Un ancien député du PQ lance un appel à défendre Péladeau

Un ancien député du Parti québécois influent dans la région de Québec, Rosaire... (Photo archives La Presse Canadienne)

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec

Un ancien député du Parti québécois influent dans la région de Québec, Rosaire Bertrand, a lancé un appel aux partisans du candidat à la direction péquiste Pierre Karl Péladeau, mercredi, pour qu'ils le défendent contre les attaques de ses adversaires.

M. Bertrand a pris la parole durant un rassemblement pour M. Péladeau, qui a par la suite prononcé un discours pour inviter les militants à maintenir la cadence d'ici à l'élection.

«Défendez Pierre Karl sur toutes les tribunes, dans toutes les maisons, à toutes les personnes que vous rencontrez», a-t-il dit.

M. Bertrand, député de Charlevoix de 1994 à 2007, s'est montré satisfait que M. Péladeau place ses actions de contrôle du conglomérat Québecor dans une fiducie sans droit de regard tout en interdisant leur vente.

«Personnellement, qu'il accepte de mettre toutes ses affaires en fiducie, c'est superbe, a-t-il dit. Quand on lui demande: «oui mais si ils vendent qu'est-ce que tu fais?» Et qu'il dit:'Je vais mettre une clause qu'ils ne pourront pas vendre sans ma permission'.»

«C'est normal!, a tonné M. Bertrand sous les applaudissements. On ne peut pas laisser faire ça c'est d'un ridicule.»

À titre de chef de l'opposition officielle, M. Péladeau ne serait pas tenu de placer ses actifs dans une fiducie sans droit de regard, un engagement qu'il a tout de même pris l'automne dernier pour répondre aux craintes de conflit d'intérêts avec le conglomérat Québecor, dont il est actionnaire de contrôle.

Les libéraux et caquistes soutiennent qu'il doit choisir entre ses actions et son implication politique.

Environ 600 personnes se sont réunies mercredi soir dans un auditorium d'une école secondaire de la haute-ville de Québec pour participer au rassemblement militant de M. Péladeau, qui était accompagné de sa conjointe, Julie Snyder.

La foule a d'ailleurs réservé une ovation à Mme Snyder lorsque M. Péladeau, dans son allocution, a souligné son soutien envers son engagement politique.

À quelques jours du premier tour du vote où les militants doivent choisir leur prochain chef, à la mi-mai, M. Péladeau, favori dans la course, a invité ses partisans à maintenir la mobilisation vers cette «première étape de notre parcours vers l'indépendance».

«Nous sommes confiants, mais nous ne tenons rien pour acquis, a-t-il dit. La course n'est pas terminée. J'ai besoin de votre engagement jusqu'à la toute fin pour réaliser ensemble le grand projet qui nous unit. »

Dans son discours, où il a longuement présenté ses appuis au sein de la députation, M. Péladeau a décoché quelques flèches aux libéraux.

«Les Québécois sont déçus de la vision libérale du Québec, a-t-il dit. Une obsession sur la réduction des dépenses, un aveuglement doctrinaire alors que nous devons investir en notre pays.»

M. Péladeau a accusé le premier ministre Philippe Couillard d'avoir moins d'ambition pour le Québec que les politiciens fédéraux, qui ont adopté une motion du parlement reconnaissant le Québec comme nation.

«Même les fédéraux ont reconnu que nous étions une société distincte mais vous, votre projet, M. Couillard, c'est de faire du Québec une province comme les autres», a-t-il dit.

Alors qu'il a proposé une consultation pour décider s'il faut accepter le projet d'oléoduc Énergie est de TransCanada, M. Péladeau a accusé les libéraux de promouvoir ce «projet de pipeline dont personne ne veut».

Au passage, M. Péladeau a fait référence à son passé d'homme d'affaires marqué par les conflits de travail, lorsqu'il a évoqué dans ses appuis la présence de représentants du monde syndical.

«Je sais qu'il y a des dialogues à construire là aussi», a-t-il dit.

Plusieurs anciens députés péquistes de la région étaient présents dans la salle. Avant que M. Bertrand prenne la parole, Manon Leriche, la veuve du cinéaste Pierre Falardeau, est venue lire un texte politique du réalisateur des films «Elvis Gratton» et «Octobre».

Présent dans la salle, Mario Bédard, un comptable qui a fondé un organisme chargé de mener une campagne de financement et d'achat de sièges pour l'amphithéâtre de Québec, géré par Québecor, était dans la salle pour appuyer la candidature de M. Péladeau.

M. Bédard croit que le profil d'homme d'affaires du candidat saura plaire à l'électorat de la région de Québec, où le PQ ne compte qu'une seule députés, Agnès Maltais.

«Je pense que Pierre Karl, c'est la personne qui peut faire virer ça un petit peu, a-t-il dit. (...) Pierre Karl est un homme d'affaires, je pense qu'après sa victoire à la direction, il peut rallier les gens de Québec. Il ne peut pas faire pire que ce qui s'est fait jusqu'à maintenant.»

Dans son discours, mercredi, M. Péladeau a affirmé qu'il veut faire de Québec la capitale «d'un état indépendant aux côtés de Washington, Londres ou Tokyo».

M. Bertrand a affirmé mercredi devant les militants que le PQ a su surmonter des situations plus difficiles qu'actuellement, dans la région de Québec, notamment après la défaite de 1989. Lors du scrutin suivant, en 1994, les péquistes ont fait élire 10 députés dans les 11 circonscriptions de la région.

«C'est vrai qu'on ne vit pas dans le passé, a-t-il dit. Mais je peux vous dire que nous autres, même à notre âge, on est dans le présent et puis pas à peu près.»

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