-ministre adjointe Chantal Gingras à La Presse.

Pour le ministre Poëti, la cible de 75 % permettra un équilibre avec les firmes de génie. L'expertise de ces dernières continue d'être nécessaire compte tenu du nombre élevé de projets du MTQ (1500 par année).

« Je pense qu'on commence à récolter les bienfaits de la commission Charbonneau et du rapport Duchesneau. Il n'y a pas de fête au village, mais il y a un redressement », a-t-il dit, en soulignant que les entrepreneurs et les firmes de génie demeurent d'ailleurs sur leurs gardes.

Financement fédéral pour prolonger le métro

Le cabinet du ministre Robert Poëti a entrepris des discussions avec Ottawa concernant le nouveau Fonds pour le transport en commun annoncé lors du dépôt du budget fédéral, en avril dernier. Le ministre des Transports du Québec espère ainsi obtenir un soutien financier pour le projet de prolongement de la ligne bleue du métro. « C'est 1 milliard qui sera disponible par année. J'ai demandé des éclaircissements notamment pour qu'on puisse définir les critères et voir les modalités afin d'en profiter », a expliqué M. Poëti à La Presse. La semaine dernière, M. Poëti a rendu publique une étude commandée à l'Agence métropolitaine de transport (AMT) sur les modes de transport de surface. La conclusion est claire : le métro demeure la solution étant donné que le mode de surface pourrait occasionner une diminution importante de la fréquentation. Le ministre doit recevoir un dossier d'opportunité en décembre prochain.

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