Lisée muselé par Péladeau, selon un député libéral

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Jean-François Lisée

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(QUÉBEC) Le retrait de Jean-François Lisée de la commission parlementaire qui se penchera sur les avoirs de Pierre Karl Péladeau prouve qu'il a été « muselé » par son nouveau chef, a dénoncé le député libéral Marc Tanguay mercredi.

M. Lisée a confirmé qu'il ne participera pas aux travaux de la commission des institutions, dont il est le vice-président, lorsqu'elle se penchera sur un récent rapport du commissaire à l'éthique. Ce rapport comprend des recommandations sur les fiducies sans droit de regard, un sujet qui concerne directement le nouveau chef péquiste qui est à la fois aspirant premier ministre et actionnaire de contrôle de Québecor.

Selon M. Tanguay, qui est membre de la commission, le forfait de M. Lisée prouve que M. Péladeau tente d'étouffer le débat sur ses avoirs.

« Force est de constater qu'au Parti québécois, il n'y a plus voix à la dissidence en termes de cette question extrêmement importante », a-t-il déclaré.

M. Lisée s'est porté candidat à la direction du Parti québécois l'automne dernier. Dans un moment fort de la campagne, il a sommé M. Péladeau de choisir entre son empire médiatique et la politique, en qualifiant sa situation de « bombe à retardement ».

Le député s'est retiré de la course en janvier après avoir été pris à partie par des partisans de M. Péladeau.

M. Lisée a expliqué son retrait mercredi en disant avoir exprimé son point de vue sur M. Péladeau pendant la course à la direction. Cette course terminée, il dit vouloir travailler à la « convergence » des forces au sein du PQ et éviter de se placer en porte à faux avec son chef.

« C'est une question d'équipe, a-t-il dit. Un parti politique, c'est indispensable, pour réaliser un certain nombre de choses. Et c'est une démocratie. Il y a des moments où la parole est très libre - une course au leadership, c'est ce moment-là - puis il y a un moment où quelqu'un est élu chef et, à ce moment-là, on joue l'équipe. »

Aux yeux du chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, ces commentaires prouvent que M. Lisée considère toujours son chef comme une « bombe à retardement ».

« Quand vous écoutez M. Lisée, il nous dit dans le fond qu'il n'a pas changé d'idée et qu'il y voit toujours un problème, a-t-il ironisé. Mais parce qu'il veut jouer en équipe, il aime  mieux ne pas parler. Ce qu'on voit, c'est qu'il y a un malaise de la part de M. Lisée. J'aimerais ça qu'il y ait un malaise de la part des autres députés du Parti québécois. »

La commission des institutions se penchera sur le rapport du commissaire à l'éthique, Jacques Saint-Laurent, la semaine prochaine. Outre Me Saint-Laurent, le jurisconsulte de l'Assemblée nationale, Claude Bisson, sera appelé à témoigner.

M. Tanguay a indiqué que la liste des experts qui seront appelés à défiler devant le comité sera déterminée plus tard.

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