André Drolet évoque les privilèges dont Pierre Karl Péladeau a pu bénéficier

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M. Drolet a également soutenu que M. Péladeau s'était montré satisfait des efforts des libéraux pour réduire la «paperasse» à l'époque où il était président et chef de la direction du conglomérat Québecor, fondé par son père.

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec

Le député libéral André Drolet a évoqué mercredi les conditions privilégiées dont Pierre Karl Péladeau a pu bénéficier comme entrepreneur grâce à la présence de son père qui l'a précédé dans le monde des affaires.

M. Drolet a fait le parallèle avec sa propre expérience d'entrepreneur, pour affirmer qu'il n'avait pu compter que sur lui-même lorsqu'il a financé ses projets.

«Choisir d'être entrepreneur c'est un gros défi en soi, a-t-il dit. Si on veut que nos jeunes pensent entreprendre, ce n'est pas évident, parce qu'on n'a pas toujours eu ça facile.»

Lors d'une commission parlementaire étudiant les crédits du ministre délégué aux Petites et Moyennes entreprises, Jean-Denis Girard, M. Drolet a évoqué la lourdeur administrative dont se plaignent les petits entrepreneurs face aux exigences gouvernementales.

M. Drolet a soutenu que M. Péladeau s'était montré satisfait des efforts des libéraux pour réduire la «paperasse» à l'époque où il était président et chef de la direction du conglomérat Québecor, fondé par son père.

Constatant les réactions de M. Péladeau, alors qu'il continuait à disserter, M. Drolet a décoché une flèche au député péquiste en laissant sous-entendre que son expérience dans le monde des affaires avait été facilitée par son père, Pierre Péladeau.

«Je vois le député de Saint-Jérôme qui s'agite sur sa chaise, a-t-il dit. On n'a pas toujours eu en arrière de nous un papa qui a peut-être pu aider la situation. Alors moi, de mon côté, j'ai fait mon premier chèque tout seul.»

Le député de Jean-Lesage, une circonscription située à Québec, a ajouté que les entrepreneurs, en majorité, «ont vraiment, vraiment eu besoin de se vendre eux-mêmes».

À titre d'entrepreneur, M. Drolet a été copropriétaire d'un club de golf, d'une brasserie et de deux établissements d'une chaîne de restauration rapide.

Les propos de M. Drolet ont provoqué des réactions du côté du Parti québécois et le président de la commission parlementaire, Claude Cousineau, a rappelé les participants à l'ordre en les invitant à éviter les propos blessants.

Répondant à la mise en garde de M. Cousineau, M. Drolet en a profité pour critiquer l'attitude de M. Péladeau, député de Saint-Jérôme et candidat à la direction du Parti québécois.

«Parfait, mais c'est le premier à le faire, a-t-il dit. C'est un constat. La semaine passée, il s'est amusé avec son Ipad. (...) Mais c'est un petit, petit...»

Après la commission parlementaire, dans un échange avec les journalistes, M. Péladeau s'est limité à dire que les déclarations de M. Drolet étaient ridicules.

«Pas de commentaires sur M. Drolet, député de Jean-Lesage, a-t-il dit. C'est d'un ridicule consommé.»

En soirée, lors d'un rassemblement partisan pour la candidature de M. Péladeau à la direction du PQ, le député Pascal Bérubé, a pris sa défense en rappelant que M. Drolet s'est retrouvé au centre d'une controverse en décembre après avoir affirmé erronément qu'il avait vu le joueur de hockey Jean Béliveau dans des matches à Québec.

«Je pense qu'il faut toujours éviter d'évoquer des gens qui sont décédés, a-t-il dit. À moins qu'il nous annonce qu'il était présent à la fondation du Journal de Montréal. Parfois sa mémoire s'emballe, je pense que ça n'élève pas le débat.»

M. Béliveau est décédé l'automne dernier. Le père de M. Péladeau a fondé Le Journal de Montréal.

En amorçant sa première intervention, au début des travaux en commission parlementaire, M. Péladeau avait rappelé qu'il a présidé la Fondation de l'entrepreneurship.

Durant la commission parlementaire, M. Drolet n'a pas été le seul à écorcher M. Péladeau au passage. Le député libéral Saul Polo a soutenu que M. Péladeau avait été une source d'instabilité durant la dernière campagne électorale, lorsqu'il s'est engagé à faire la souveraineté, le poing levé.

«Pendant que certains collègues se promenaient et levaient le poing en l'air et provoquaient l'instabilité sociale et économique, nous pendant la campagne électorale notre chef et maintenant premier ministre présentait un engagement formel le 18 mars 2014 (avec son cadre financier)», a-t-il dit.

M. Péladeau a profité des travaux pour réclamer à M. Girard la disparition de dispositions fiscales qui pénalisent les entrepreneurs qui cèdent leurs actifs à des membres de leur famille plutôt qu'à des tiers.

«Est-ce que vous avez l'intention de faire en sorte que le transfert des entreprises familiales soit assujetti au même régime fiscal que le transfert des entreprises normales», a-t-il demandé.

M. Girard a affirmé qu'il s'attend à des résultats d'ici au dépôt du prochain budget du gouvernement, en 2016.

«Nous avons les crédits, nous avons budgété l'argent et nous sommes en discussion avec le fédéral, a-t-il dit. Nous sommes en train d'analyser comment nous allons pouvoir mettre en place un allégement fiscal pour le transfert intergénérationnel de nos PME au Québec.»

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