Péladeau souligne ses compétences économiques

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Philippe Couillard a souhaité la bienvenue à Pierre Karl Péladeau à l'Assemblée nationale mardi après-midi.

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec

Au premier ministre Philippe Couillard qui l'accuse de provoquer un débat futile sur la souveraineté, le nouveau chef péquiste Pierre Karl Péladeau a fait valoir mardi ses compétences économiques.

Avant de se rendre à sa première réunion de caucus à titre de chef, M. Péladeau a souligné les pertes d'emplois annoncées au cours des derniers mois, dont la semaine dernière chez Bombardier Aéronautique.

Quelques instants après avoir refusé de dire s'il a été consulté relativement à une transaction impliquant Québecor, le conglomérat qu'il contrôle, M. Péladeau a insisté sur le fait qu'il a plus d'expérience économique que M. Couillard.

«Je ne crois pas que ce soit irréel que de considérer que nous allons travailler pour le développement économique, a-t-il dit. Je me suis engagé aussi et surtout en politique pour que les Québécois s'enrichissent. Malheureusement, si on considère que cette perspective est irréelle, j'ai de sérieuses questions à me poser sur l'appréciation que peut en avoir le premier ministre.»

Plus tôt, à l'occasion d'une annonce d'investissement dans la région de Québec, M. Couillard a déclaré que la souveraineté proposée par M. Péladeau est une solution imaginaire à un problème qui n'existe pas.

«Vous avez ce matin l'illustration du monde parallèle dans lequel il évolue, a-t-il dit. Il évolue dans un scénario qui vise à créer une solution imaginaire à un problème imaginaire. Les Québécois vivent bien, les Québécois sont heureux comme membres, bien sûr, à plein droit, de la fédération canadienne, mais Québécois fiers et forts avant tout.»

En Chambre, à M. Péladeau qui revenait à la charge avec les pertes d'emplois et les ventes d'entreprises québécoises, M. Couillard a souligné que la fédération canadienne est une source de stabilité pour l'emploi.

«Lorsqu'on milite pour le maintien de l'appartenance du Québec à la fédération canadienne, lorsqu'on milite pour des finances publiques saines et équilibrées et une dette sous contrôle, on agit dans le sens où il faut agir pour garder et attirer nos sièges sociaux», a-t-il dit.

Par la suite, le ministre de l'Économie, Jacques Daoust, a été beaucoup plus cinglant en faisant référence au bilan de M. Péladeau chez Québecor.

«Qui sont-ils pour nous parler de création d'emplois quand le nouveau chef, en 1999, avait 60 000 emplois quand il a pris la direction de l'entreprise, a-t-il dit. Il lui en restait 15 100 quand il a eu terminé, en 2013. Création d'emplois, je n'ai pas de leçons à recevoir de l'autre côté de la table.»

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a soutenu que la priorité de M. Péladeau, dont il a attaqué lui aussi le bilan dans les affaires, est de faire la souveraineté.

«Je vais mettre un bémol sur un homme d'affaires qui a réussi, a-t-il dit. Un homme d'affaires qui a donné un rendement plus faible que si on avait investi dans les obligations du Québec, un homme d'affaires qui a fait faire faillite à tout le secteur imprimerie de Québecor, un homme d'affaires qui a réussi à faire perdre 500 millions $ en achetant Sun Média. J'en connais qui ont mieux réussi que lui.»

Au sujet de la vente du réseau de librairies Archambault par Québecor, M. Péladeau a déclaré, avant la réunion de ses députés, qu'il n'avait pas été impliqué dans cette transaction.

«Je n'ai pas à donner de feu vert, je ne fais pas partie de la direction de Québecor», a-t-il dit.

Le président du conseil d'administration de Québecor, Brian Mulroney, a affirmé récemment que la direction de l'entreprise consultait encore M. Péladeau «de temps à autre».

Rappelant mardi qu'il attend des autorisations du CRTC et d'Industrie Canada, M. Péladeau n'a pas été en mesure de préciser d'échéancier pour constituer la fiducie dans laquelle il veut mettre ses actifs pour éviter les conflits d'intérêts.

«Je ne suis pas responsable des délais qui pourraient être encourus par les autorités fédérales», a-t-il dit.

Alors que les libéraux estiment que M. Péladeau ne peut faire de la politique tout en gardant le contrôle de Québecor, M. Couillard est revenu à la charge, mardi, en parlant de l'entreprise propriétaire du quotidien La Presse.

«Qu'est-ce que vous diriez si j'étais ici actionnaire de contrôle de Gesca, a-t-il dit. Est-ce que vous trouveriez que c'est une situation qui est harmonieuse pour la démocratie? Je pense qu'on ne peut pas ne pas discuter de ça.»

Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, est allé plus loin que le premier ministre en affirmant qu'il doute parfois de l'impartialité des médias de Québecor, quand il constate des «stunts publicitaires».

«Il y a parfois des jours où on regarde la couverture médiatique et on se dit bon: "Là est-ce qu'il y a eu ou non une influence", a-t-il dit à la presse parlementaire avant de se rendre au Salon bleu. Oui, il y a des jours, je pourrais vous donner des exemples, je pourrais vous faire une petite liste.»

Avant même qu'une commission examine la semaine prochaine un rapport du commissaire à l'éthique, dont certaines recommandations réfèrent à la situation de M. Péladeau, M. Moreau a affirmé que la seule solution est la vente de sa participation dans Québecor.

«La seule façon pour M. Péladeau, c'est de se départir de ses intérêts là-dedans, a-t-il dit. Ce n'est pas avec une fiducie sans droit de regard.»

Endossant pour la première fois ses habits de chef de l'opposition officielle, en Chambre, M. Péladeau a concentré ses interventions sur le thème économique.

Pour contrer le manque d'envergure des projets de développement économique des libéraux, M. Péladeau a proposé à M. Couillard d'organiser un vaste forum pour doter le Québec d'une politique économique.

«Nous devons être encore plus performants pour faire progresser le Québec, a-t-il dit. Le développement du Nord et la stratégie maritime ne seront pas suffisants.»

M. Couillard a répondu que le gouvernement va déjà «dans cette direction».

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