Barrette et Poëti «étonnés» d'être accusés de sexisme

Martine Ouellet... (Photo Robert Skinner, archives La Presse)

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Martine Ouellet

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(QUÉBEC) Les ministres Gaétan Barrette et Robert Poëti se sont dits « étonnés » mardi d'avoir été accusés de faire preuve de sexisme par la candidate à la direction du Parti québécois, Martine Ouellet.

Seule femme à briguer la direction du PQ, Mme Ouellet a reproché mardi aux ministres Barrette (Santé) et Poëti (Transports) de se comporter de manière « condescendante », particulièrement à l'endroit des femmes qui siègent à l'Assemblée nationale.

« Je dirais que c'est une attitude généralisée d'arrogance et de condescendance, a expliqué Mme Ouellet. Mais je dirais que c'est pire lorsqu'ils s'adressent à des femmes. »

Mme Ouellet affirme que, de manière générale, le ton avec lequel les deux ministres échangent avec leurs collègues est différent lorsque les questions viennent d'une femme.

L'attitude des deux ministres libéraux n'est « pas acceptable » à ses yeux. Elle appelle le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, à intervenir pour qu'ils changent de ton à l'égard de leurs collègues féminines.

« Ce serait le fun que la présidence s'assure de faire en sorte que ce soit une attitude respectueuse à l'Assemblée nationale », a dit la députée de Vachon.

Barrette «étonné»

Gaétan Barrette s'est dit « étonné » des accusations de Mme Ouellet. Il rappelle que, comme médecin spécialiste, il a passé la plus grande partie de sa carrière dans un milieu de travail à prédominance féminine.

« Je réponds aux questions qu'on me pose et c'est sans égard au sexe de la personne qui me pose des questions », a affirmé M. Barrette.

De son côté, M. Poëti a mis Mme Ouellet au défi de donner un exemple de comportement répréhensible de sa part.

« Qu'elle me donne un seul exemple, a-t-il déclaré. Jamais le président ne m'a demandé de retirer mes propos. Jamais je n'ai eu des propos sexistes dans l'Assemblée nationale. »

Stéphanie Vallée, la ministre responsable de la Condition féminine, a pour sa part affirmé qu'il faut prendre les commentaires de l'aspirante chef du PQ avec « un grain de sel ». 

« Je pense que Mme Ouellet pousse un peu loin, a-t-elle dit. Il y a un grand respect de la part de mes collègues, de part et d'autre, à l'égard des femmes, pour la place des femmes. »

La députée de la Coalition avenir Québec, Nathalie Roy, a pour sa part défendu la conduite des ministres Barrette et Poëti. Elle dit connaître les deux hommes depuis longtemps et n'avoir rien à redire sur leur comportement à l'égard des femmes.

« Ces propos-là ont été dits par les députés péquistes, a-t-elle dit. Moi je pense que ce sont des députés qui sont en manque d'attention parce qu'ils sont en course à la chefferie. »

M. Poëti a été critiqué récemment pour avoir invité les conjointes des Gaspésiens à venir à Montréal afin d'y magasiner. M. Barrette a pour sa part été accusé d'avoir imité le bruit d'une poule lors d'un débat avec la députée Agnès Maltais. 

Lettre du CSF

Dans une lettre ouverte parue plus tôt en matinée, le Conseil du statut de la femme a dénoncé le peu d'influence des femmes au sein du conseil des ministres de Philippe Couillard. L'organisme a noté que les femmes ne constituent que 32% du cabinet, et que les ministres femmes ne gèrent que 9% du budget du gouvernement.

« Il y a longtemps que les femmes ont détenu si peu d'influence au sein d'un gouvernement québécois », a déploré la présidente du CSF, Julie Miville-Dechêne dans sa lettre ouverte.

En campagne électorale, M. Couillard s'est engagé à former un conseil des ministres composé d'au moins 40% de femmes.

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