Les Québécois ont moins d'argent depuis l'élection, admet Arcand

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Pierre Arcand

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Martin Ouellet
La Presse Canadienne
Québec

Les Québécois ont moins d'argent dans leur poche depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir, admet le ministre de l'Énergie, Pierre Arcand.

Même si le chiffre de 1400 $ par famille avancé par la Coalition avenir Québec (CAQ) lui paraît excessif, le ministre Arcand a reconnu vendredi en point de presse que le fardeau fiscal des Québécois s'était accru depuis l'élection du printemps 2014.

«Oui, d'abord, il y a l'inflation qui existe et deuxièmement, les Québécois, on leur a dit de façon très claire qu'il y avait des efforts à faire», a déclaré le ministre.

«Il y a eu des hausses de tarifs qui ont été faites, par contre il y a eu aussi des crédits (d'impôt) qui ont été donnés aux citoyens», a-t-il voulu nuancer.

Les hausses successives des tarifs d'électricité, des services de garde, de la taxe sur l'essence, de la taxe scolaire, des primes d'assurance et des droits de chasse et de pêche ont miné le niveau de vie des Québécois, a pour sa part affirmé le député caquiste François Bonnardel, avant de participer, en Chambre, à un débat sur cette question avec M. Arcand.

Pour un ménage dont le revenu annuel est de 85 000 $, la hausse du fardeau atteint 1400 $, a soutenu le député de Granby, sur la foi d'une analyse maison «conservatrice» de la situation financière des familles. Cette évaluation ne comprend pas les hausses de taxes municipales.

«Les libéraux essaient de faire croire aux gens que les citoyens québécois, les familles ont autant d'argent dans leurs poches, ce qui est complètement, complètement faux. Les libéraux ont réduit le pouvoir d'achat des Québécois», a lancé M. Bonnardel.

«La réalité, elle frappe. On essaie, du côté des libéraux, de dire aux Québécois: on pense à vous, on vous protège. Bien, c'est à coup de cristi de 3 $, 4 $ à chaque semaine, à chaque mois que les Québécois paient de plus en plus», a-t-il ajouté, dénonçant au passage l'absence du ministre des Finances, Carlos Leitao, qui devait à l'origine prendre part au débat.

Agissant comme substitut de M. Leitao, le ministre Arcand a rétorqué que le montant de 1400 $ évoqué par M. Bonnardel était «exagéré de façon très importante». Cependant, il n'a pas été en mesure de chiffrer l'impact précis des hausses de tarifs sur le niveau de vie des Québécois.

«Faudrait l'analyser, on aura l'occasion de regarder étape par étape, mais ce n'est certainement pas (1400 $)», a-t-il insisté.

Selon le ministre, le Parti libéral a toujours été transparent dans ses intentions et n'a jamais caché aux Québécois qu'ils auraient à faire «des efforts» pour assainir les finances de l'État.

«On ne l'a jamais caché, on a toujours été très clair et on est en train de mettre la table pour assainir les finances publiques et finalement avoir des hausses qui vont être comparables à l'inflation», a-t-il dit.

À terme, les contribuables profiteront d'un retour d'ascenseur, a assuré M. Arcand, rappelant entre autres l'engagement du gouvernement d'abolir la taxe santé d'ici la fin du mandat.

Le ministre a aussi fait allusion au débat qui s'annonce sur les conclusions du rapport de la Commission d'examen sur la fiscalité - déposé au printemps - qui préconise une baisse de l'impôt des particuliers en contrepartie d'une hausse des taxes à la consommation.

À ce sujet, le cabinet du ministre Leitao a d'ailleurs convié une trentaine de représentants de groupes et organismes à une rencontre de travail à huis clos, les 15 et 16 juin à Montréal, pour discuter des conclusions du rapport du groupe de travail présidé par le fiscaliste Luc Godbout.

Cette rencontre «secrète» n'augure rien de bon, a opiné le député péquiste Alain Therrien.

L'élu souverainiste a accusé le gouvernement de Philippe Couillard d'avoir floué les Québécois et de s'apprêter à leur refiler de nouvelles factures.

«En décembre Philippe Couillard nous disait: pas d'autres hausses de tarifs. (...) Mais, ce qu'on a su aujourd'hui, c'est qu'il y avait des consultations secrètes menées par Carlos Leitao. On sait que les libéraux sont des taxeurs compulsifs, alors ça ne sent pas bon», a-t-il dit.

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