Places en garderie: les «amis» des libéraux se remplissent les poches, selon le PQ

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Selon ce que rapporte le Journal de Montréal, des entrepreneurs ayant reçu un permis du ministère de la Famille pour à peine 1000 $ il y a quelques années le revendent aujourd'hui pour plus de 2 millions de dollars.

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Martin Ouellet
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Pour enrichir «leurs amis», les libéraux tolèrent un marché spéculatif de revente de places en garderies privées subventionnées, soupçonne le Parti québécois.

Le député péquiste Mathieu Traversy a évoqué ce scénario, jeudi, après avoir demandé en vain à la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, de condamner le marché de revente très lucratif auquel s'adonnent certains entrepreneurs.

En point de presse, le député Traversy a allégué que ce sont surtout des libéraux notoires qui se remplissent les poches après avoir obtenu un permis en échange d'une contribution au Parti libéral sous le gouvernement de Jean Charest, il y a quelques années.

«Ce sont ces gens-là qui aujourd'hui s'enrichissent sur le dos des contribuables québécois. Ce sont ces gens-là qui vont faire, dans le fond, fortune en vendant ou en agrandissant leur garderie privée subventionnée. Alors, à cet égard-là, c'est clair que l'ère Tomassi (Tony Tomassi, ex-ministre libéral de la Famille) est encore en filigrane», a soutenu M. Traversy.

Selon ce que rapporte le Journal de Montréal, des entrepreneurs ayant reçu un permis du ministère de la Famille pour à peine 1000 $ il y a quelques années le revendent aujourd'hui pour plus de 2 millions de dollars.

Ces dernières années, la valeur de ces permis a connu une croissance fulgurante.

En 2010, le prix exigé pour l'achat d'un permis de 80 places s'établissait à environ 600 000 $, un montant trois à quatre fois moins élevé que celui demandé aujourd'hui.

Ce montant ne comprend pas l'achat d'un immeuble, ce qui fait que la facture peut dépasser les 3 millions de dollars, en fonction de l'emplacement géographique de la garderie.

Le marché est attrayant: une garderie privée subventionnée de 80 places profite d'une aide directe de l'État de plus de 1 million par année et touche plus de 152 000 $ de cotisations parentales.

En Chambre, la ministre Charbonneau a refusé de dénoncer ce que le député Traversy a qualifié de «spéculation sur le dos des enfants».

«Ce qu'on veut entendre de la ministre, c'est de savoir ce qu'elle va faire pour resserrer les règlements. Son ministère ignore même les prix de transaction de ces garderies. On ne veut pas d'un racket des garderies subventionnées au Québec, on veut des places pour nos enfants», a lancé le parlementaire péquiste.

Mais pour Mme Charbonneau, même si ces garderies obtiennent une aide financière considérable de l'État, elles demeurent des entreprises privées et à ce titre, les propriétaires ont droit d'en disposer à leur convenance.

Néanmoins, la ministre a donné son appui à une motion du Parti québécois prévoyant la tenue d'une commission parlementaire au mois de juin chargé d'étudier «les mécanismes entourant la vente des garderies privées subventionnées».

«Puisqu'il y a une motion (...), on va aller plus loin et on va étudier comment les choses se font, puisque les inquiétudes sont de part et d'autre de cette Chambre», a-t-elle concédé pendant la période de questions.

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